Le risque sanitaire en fonction des conditions d’exposition

Nous aurons l’occasion de voir tout au long des différents chapitres que le risque sanitaire peut être abordé de différentes façons. Dans cette partie introductive il convient de proposer quelques considérations générales pour commencer à comprendre les différentes manières de le traiter, y compris sur le plan législatif et réglementaire.

Une première façon de distinguer les risques peut se faire selon que celui-ci est inhérent ou incident. Ailleurs, nous reprenons une classification utilisée dans les textes de l’UE qui qualifie les circonstances d’exposition de volontaires ou involontaires. En fait les frontières ne sont pas toujours si nettes, mais cette distinction a du sens sur le plan méthodologique.

  1. L’exposition, a priori maîtrisée, comme c’est le cas dans le milieu du travail est considérée comme volontaire (on pourrait aussi dire qu’elle est inhérente à la manipulation d’une substance dangereuse) ;
  2. L’exposition, normalement non voulue, à la pollution atmosphérique, ne peut rentrer dans le même cas de figure. En effet, même si aujourd’hui tout citoyen a conscience du risque potentiel encouru en respirant un air de mauvaise qualité, il lui est difficile de prendre des mesures individuelles de protection.

Cette distinction ne doit pas être confondue avec les expositions qui relèvent de la sphère comportementales et que, selon la conception française, il faut exclure du champs de la santé environnementale. Ainsi, le tabagisme actif est considéré comme lié au comportement individuel et ne bénéficiait jusqu’à récemment que d’une simple mesure d’avertissement sur le paquet. Il en est de même pour certaines habitudes alimentaires. Pour autant, la contamination des aliments par des résidus de pesticides par exemple, ou tout autre contaminant d’origine chimique ou biologique doit bénéficier de mesures de santé publique.

La justification du traitement particulier de la santé au travail et des usages professionnels de façon générale sera reprise dans la partie sur les mesures de gestion. Il faut dès à présent noter que dans les statistiques les dommages sanitaires en milieu professionnel sont tenues séparément : on parle de cancers professionnels par exemple. Ainsi, dans les statistiques de l’OCDE, la part des pathologies imputée à l’environnement, ne comprend pas la santé au travail.

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