L’échelon territorial dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques

Deux des quatre grandes stratégies d’action du plan santé 21 de l’OMS mentionne l’échelon territorial (ou le cadre local) :
- privilégier les soins de santé primaires intégrés et axés sur la famille et le cadre local, soutenus par un système hospitalier souple et apte à faire face à diverses situations ; et
- encourager un processus participatif de développement sanitaire auquel s’associent à tous les niveaux – au foyer, à l’école et sur le lieu de travail, à l’échelon des collectivités locales et du pays – des partenaires s’intéressant à la santé et qui favorise la prise de décision, la mise en œuvre et la responsabilité conjointes.

D’un point de vu administratif et compte tenu du fait que plus de la moitié de la population mondiale se concentre dans les villes, cet échelon est particulièrement pertinent. De plus le développement urbain anarchique a fait qu’une part croissante de la population vit dans des conditions indignes, qualifiées communément de bidonvilles. Environ un milliards d’individus seraient concernés de par le monde [1]. L’accroissement de la population est citée comme cause. Or celle-ci n’a qu’un rôle mineur par rapport aux problèmes de logement, d’environnement ou de besoins en eau. A l’évidence, parmi les principales causes on trouve, entre autres :
- la mauvaise utilisation des ressources
- la mauvaise planification des distributions (réseaux)
- une consommation excessive comparée à la capacité de charge de l’environnement.

Du point de vue des compétences, les villes ont, dans la plupart des pays, des responsabilités dans la distribution de l’eau potable, la collecte des déchets, l’assainissement, mais aussi la circulation. Elles prennent de plus en plus part dans les politiques liées à la santé (protection maternelle et infantile) ou la sécurité des personnes. En clair, le lien ville-santé peut être considéré comme très fort et de grandes marges d’amélioration sont attendues, au delà des politiques nationales qui gardent bien entendu leur importance. La contribution potentielle des villes à un développement économique et social viable peut donc être optimisée en favorisant une gestion compétente et responsable.

La relation urbanisme et santé est traitée de manière approfondie dans un autre module. Ici nous ne faisons qu’aborder le principe, en rappelant que la ville peut, dans un projet de territoire construit de manière participative (c’est le but des Agendas 21 locaux), protéger ses ressources, combattre l’exclusion, prend en compte les conséquences écologiques (et pourquoi pas les impacts sanitaires) des décisions économiques. Le programme Ville-santé de l’OMS, initié en 1987, en est une expression notable. Ci-contre figure la liste des caractéristiques requises pour postuler au qualificatif Ville-Santé.

1 Message

  • Bonsoir professeur, juste une inquiétude concernant le role de la demographie que vous considerez comme mineur par rapport au probleme de logement ou d’accessibilité à l’eau potable mais aussi à l’exploitation des ressources de l’environnement. Ne pensez vous pas que ces problemes sont justement en grande partie une consequence de l’explosion demographique, ne serait ce que l’accessibilite à l’eau potable et à un logement( surtout dans les pays en developpement) ?

Notes

[1] Chiffres de la Banque mondiale

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