La perception du risque

Pour compléter ce panorama des différentes facettes du risque, nous abordons ici un aspect qui est au cœur des controverses sur les risques, dont le point de départ remonte aux années 70. Bien qu’ancienne, cette question reste d’actualité et doit être intégrée dans la communication sur le risque (indissociable du processus d’évaluation et de gestion) et la gouvernance, c’est-à-dire tous les nouveaux processus participatifs qui peuvent être mis en place dans le cadre de la gestion des risques.

Le constat initial, était que le “public” [1] n’exprime pas le risque de la même façon que les experts. Ceci se traduit par une appréciation différente en termes d’importance du risque. Si les experts choisissent d’évaluer les risques selon une échelle de la mortalité annuelle, le public peut exprimer de fortes craintes concernant des risques qu’il perçoit comme graves, pour différentes raisons. C’est ces raisons que différentes équipes ont essayé de mettre en évidence, sur la base du paradigme psychométrique : choix de paramètres pouvant fournir une échelle d’appréciation des risques, dont les résultats sont fournis sur la base de questionnaires.

Il y a une tendance à qualifier le comportement du public comme “irrationnel”, en comparaison avec celui des experts scientifiques. Il est possible d’admettre que la difficulté de compréhension des processus probabilistes ou des biais dans les connaissances (couverture médiatique), voire des expériences personnelles marquantes, puissent être en cause. Cependant, l’expérience montre que les experts sont également sujets à des biais similaires, surtout quand leur avis est sollicité au delà des limites des données existantes (intuition d’expert plutôt que conclusion sur la base de données).

Des résultats d’une étude célèbre, conduite par Paul Slovic sont représentés sur la figure ci-contre. Les sources de dangers sont représentées sur deux axes qui représentent des échelles croissantes de risques inconnus ou redoutés. Ceci a permis à Slovic de fournir une typologie et un début de mesure de la perception des risques par le citoyen. En d’autres termes, il apporte un début de démonstration que la perception du risque est mesurable et prévisible.

Notes

[1] Nous utilisons ici volontairement un terme générique

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