Le risque dans le temps

Il est impossible d’énumérer les risques potentiels pour la santé, tant ils sont nombreux. De plus, il faut considérer qu’ils évoluent dans le temps, par la modification d’anciens risques, par l’apparition de nouveaux, des associations de risques difficiles à prévoir, par de nouveaux comportements, la structure démographique des populations, etc. L’environnement reste notre point d’entrée pricipal, mais il ne faut pas oublier qu’un certain cumul de risques et aussi associé à la pauvreté. Il faut aussi prendre conscience que la globalisation, souvent mise en avant comme une stratégie de réduction de la pauvreté, peut avoir des bénéfices, mais aussi générer de nouveaux risques : augmentation du tabagisme ou modification des régimes alimentaires conduisant à l’obésité, pour prendre deux exemples.

Le changement du ou des risques dans le temps peut prendre différentes formes. Le cas de la mauvaise planification urbaine est un exemple. Ainsi, des populations peuvent se retrouver dans de mauvaises conditions sanitaires par manque d’assainissement. L’absence de politique d’élimination des déchets peut aussi être source d’expositions délétères. Enfin, citons la pollution atmosphérique, essentiellement due à un trafic automobile croissant.

Si l’aménagement est un domaine où il est possible d’intervenir pour améliorer la situation, dans le cas des incidences du changement climatique, il est plus difficile d’agir sur les causes. Néanmoins, il existe des marges d’amélioration. Le réchauffement climatique va modifier la chimie de l’atmosphère. La formation de l’ozone troposphérique sera favorisée, d’où une augmentation probable des troubles respiratoires associés aux pics de ce polluant. L’action doit porter sur les sources d’émissions des polluants primaires (NOx et COV [1]), responsables de la formation de l’ozone.

Enfin, nos connaissances évoluent en permanence. Un risque ignoré à une date donnée, sera confirmé quelque temps après. De nouveaux effets potentiels seront étudiés et mis en évidence (effets sur les naissances prématurées de la pollution atmosphérique). De la même façon les seuils à partir desquels apparaissent des dommages ont tendance à s’abaisser avec le temps. Même pour un facteur de risque ancien comme le plomb, grâce à des études particulières et souvent longues (cohortes d’enfants exposés), il est possible de se rendre compte que des atteintes cognitives peuvent intervenir à des doses bien en dessous des seuils réglementaires.

Notes

[1] Composés organiques volatils

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