Santé et bien-être, notions indissociables

La définition de la santé de l’OMS : “La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité” figure dans le préambule de la constitution, adoptée en 1948. Bien sûr il ne faut pas négliger le contexte : nous étions au sortir de la deuxième guerre mondiale, en concomitance avec la mise en place de l’ONU [1]. Néanmoins, depuis 1948, l’attachement de l’OMS à tout ce qui constitue et influence le “bien-être”, ne s’est jamais démenti. C’est dans ce contexte que nous pouvons comprendre l’importance accordée à des principes forts comme l’équité ou la solidarité et la lutte contre les inégalités sociales qui se traduisent par des textes appelant de nouvelles politiques, de nouveaux systèmes économiques, d’autres modes de régulation.

Pour revenir au développement durable et aux liens avec la santé, les travaux qui ont marqué les esprits sont indiscutablement ceux de l’économiste indien Amartya Sen, prix Nobel d’économie en 1998. Ces théories sur le développement humain et l’économie du bien-être ont exercé une forte influence sur les politiques d’institutions internationales comme les Nations Unis, mais aussi de certains gouvernements. L’économie du bien-être cherche à évaluer les politiques économiques en termes d’effets sur le bien-être des communautés. Son étude détaillée et influente Collective Choice and Social Welfare (1970), qui s’attaque à des problèmes tels que les droits individuels, la loi de la majorité, l’accessibilité à l’information, a convaincu des chercheurs de se tourner vers les questions du bien-être basique. Sen a inventé des méthodes pour mesurer la pauvreté qui permettent d’obtenir des informations essentielles pour améliorer la condition des pauvres. Il a ainsi contribué à l’invention de l’Indicateur de développement humain (IDH) qui mesure la pauvreté en fonction de la santé, du niveau d’éducation et du niveau de vie.

Conformément à ce qui précède, la Commission de l’OMS sur les déterminants sociaux de la santé nous dit : “Selon notre jugement, ... les modalités économiques mondiales et nationales ainsi que les politiques sociales sont critiques pour les conditions de vie et de travail des personnes et donc pour l’équité en santé.” Des actions sont donc bien nécessaires sur les circonstances de vie quotidienne (p.ex. l’enfance, les environnements sociaux et physiques ainsi que l’emploi, associés à la stratification sociale) et les facteurs structurels (ceux qui alimentent les disparités).

Comme exemple de politiques nationales il est possible de s’intéresser à l’exemple canadien (lien en bas de page) via les indicateurs du “Mieux-être”, organisés en catégories selon le schéma ci-contre, les choix des intitulés étant très instructifs sur son périmètre. Des démarches analogues sont menées dans d’autres pays (USA, Royaume Uni, Nouvelle Zélande...).

Voir en ligne : Site gouvernemental canadien sur les indicateurs du Mieux-être

Notes

[1] Comme une des explications, certains mentionnent aussi le fait que le premier directeur était psychiatre

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