La proximité du risque : de l’environnement global à l’individu

La chaîne de causalité, en partant des facteurs socio-économiques ou au travers de conditions environnementales, en passant par des comportements collectifs ou individuels, offre de multiples points d’entrée pour toute intervention dans le but d’améliorer la protection de la santé des personnes. Ceci vaut également pour les difficultés d’établir la part des déterminants individuellement et, en conséquence, d’hiérarchiser les actions. Des approches peuvent être combinées, avec des mesures qui portent sur l’environnement lui-même, le plus en amont possible, la politique des transport par exemple ou celle de l’assainissement, mais elles peuvent également se focaliser sur des actions en aval, en essayant de prévenir les conséquences de l’inactivité physique ou de la mauvaise alimentation, en agissant donc au niveau de la population.

Du point de l’identification des dangers et de l’évaluation des risques, il convient d’insister sur quelques difficultés que nous cherchons à exprimer au travers de la notion de proximité. Trois aspects peuvent être cités :
- La proximité à la source, fondement des enquêtes écologiques, autour d’une installation polluante par exemple ;
- La proximité du point de vue de la voie d’exposition et d’un processus physiopathologique (pollution de l’air et troubles respiratoires) ;
- Le délai (relation temporelle) entre l’exposition et l’apparition des symptômes (les hospitalisations qui suivent un pic de pollution par exemple).

A chaque fois, la plus ou moins grande proximité retentit, d’une part sur notre capacité à démontrer la causalité et d’autre part sur le choix des actions à mettre en œuvre. La causalité sera largement traitée à plusieurs reprises dans différents chapitres (épidémiologie, toxicologie, méthodes de la santé environnementale), y compris pour les impacts chroniques qui sont juste cités pour mémoire. Par contre, il s’agit de discuter des choix et de l’efficacité attendue des mesures de protection.

Dans le cas où la proximité à la source permet d’évaluer le risque individuel, il est possible de prendre des mesures de protection efficaces. C’est le cas en milieu professionnel par exemple. De plus, dans ce cas les voies d’exposition sont définies, d’où des mesures spécifiques : ventilation, tenues adéquates, bonnes pratiques. Cependant, dans les problématiques environnementales, nous sommes le plus souvent confrontés à l’exposition de riverains d’une installation polluante. L’éloignement de la source n’est pas nécessairement la bonne solution. Une usine d’incinération des déchets peut être une source d’énergie pour l’agglomération voisine. De plus l’éloignement générerait des déplacements supplémentaires pour le transport des déchets. Le traitement des fumées, sur la base d’exigences très strictes serait donc une solution adéquate.

Pour les riverains d’un axe de grande circulation, le surcroît d’exposition aux polluants générés par le trafic nécessite aussi un traitement vigoureux. La limitation du trafic peut sembler une bonne idée. Mais, à l’échelle locale, ce type de solution peut tout simplement déplacer le problème. Si la pression du trafic reste constante, voire continue à croître, il y aura report vers un autre axe. Il faut donc agir sur le réseau dans son ensemble et sur l’offre de transports alternatifs, c’est-à-dire des transports collectifs.

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