L’investigation à Saint-Cyr

A Saint Cyr l’école, la totalité des pathologies et des symptômes signalés par les associations a été analysée. A l’issue de cette première analyse, les problèmes de santé remplissant les conditions suivantes ont été retenus : pathologie pour laquelle on observe au moins 3 cas, pathologie grave (handicapante ou pronostic réservé), plus grande sensibilité de la population affectée. De fait, la survenue dans la population générale d’un ou deux cas d’une maladie rare ne constitue pas un agrégat. Les médecins scolaires interrogés sur l’ensemble des pathologies ont rapporté 8 cas de cancers parmi les enfants scolarisés à Saint-Cyr-l’École entre 1991 et 2002. La première étape de l’investigation d’agrégat a conclu à la poursuite de l’investigation en la recentrant sur les cas de cancers pédiatriques de l’ensemble de la commune, bien qu’à cette étape aucune hypothèse d’exposition plausible n’ait pu être évoquée. La période d’étude a été définie du 1er janvier 1990 jusqu’au 31 décembre 2002 parce qu’il existait des données sur les cancers de l’enfant entre ces deux dates.

Pour identifier la totalité des cas de cancers pédiatriques au cours de la période définie, les deux registres nationaux de cancers de l’enfant ont été interrogés : le registre national des leucémies et des lymphomes et le registre national des tumeurs solides de l’enfant. Les informations obtenues ont été croisées avec celles fournies par les médecins de la santé scolaire et de la Protection maternelle et infantile de la commune. Ensuite, le nombre de cas de cancers observés à Saint-Cyr-l’École a été comparé au nombre de cas attendus, si la population des enfants âgés de 0 à 14 ans de Saint-Cyr-l’École avait les mêmes taux d’incidence du cancer que les populations d’enfants des 5 registres pédiatriques régionaux français pris pour référence. L’enquête environnementale réalisée s’est appuyée sur une recherche systématique de sources ou d’activités industrielles polluantes ou potentiellement polluantes concernant la commune et ses environs auprès de toutes les institutions compétentes (Direction régionale de l’industrie de la recherche et de l’environnement, Institut national de la recherche agronomique, ministère de la Défense, Réseau de transports Electriques (RTE), Aérodrome de Paris, Institut de recherche et de sûreté nucléaire…) et dans l’ensemble des bases de données disponibles (BASIAS et BASOL). L’investigation a aussi répertorié les lignes de haute tension et les transformateurs à l’origine d’exposition à des champs électromagnétiques de basses et très basses fréquences (classées par le Centre international de recherche pour le cancer, comme cancérogène possible) et aux installations radar pour les radiofréquences de puissance élevée. Les antennes relais, qui constituaient la principale préoccupation des riverains de l’école Bizet, ont également été cartographiées. Aucune source d’information n’étant exhaustive, une interrogation complémentaire des services techniques de la mairie a été réalisée sur une éventuelle pollution ou activité polluante dont elle aurait eu connaissance. Enfin, le service santé environnement de la Ddass a réalisé une visite de la commune pour répertorier et cartographier les installations classées (stations services, garages, pressings, transformateurs électriques) et vérifier leur proximité vis-à-vis des domiciles des familles des enfants malades.

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