Modifications de l’environnement et santé

Le terme de dégradation de l’environnement est fréquemment employé pour décrire la situation actuelle, mais aussi les grandes tendances prévisibles. Il est trop vaste et trop vague pour qu’il nous soit d’une quelconque utilité dans le cadre de ce cours. Il faut d’abord préciser de quel environnement il s’agit [1] et puis il faut définir l’état de référence par rapport auquel nous mesurons les “dégâts”. Nous nous intéresserons essentiellement à l’environnement physique et à son fonctionnement en tant qu’entité “vivante”, constituée d’écosystèmes.

La Déclaration de Rio mentionnait “une vie saine et productive en harmonie avec la nature”. C’est la notion d’harmonie qu’il faut préciser et les conséquences de sa rupture. D’abord il nous faut constater que la “nature” nous apporte des services. Ces services de l’environnent sont souvent négligés dans notre conception d’une domination techno-scientifique de la nature. Pourtant il est simple de constater qu’un sol peut s’appauvrir et perdre sa fertilité par des pratiques agricoles inadaptées. De même, la surexploitation des ressources de la mer peut conduire à l’épuisement d’importantes sources d’alimentation.

La figure ci-contre fourni une liste assez exhaustive de ces services de l’environnement dont dépendent bien des aspects de notre bien-être, dont la santé. Evidemment le schéma privilégie les liens directes. Il est plus facile d’y voir la capacité des zones humides à épurer l’eau, mais pas le rôle du couvert végétal dans l’amélioration de la qualité de l’air. Ce qui est absent du schéma concerne les dégradations (parfois irréversibles) de certains milieux, ce qui occasionne des situations d’expositions à des polluants toxiques. En effet, le plus souvent par facilité, nous avons utilisé le milieu naturel comme réceptacle de toutes sortes d’effluents (urbains ou industriels) ou de déchets (décharges à ciel ouvert, voire océans). Les écosystèmes concernés ont une certaine tolérance, c’est-à-dire qu’ils peuvent contribuer à l’élimination de certaines substances et jusqu’à un certain seuil. Au delà, non seulement leur capacité est dépassée avec accumulation des substances incriminées, mais ils peuvent subir des altérations profondes, voire être totalement détruits.

Du point de vue sanitaire, l’exemple le plus flagrant est l’assainissement. Alors que l’on peut considérer qu’un bon équilibre a été atteint dans les pays développés [2], dans des pays en voie de développement le manque d’assainissement est toujours à l’origine de dégâts sanitaires considérables [3].

Notes

[1] Un cours est consacré à l’étude des différentes composantes

[2] N’oublions pas qu’au 19ème siècle l’omniprésence d’eaux souillées était à l’origine d’épidémie récurrentes de choléra dans des villes comme Londres ou Paris

[3] L’OMS en a fait la priorité de l’année 2008

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