Suspicion d’un nombre élevé de cancers sur un quartier de St Cyr (78)

Saint-Cyr L’Ecole est une commune de 15 000 habitants, à l’Ouest de Versailles dans le département des Yvelines. C’est une ancienne ville militaire et ouvrière ; elle est maintenant une commune résidentielle. Le quartier de l’Epi d’Or occupe une place particulière dans le paysage urbain de la commune de Saint-Cyr l’Ecole. Situé sur le plateau, il surplombe le reste la ville qui s’étend dans la vallée. La délimitation spatiale entre ces deux zones urbaines est marquée physiquement par la voie de chemin de fer qui trace au sol la frontière entre Saint-Cyr l’Ecole et l’Epi d’or. Le plateau représente pour Saint-Cyr l’Ecole la seule possibilité d’extension spatiale. Confinée entre les domaines appartenant à l’armée, l’aérodrome appartenant à l’Aéroport de Paris (ADP), le site classé de la plaine de Versailles et ses espaces boisés non constructibles, Saint-Cyr l’Ecole n’a guère d’autre alternative pour l’élargissement de ses zones d’habitat.

C’est justement ce promontoire naturel qui a attiré les opérateurs vers les années 90. La situation privilégiée du quartier en a fait un site de choix pour les opérateurs de téléphonie mobile qui ont pu développer un réseau couvrant plusieurs communes des Yvelines et assurer une bonne communication pour les automobilistes, usagers de l’autoroute.

Mais en 2001 des parents d’élèves commencent à s’inquiéter de l’apparition de pathologies rares chez des enfants du quartier. Au cours de conversations de quartier, les parents inquiets questionnent ce qui, dans leur environnement immédiat, serait susceptible d’avoir provoqué ces pathologies : forts de leur connaissance du quartier et de son histoire, ils envisagent différentes possibilités pour finalement se focaliser sur les antennes relais qui sont désignées comme cause potentielle de ces maladies. Par ailleurs, entre octobre et novembre 2001, un collectif d’associations locales a réalisé une enquête auprès des 1 600 foyers du quartier de l’Epi d’or à Saint-Cyr-l’Ecole. Les habitants ont été interrogés sur les symptômes ressentis depuis la mise en place de la première antenne relais de téléphonie mobile en 1992. Quatre-vingt-quinze personnes résidant dans les 1 600 foyers interrogés ont répondu au questionnaire. Elles ont déclaré des symptômes tels que : fatigue anormale au réveil, maux de tête, sommeil perturbé, sentiment d’inconfort, tendance dépressive, irritabilité, difficulté de concentration, saignements de nez, carence en fer, problèmes cutanés, échec de traitement médical, troubles visuels et vertiges. Sur la base de ces résultats, le collectif associe formellement les antennes relais de téléphonie mobile implantées sur le toit de l’école maternelle Bizet et les pathologies citées. Le constat de cette « multiplicité de maladies rares » renforce la mobilisation et cristallise le combat autour des antennes relais.

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