L’importance de la lutte contre les inégalités en matière de santé

La réduction des inégalités de santé est une priorité constante des institutions mondiales [1]. Nous essayerons ici de les aborder sous l’angle des politiques publiques, en montrant à quel point elles sont une conséquence de la concentration de certains facteurs de risque dans des segments de la population (p.ex. pauvres, minorités ethniques), mais qu’elles sont aussi un facteur de dépenses de santé supplémentaires dans la mesure où cette population plus fragile, en moins bonne santé, a forcément plus recours aux soins. La mauvaise santé pèse de manière importante sur la vie des individus. Elle peut constituer un facteur de dégringolade dans le sens social (perte d’emploi et exclusion).

Avant toute chose il convient de reconnaître que ces disparités sont évitables. Même si la biologie peut occasionner quelques inégalités, les disparités qui peuvent se refléter dans la mortalité infantile, la réduction de l’espérance de vie ou la plus forte incidence de certaines pathologies chroniques, peuvent être corrigées par des mesures appropriées. Le principal déterminant des inégalités en santé est le niveau socio-économique. Attention, il ne s’agit pas du principal déterminant de la santé, mais bien celui qui alimente les disparités. C’est à ce titre qu’une page spécifique est consacrée à cette relation.

Les investissements publics dans la lutte contre les disparités de santé sont clairement rentables. Une étude faite au Canada [2] montre que la réduction peut procurer des profits économiques importants, suite à la réduction des besoins en matière de soins de santé et des coûts de productivité manquée. L’étude indique que si l’état de la santé et l’accès aux soins de ceux qui se situent dans les catégories de revenu faible sont équivalents à ceux qui sont dans les catégories de revenu moyen, il est possible de faire des économies considérables dans les coûts des soins sanitaires. De plus, un meilleur état de santé permet à un plus grand nombre de personnes de participer à l’économie. La réduction de 10 à 20% des coûts de productivité manquée peut ajouter des milliards de dollars à l’économie.

Peut-on établir des stratégies d’action, avec des priorités clairement justifiées ? L’âge précoce présente des facteurs de vulnérabilité vis-à-vis de certains polluants environnementaux. Nous y reviendrons dans d’autres cours. Mais, au delà des facteurs physiologiques, nous constatons que les enfants aborigènes au Canada sont 4 fois plus victimes d’accidents domestiques. De même, les individus occupant des emplois temporaires semblent avoir une mortalité supérieure à ceux qui occupent des emplois fixes. En matière de politique de santé publique et de prévention, il nous faut introduire un dernier facteur de complication, le niveau d’éducation, qui peut interférer avec l’efficacité de certaines mesures plus ou moins bien appréhendées par les populations susceptibles d’en bénéficier.

2 Messages de forum

Notes

[1] Certains gouvernements en ont fait également une priorité, c’est le cas au Canada

[2] Health Disparities Task Group, 2004

SPIP  Mise à jour : le 23 octobre 2019 | Chartes | Mentions légales | A propos