Pertes de santé due aux violences et aux conflits

La tentative d’utiliser comme point d’entrée les conflits, les violences ou les traumatismes peut sembler déplacée dans ce cours. Pourtant, les conflits peuvent être à la fois la cause et la conséquence de la pauvreté, des injustices et des dégradations environnementales, toutes trois sources de dommages sanitaires. Nous pouvons prendre les conflits comme mesure des tensions. Les causes sont souvent multiples et les relations complexes. Les dégradations environnementales (sécheresse, désertification) ou les problèmes d’accès aux ressources peuvent être à l’origine de mouvements migratoires massifs (exode rurale, concentration urbaine), exposant des populations importantes à des conditions de vie précaires et de nombreux risques sanitaires. De même en cas de compétition pour des ressources non renouvelables, ces situations instables peuvent alimenter des conflits.

Les conflits sont à la fois la cause d’un développement non-durable et la conséquence de politiques non-durables. Des famines peuvent être déclenchées par des épisodes de sécheresse, mais aussi par l’épuisement des sols, suite à l’application de modes culturaux inadaptés. D’un autre côté la compétition pour des ressources comme celles de la pêche a alimenté des conflits internationaux. De toute façon il y a des prélèvements de stocks de poissons au delà des capacités de renouvellement des espèces. Si le développement non-durable pousse les pays à négliger les limites de l’environnement, les dégradations actuelles constituent une menace globale par le biais du changement climatique, dont les conséquences attendues risquent d’atteindre des niveaux sans précédent.

Terminons avec les traumatismes, auxquels l’OMS accorde une importance particulière [1], ne serait-ce que par leur place dans les statistiques mondiales, avec bien sûr de larges variations comme pour les autres causes. Qu’il soient intentionnels ou accidentels, ils touchent principalement les jeunes adultes avec souvent pour séquelles des invalidités graves. En 2002, les traumatismes ont représenté 14 % de la charge de morbidité dans l’ensemble du monde. Dans certaines régions des Amériques, de l’Europe de l’Est et de la Région de la Méditerranée orientale, la charge de morbidité chez les adultes de sexe masculin âgés de 15 à 44 ans est attribuable aux traumatismes à hauteur de plus de 30 %. Les lésions volontaires, qui comprennent les lésions auto-infligées, les suicides ainsi que les actes de violence et de guerre, prennent une part de plus en plus importante dans la charge de morbidité, notamment chez les jeunes adultes économiquement productifs. Dans les pays développés, les lésions volontaires sont, pour la plupart, imputables à des suicides ou tentatives de suicide alors que, dans les pays en développement, ce sont les actes de violence ou de guerre qui représentent l’essentiel de ces lésions. Chez les hommes des pays de l’ancienne Union soviétique et autres pays à forte mortalité de l’Europe de l’Est, les taux de mortalité et d’incapacité par traumatismes sont similaires à ceux que l’on observe en Afrique subsaharienne.

Notes

[1] L’OMS va jusqu’à qualifier d’épidémie les accident dus à la circulation routière, en forte croissance dans les pays en voie de développement

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