La notion de transition épidémiologique et sa signification pour l’amélioration de la santé des populations

Depuis le milieu du 19ème siècle, la mortalité due aux maladies infectieuses n’a cessé de baisser dans les pays occidentaux. On estime aujourd’hui que les 3/4 de l’amélioration de la mortalité en général provient de la lutte contre les maladies infectieuses. A cause des considérables progrès, avec l’identification des pathogènes, puis le développement des vaccins et plus tard des antibiotiques, ces bénéfices ont été attribués à la médecine. Cependant, l’analyse historique montre que l’amorce des améliorations a clairement précédé les grandes découvertes et 86% de la réduction de la mortalité par tuberculose était observée avant la découverte de la steptomycine, en 1947.

Ceci nous conduit, une fois de plus à regarder de plus près la transition épidémiologique, proposé par Omran en 1971 pour décrire le changement du profil sanitaire, par rapport à la prédominance désormais des maladies non infectieuses (maladies chroniques en fait), comparé au passé. Comment dès lors expliquer cette amélioration des données de mortalité si ce n’est par les progrès médicaux ? Nous pouvons proposer plusieurs facteurs : meilleure alimentation, introduction de l’assainissement dans les villes, baisse de la natalité, amélioration de l’habitat... Ainsi, des progrès importants ont été obtenus en influençant les facteurs de propagation des agents infectieux, en agissant sur la promiscuité et en augmentant la capacité de défense de l’hôte.

Si au début du 20ème siècle la principale cause de décès était les maladies infectieuses, à partir des années 1940, c’est les maladies coronariennes qui deviennent la cause dominante. Aux Etats Unis, le pic de la mortalité par maladies coronariennes est intervenu vers la fin des années 60. Au cours des années 70, des débats ont animé les communautés médicale et scientifique, à propos des causes de la diminution des maladies coronariennes. Les tenants de l’hypothèse médicale, l’amélioration des soins d’urgence, de la chirurgie cardiaque (pontages coronariens), les traitements médicamenteux, se sont opposés à certains professionnels de la santé publique qui, au contraire, attribuaient le progrès à une meilleure alimentation, à plus d’exercice physique et la réduction des habitudes tabagiques, bref, une meilleure hygiène de vie.

Sans chercher à prendre partie pour l’un ou pour l’autre, il suffit de constater que l’amélioration de l’environnement (au sens large) et des conditions de vie (au domicile comme au travail), contribuent grandement à l’amélioration de l’état sanitaire de la population. Ceci donne une place à l’ingénierie de l’environnement, aux nutritionnistes, aux professionnels de l’hygiène et sécurité, pour ne prendre que quelques exemples. En parallèle, il nous faut considérer que les politiques qui s’adressent aux dimensions sociales et économiques ont également une influence capitale sur la santé.

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