La santé environnementale en tant que domaine nouveau

La reconnaissance par la loi (NEPA) du lien entre environnement et santé et l’instauration de la nécessité de sa prise en compte dans les études d’impacts n’a pas produit les résultats escomptés. Une des raisons qui peut être avancée est la difficulté de produire des résultats quantitatifs, éventuellement qualitatifs pour apporter des éléments décisionnels. Certes, la procédure de l’évaluation des risques a été formalisée dès 1983 (voir le chapitre correspondant), mais l’acquisition des connaissances et l’élaboration des méthodologies nécessitent du temps.

John Snow est l’indiscutable père de la médecine environnementale (première étude écologique sur le lien entre les cas de choléra et l’approvisionnement à une pompe d’eau précise, en 1854). Néanmoins, il faut attendre plus d’un siècle avant que l’émergence de la relation entre environnement et santé ne justifie le déploiement de moyens exceptionnels pour répondre aux besoins en connaissances. Vers 1960, un groupe de travail aux Etats-Unis a identifié de tels besoins et a préconisé la création d’un laboratoire central. Cette proposition a été renforcée par les événements de la décennie et, dans le sillage du succès du livre de Rachel Carson, le Congrès lui a accordé les financements nécessaires. En définitif, après une première phase en tant que National Environmental Health Sciences Center, il voit le jour en tant que nouvel Institut thématique dépendant du NIH (National Institute of Health), sous l’acronyme NIEHS, en 1969, avec de nouveaux laboratoires installés sur un terrain de 300 hectares. La première édition des Environmental Health Perspectives, qui est encore aujourd’hui le principal journal scientifique en Santé environnementale, paraît en 1972.

Le National Toxicology Program est créé en 1978 et installé dans les locaux du NIEHS et le programme des bioessais des causes et de la prévention des cancers est transféré du NCI (National Cancer Institute) au NIEHS en 1981, conférant au NIEHS un potentiel exceptionnel. A ce jour aucun autre pays n’a consacré autant de moyens.

Tous les ingrédients sont désormais réunis : la volonté politique, les ambitions et les moyens consacrés. D’autres initiatives remarquables voient le jour :
- La charte d’Ottawa qui est discutée dans la suite, en 1986 ;
- La mise en place par le bureau de l’OMS-Europe du cycle des conférences interministérielles, en 1989.

Voir en ligne : Le site du NIEHS

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