Les réponses au stress génotoxique

Nous avons vu précédemment la relation entre l’occurrence et la détection des dommages, avant la mise en place d’une réponse cellulaire dans le sens de la réparation. Certains types de réparation ne peuvent intervenir qu’au cours du cycle cellulaire et nécessitent parfois un délais avant d’être opérationnels. De plus, le résultat peut ne pas être satisfaisant, compromettant l’intégrité de la cellule, voire de l’organisme.

D’autres mécanismes de protection sont donc nécessaires. La détection des dommages provoque des signaux qui non seulement stimulent les mécanismes de réparation, mais provoquent l’arrêt de la progression du cycle cellulaire. Il est très important de comprendre que les conséquences pour la cellule et l’organisme vont s’exprimer au travers de la prolifération. Ce n’est qu’ainsi qu’une mutation va pouvoir se fixer au niveau d’une cellule, être transmise à sa descendance, générer un clone potentiellement cancéreux.

Pour ces raisons, lors de la progression du cycle cellulaire, de nombreux systèmes moléculaires mettent à l’épreuve chaque cellule. Ces systèmes portent le nom de "checkpoints", au cours desquels la conformité de la cellule est vérifiée, avant de permettre la poursuite du cycle cellulaire. Il y a des nombreux checkpoints qui interviennent à différents moments du cycle cellulaire, avant l’initiation de la synthèse d’ADN, au cours des phases S, G2 ou M et même après la division. En clair, la perception d’un stress génotoxique provoque l’arrêt ou le retard de la progression du cycle cellulaire en favorisant la réparation des dommages. Les dommages non-réparables provoqueront la mise en route d’un programme apoptotique, qui peut prendre des formes différentes en fonction des phases du cycle.

Les réponses cellulaires au stress génotoxique dépendent fortement du type cellulaire. Ainsi, les fibroblastes sont plutôt programmés pour rentrer en sénescence, les cellules épithéliales présentent une induction de p53 avec arrêt du cycle cellulaire et tentative de réparation, alors que les hépatocytes ne présentent pas d’induction de p53 et d’arrêt du cycle en G1 [1].

4 Messages de forum

  • Les réponses au stress génotoxique 29 janvier 2010 11:07, par Kana Paul Martin Jonas

    "(...), les cellules épitheliales presentent une induction de p53...." que représente p53 ?

    • Les réponses au stress génotoxique 29 janvier 2010 11:26, par Yorghos Remvikos

      C’est un gène qui joue le rôle de gardien du génome. Il détecte toute atteinte illicite et tente de préserver la cellule de ce dommage, en arrêtant le cycle cellulaire ou en provoquant l’apoptose.

      • Les réponses au stress génotoxique 29 janvier 2010 12:43, par Kana Paul Martin Jonas

        j’apprécie la clarté de vos réponses. mais dans le meme autre d’idée, je voudrais aussi avoir la signification et le(s) de p21, p27.

        • Les réponses au stress génotoxique 29 janvier 2010 15:44, par Yorghos Remvikos

          Comme il est dit en introduction, il ne faut pas se focaliser sur les différents gènes et il en a un grand nombre. Si toutefois vous voulez pousser plus loin, vous pouvez visiter le site sur lequel se trouvent tous mes anciens cours sur la biologie du cancer :

          http://www.avernes.fr/Oncologie

Notes

[1] Ce n’est pas une surprise, le foie est l’organe en première ligne de la détoxification

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