Une ambition pour l’avenir

Le développement économique et social, fondé sur un nouvel ordre économique international, revêt une importance fondamentale si l’on veut donner à tous le niveau de santé le plus élevé possible et combler le fossé qui sépare sur le plan sanitaire les pays en développement et les pays développés. La promotion et la protection de la santé des peuples sont la condition sine qua non d’un progrès économique et social soutenu, en même temps qu’elles contribuent à une meilleure qualité de la vie et à la paix mondiale.

Si la santé apparaît dans la déclaration de Rio, c’est logiquement les initiatives de l’OMS qui lui ont accordé le plus d’importance. Lors de son assemblée mondiale (134 nations) de septembre 1978, qui a eu lieu à Alma-Ata [1], a été adopté une déclaration qui a fait date. Outre le rappel de la définition de la santé, qui figurait déjà dans la constitution de l’OMS de 1948, nous n’allons en retenir que quelques points. Le texte complet est accessible via le lien en bas de page.

Dans le §3, dont l’intégralité est reproduite ci-dessus, nous voyons réaffirmé clairement le lien avec l’économique et le social et l’OMS se permet même d’appeler à un ordre économique nouveau. La question des inégalités, la place de la participation, la nécessité d’un effort mondial sont également affirmés. L’importance accordée aux soins primaires est remarquable. C’est dans cette partie qu’il est demandé d’associer “tous les secteurs et domaines connexes du développement national et communautaire, en particulier l’agriculture, l’élevage, la production alimentaire, l’industrie, l’éducation, le logement, les travaux publics et les communications...”. Nous voyons donc que les préoccupations sanitaires dépassent le cadre du système de soins. Néanmoins, il nous faut remarquer que si ces déclarations (nous aurons l’occasion d’en voir d’autres) marquent une prise de conscience, l’objectif affiché “...donner à tous les peuples du monde, d’ici l’an 2000, un niveau de santé qui leur permette de mener une vie socialement et économiquement productive”, n’a pas vraiment été atteint.

Parmi les initiatives mises en place par la suite, nous avons choisi de présenter la nouvelle politique-cadre de la Santé pour tous pour la Région européenne de l’OMS, conformément au principes de “la politique de la Santé pour tous pour le XXIe siècle”, figurant dans la déclaration mondiale de 1998. Il n’est pas dans nos intentions de résumer en quelques mots un texte dense, de plus de 200 pages. Retenons l’importance de la prise en compte de toutes les périodes de la vie (chapitre 3), de la prévention (chapitre 4) et surtout la présentation détaillée des déterminants de la santé (nous y reviendrons) ou de la place des modes de vie, le tout dans un contexte de mise en place de politiques multisectorielles (chapitre 5). Notons aussi, ce qui est parfois oublié dans les politiques de santé, les notions de solidarité et d’équité en matière de santé (chapitre 2), ce qui nécessite de s’attaquer aux inégalités, par exemple en réduisant les écarts d’espérance de vie entre différents pays, mais aussi de traiter la pauvreté, l’exclusion sociale, les inégalités homme-femme, les problèmes des minorités ethniques, de l’immigration ou encore du handicap.

Il est primordial de réaliser, dès à présent, que l’action publique peut s’inspirer de valeurs éthiques telle que la solidarité. Mais, il s’agit aussi d’un principe d’action qui consiste à accorder des moyens pour les plus défavorisés, dans l’intérêt commun. Ainsi, l’état de mauvaise santé associé à la pauvreté ou l’exclusion ne se corrige pas seulement par un peu plus de soins. Il faut s’attaquer aussi aux racines, aux facteurs qui les entretiennent.

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Notes

[1] Située dans ce qui était encore à l’époque l’URSS

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