Exposition de la population aux dangers d’origine hydrique

Revenons au cas de la France, prise comme exemple d’une action publique longue et efficace dans la gestion de l’eau potable distribuée. Il est difficile de dresser un panorama exhaustif de la qualité physico-chimique de l’eau d’alimentation en France du fait de disparités régionales liées notamment à l’origine de l’eau. Des informations sur la qualité de l’eau au robinet (portant sur les paramètres dureté, nitrates, plomb, pesticides, fluorures) sont disponibles sur les sites Internet des directions départementales et régionales des affaires sanitaires et sociales.

Nous présentons dans la suite des éléments relatifs à l’exposition de la population à deux des substances évoquées précédemment, nitrates et pesticides, pour lesquels des bilans nationaux sont disponibles. La présence de nitrates dans les eaux distribuées a été quantifiée à plus de 50 mg/l (teneurs moyennes annuelles ; 2002) pour moins de 1% des débits à l’échelon national. Les taux de non-conformité les plus importants sont observés sur les plus petites installations de production, en grande majorité sur les eaux souterraines.

Pour les pesticides, la direction générale de la santé indique que la qualité de l’eau distribuée est bonne. En 2006, la situation de conformité permanente a concerné 94,9 % de la population (57,3 millions de personnes). Les situations correspondant à la présence de pesticides ayant conduit à une restriction des usages de l’eau pour la boisson et la préparation d’aliments ont concerné, en 2006, environ 110 600 personnes (soit 0,18 % de la population française) et de petites structures de distribution. Les triazines et leurs métabolites, principalement l’atrazine et l’atrazine-déséthyl, sont à l’origine de l’ensemble des situations de restriction des usages alimentaires de l’eau. L’exposition de la population aux pesticides via l’eau de boisson doit être relativisée, notamment au regard des apports alimentaires. Ainsi, les travaux conduits par l’Afssa dans le cadre de l’observatoire des résidus de pesticides (ORP) indiquent que pour les 41 pesticides ayant fait l’objet d’un dépassement dans l’eau de boisson et pour lesquels l’AJMT (apports journaliers maximum théorique) a pu être calculé, 37 d’entre eux contribuent respectivement à moins de 2% de l’AJMT. L’eau de boisson semble être un faible contributeur à l’exposition totale.

Pour autant, le réseau de surveillance des eaux de surfaces et des nappes profondes montre l’omniprésence de pesticides, avec parfois plusieurs molécules présentes simultanément. Cette situation, au delà de la question du risque sanitaire a conduit à l’adoption d’un plan de réduction de l’utilisation des pesticides, avec un objectif de 50% en 10 ans [1].

Notes

[1] Le plan Ecophyto 2018 est présenté ailleurs

Portfolio

Plan du cours

Portfolio

SPIP  Mise à jour : le 12 décembre 2019 | Chartes | Mentions légales | A propos