Politiques sectorielles et politiques transversales

Nous avons déjà eu un aperçu des bénéfices de la prise en compte de la santé dans les différentes politiques. Dès lors que de multiples secteurs sont concernés, la bonne coordination des efforts devient nécessaire. Certains appellent cette démarche “écosystémique”, d’autre “intégrée”. Par souci de simplicité nous parlerons simplement de démarches ou politiques transversales. Cette conception qui peut sembler théorique et abstraite, malgré la schématisation ci-contre, repose sur des constats simples :
- L’organisation administrative et politique des Etats fait que les compétences et responsabilités sont éclatées ;
- Chaque administration possède sa culture et son expertise propre qui ne s’accomode pas du partage de responsabilités ;
- Ces initiatives nécessitent du temps et doivent être rendues indépendantes des équipes en place et des priorités politiques du moment.

En tant que méthode de gouvernement, l’approche transversale apparaît clairement dans le livre blanc sur la modernisation de la conduite des politiques proposé par la première administration Blair, au Royaume Uni, en 1997. Il s’agissait d’une démarche dite “joined-up government”, fondée sur des données objectives et concernant toute une série d’enjeux transversaux [1] : exclusion sociale, problèmes raciaux, environnement... Nous pourrions facilement ajouter le sujet du changement climatique, en tant qu’autre enjeu complexe. C’est donc bien la méthode qui est visée ici, la manière d’élaborer et de conduire les politiques, ce qui n’est pas spécialement spécifique de la santé. D’ailleurs, l’approche transversale apparaîtra comme “naturelle” dans toute une série de sujets traités dans le cadre de la santé environnementale :
- Prévention des pollutions,
- Politique intégrée des produits,
- Evaluation des impacts sanitaires des projets,
- etc.

La réforme britanique a conduit à la reconfiguration des administrations, à la création de Ministères avec des périmètres différents. Une littérature abondante essaye d’analyser sa mise en œuvre et son efficacité. Ceci dépasse le cadre de ce cours. Des méthodes et outils ont bien été proposés, des guides de bonne pratiques ont été écrits, des listes de critères d’évaluation ont été établies, mais les expériences réussies restent à trouver.

Il ne faut pas garder l’impression d’une mission impossible. Il s’agit avant tout de réaliser la difficulté et de chercher à réunir les meilleures conditions de succès, en fonction des contextes.

Notes

[1] Le terme utilisé dans le texte est cross-cutting

Portfolio

SPIP  Mise à jour : le 15 décembre 2019 | Chartes | Mentions légales | A propos