Les déterminants environnementaux et les conséquences économiques

Nous avons précédemment abordé le lien entre l’activité économique, les déterminants environnementaux et la santé humaine sur le plan structurel. Il convient de faire aussi le lien avec les conséquences économiques des dommages sanitaires, qui peuvent se traduire en termes de coût directs de soins, d’absentéisme au travail, d’augmentation de la consommation de médicaments, etc.

Pour aborder ces évaluations, il faut rechercher les déterminants environnementaux, dont les impacts sanitaires sont considérés comme importants. Deux organismes importants ont conduit des travaux dans ce sens : l’OMS et l’OCDE. Malgré leur caractère plutôt prudent, les estimations de l’OCDE mettent l’accent sur trois déterminants environnementaux majeurs pour l’évolution de l’état de la santé de la population des pays industrialisés. Il est ainsi souligné que :

- bien que les émissions de nombreux polluants atmosphériques aient diminué depuis les années 1990 (oxydes de soufre, monoxyde de carbone, plomb) les problèmes de qualité de l’air urbain liés à certains polluants (notamment particules fines et très fines, composés organiques volatiles) demeurent très préoccupants et ont de graves répercussions sur la santé humaine ;
- les conséquences sur la santé humaine du rejet de quantités importantes de produits chimiques dans l’environnement risquent de s’aggraver à l’avenir ;
- le bruit peut avoir des conséquences sur la santé humaine entraînant une dégradation de la qualité de vie susceptible de provoquer des dépressions.

Enfin, ce type d’approche est également employé pour tenter de chiffrer, d’un point de vue sanitaire, les conséquences économiques des dommages environnementaux. Toujours pour ce qui concerne les pays de l’OCDE à haut revenus, selon que l’on se limite aux dépenses directes de santé ou au contraire que l’on tente d’apprécier l’ensemble des conséquences économiques directes et indirectes (selon la méthode du consentement à payer [1]), le poids des atteintes à l’environnement (hors santé au travail) représenterait de 0,5 à 3 % du PIB (de l’ordre de 750 $ par habitant et par an). Une fois encore, les méthodes employées sont fondées sur des hypothèses et des méthodes de calcul qui font l’objet de débats et de discussion. les résultats doivent être considérés avec prudence et comme donnant des indications sur les ordres de grandeur en jeu. Le progrès passe notamment par une définition des indicateurs sanitaires et environnementaux adaptés et reproductibles au niveau spatial et temporel qui serviront également à conduire des comparaisons à travers les territoires et le temps et à évaluer l’impact des politiques publiques en santé environnement.

2 Messages de forum

Notes

[1] Un sujet traité dans le cours d’économie écologique

Portfolio

SPIP  Mise à jour : le 14 octobre 2019 | Chartes | Mentions légales | A propos