Comment qualifier le travail vis à vis de la population et ses spécificités ?

Il semble évident que les éléments étaient réunis dès 1997 (au moins) pour une intervention rapide. La communication avec des populations de tradition orale aurait dû adopter des formes plus appropriées que de simples consignes écrites. La dimension du risque aurait mérité des mesures radicales (envisager de les déplacer provisoirement ?) et des moyens de limiter le risque comme de fixer l’amiante (badigeon ou peinture) [1].

Le véritable suivi des populations a débuté en 2001. Par ailleurs, les tribus concernées ont reçu des consignes écrites pour se protéger (adopter des comportements moins risqués). De plus la destruction des habitats à risque ont réellement eu lieu en 2005. Que pensez-vous de l’action publique ? Qu’auriez-vous préconiser comme mesures pour améliorer la sécurité des populations ?

28 Messages de forum

  • Comment qualifier le travail vis à vis de la population et ses spécificités ? 18 décembre 2010 09:19, par Kana Paul Martin Jonas

    En 1991, on observe une prévalence élevée de décès par cancers de poumons de 5 a 10 fois plus élevée que celui des pays industrialisés et en 1994, la relation entre exposition au tremolite et les cancers de poumon est établit et confirmée par une campagne de métrologie en 1998. Curieusement, ce n’est qu’en 2001 que le suivi de la population débute et la destruction des habitats a risque n’a lieu qu’en 2005 soit 7 ans après les études métrologiques. même si le texte ne nous dit pas comment ces populations sont recasées (avant, progressivement ou après), nous pouvons juger l’action publique très lente et inefficace. Les mesures que nous préconisons pour améliorer la sécurité des populations sont :
    - Information et éducation de la population en même temps qu’une campagne de dépistage systématique de cancer de poumon sur l’ensemble des populations dès 1994.Cette approche présente les avantages suivants : - Établir facilement la corrélation entre la prévalence de ce cancer avec les différentes résultats métrologiques de 1998. - Elle constituera un argument solide pour convaincre la population a risque a changer leur mode de construction et certains comportement a risque. ce qui va également faciliter leur consentement pour le destruction des habitats a risque.
    - En 1999, tout en continuant a mettre l’accent sur l’éducation et l’information, un plan global de construction de nouveaux habitats et de protections des sites de tremolites doit être mis en plan avec la participation de la population.

  • 1- Le suivi des populations aurait du commencer plus tôt ; 2- Les consignes écrites sont insuffisantes. Il aurait fallu de réelles campagnes de sensibilisation avec des séances publiques avec la mise à contribution des associations, des ONG et autres organisations de la société civile ; 3- Les permis de construire peuvent déjà intégrer des dispositions pour empêcher l’usage de trémonite sur les nouveaux bâtiments pour cela, il fallait légiférer plus tôt ; 4- Intégrer des mesures coercitives pour l’interdiction de l’usage de trémolite ; 5- La destruction des habitats à risque pouvait démarrer plus tôt sous le contrôle des autorités compétentes.

  • L’action publique menée n’as pas pris en compte tous les aspects devant donner lieu à des conclusions claires et objectives ; on a l’impression que les autorités ont voulu tout simplement faire une étude pilote pour calmer les inquiétudes des populations. On ne comprend pas pourquoi le suivi des populations peut débuter en 2001, mais les facteurs de risque (habitations faites de trémolite) sont détruites en 2005 et ce par les populations. Les mesures à prendre doivent être à la fois immédiates et à long terme. Parmi les mesures, nous pouvons proposer :

    > Organiser les campagnes d’information du public sur les mesures à prendre et y associer toutes les parties prenantes (si possible les responsables des associations communautaires) ; au cours de cette campagne, les aspirations des populations devront être prises en compte et la procédure bien élucidée avec un accent sur l’objectivité et la santé des populations ;

    > Identification et quantification des différents risques ou facteurs de risque (habitation constituées de Pö, anciennes maisons détruites etc... ;

    >la délimitation des zones à risque (cartographie fine des sources potentielles d’expansion de trémolite telles activités humaines, déplacements des voitures...) et cartographie des sols contenant l’amiante ;

    > protéger rapidement les personnes exposées et les prendre en charge. Les travaux publics ne cessent pas et chaque fois qu’on fait une route, on augmente le risque ;

    > Délocalisation des population (avec interdiction formelle de jouer ou mener autre activités dans les zones contenant l’amiante) et décontamination par les autorités des zones à risque ; La lettre écrite ne suffit pas pour convaincre les populations, ce sont les autorités qui devraient prendre toutes les mesures nécessaires pour procéder à cette opération.

    > Mise sur pied d’un comité pilote de contrôle et d’application des décisions. Déjà, les spécialistes locaux devraient être associés à l’étude afin de pouvoir cerner certains contours du problème. Dans le cas de cette étude, on constate que 114 constructions ont été auto détruites, ce qui témoigne de la non élimination des facteurs à risque.

    >en fin de compte, le risque devra être évalué pour des personnes exposées et non exposées et cette démarche devra prendre en compte : identification du danger, caractérisation de l’exposition (population exposée, évaluation des niveaux d’exposition), évaluation de la relation dose-réponse, estimation quantitative du risque.

  • Le véritable suivi des populations a débuté en 2001, alors que les éléments étaient connus dès 1997 après la publication de l’enquête épidémiologique réalisée par l’INSERM , donc un retard de l’action publique est assez clair. Les consignes écrites reçues par les habitants ne sont pas suffisantes, il devait y avoir en plus une communication orale avec eux et un suivi pour s’assurer de l’engagement par ces consignes. Ce retard de la part de l’action publique peut être dû aux intérêts des industriels qui veulent continuer l’utilisation de l’amiante.

    Certaines mesures devaient être prises pour améliorer la sécurité des populations comme un déplacement provisoire de la population, l’utilisation de certains moyens pour fixer l’amiante comme par l’intermédiaire de peinture ou de badigeon pour limiter le risque. Aussi penser à substituer l’amiante pour arrêter tout risque dans l’avenir. Interdire l’installation de nouvels habitats dans la zone concernée. Dévier les routes des zones où la trémolite est présente. Mettre une prise en charge aux personnes à risque pour faire un diagnostic précoce.

  • On peut s’étonner de la lenteur de l’action publique, et du traitement très « administratif » de la gestion des risques (écrire des consignes). Cela démontre les difficultés qu’a l’administration à établir des actions de promotion de la santé efficace, notamment auprès des minorités ethniques. Cependant, je pense que le signal sanitaire a été correctement appréhendé et investigué, les difficultés étant plutôt de mon avis imputables aux gestionnaires du risque.

    Une mesure forte aurait été de débloquer des fonds et de lancer un appel d’offres pour la destruction des maisons avec des chantiers strictement encadrés, ainsi que des conditions d’indemnisation et de relogement acceptables.

    On aurait également pu former des « correspondants amiante » dans les tribus concernées, interlocuteurs privilégiés pour les administrations et pour les populations, qui auraient été spécifiquement formés, seraient rémunérés et qui seraient en capacité de délivrer aide et conseil au quotidien.

  • L’usage de l’amiante n’est interdit, en France, que depuis le 1er janvier 1997, par le décret n° 96-1133 du 24 décembre 1996 relatif à l’interdiction de l’amiante, pris en application du code du travail et du code de la consommation. Son article premier dispose notamment que :
    - au titre de la protection des travailleurs, sont interdites la fabrication, la transformation, la vente, l’importation, la mise sur le marché national et la cession à quelque titre que ce soit de toutes variétés de fibres d’amiante, que ces substances soient ou non incorporées dans des matériaux, produits ou dispositifs ;
    - au titre de la protection des consommateurs, sont interdites la fabrication, l’importation, la mise sur le marché national, l’exportation, la détention en vue de la vente, l’offre, la vente et la cession à quelque titre que ce soit de toutes variétés de fibres d’amiante et de tout produit en contenant.

    A titre exceptionnel et temporaire, des dérogations ont été accordées, jusqu’au 1er janvier 2002, pour certains usages existants du chrysotile, dès lors qu’il n’existe aucun substitut qui, d’une part, présente, en l’état actuel des connaissances, un risque moindre pour la santé des travailleurs, d’autre part, donne toutes les garanties techniques de sécurité correspondant à la finalité de l’utilisation. Une liste limitative de ces usages est établie par arrêté du même jour. L’exception à l’interdiction demeure pour la vente des véhicules d’occasion jusqu’à la fin 2003. Les entreprises bénéficiant de ces dérogations devaient se déclarer auprès du ministère du travail afin d’évaluer, année après année, le bien-fondé des dérogations. La France se donnait quatre ans pour se débarrasser définitivement de l’amiante. En 1996, elle utilisait environ 35.000 tonnes d’amiante. Ce chiffre est tombé à 200 tonnes en 1997, 50 tonnes en 1998, puis 12 tonnes en 1999. En revanche, la France a continué d’importer de l’amiante jusqu’en 2002. Cette année-là, les statistiques d’Eurostat montrent que certains pays européens avaient importé des quantités parfois non négligeables d’amiante : l’Allemagne (200 tonnes), la Grèce (1.900 tonnes), l’Espagne (3.060 tonnes), le Portugal (7.130 tonnes). ce qu’il faut préconiser, il faut pour les autorités faire une évaluation des produits utilisés dans les structures et se doter de structure pour évaluer de façon générale les produits afin de parer tout danger.

  • L’action publique peut se décliner de plusieurs façons. Elle peut être préventive ou corrective, voire dans certains cas simplement palliatif. L’action entreprise par l’état pour réduire le risque est lente est sans effet immédiat. On note une absence de maitrise de problème par le pouvoir public donc une intervention inefficace. Des erreurs d’appréciation, des controverses, mais aussi parfois une méconnaissance des risques peuvent expliquer l’action des pouvoirs publics insuffisante. On aura préconisé comme mesures pour améliorer la sécurité des populations la mise en place d’une campagne d’information visant à supprimer définitivement l’usage du pö et précisant la conduite à tenir vis à vis des habitations déjà recouvertes de pö dans l’attente de la mise en place de mesures correctrices à venir, s’impose immédiatement. Cette campagne d’information doit s’accompagner d’une éducation sanitaire visant au contrôle des facteurs de risque associés aux maladies respiratoires. Il apparaît indispensable de procéder dès maintenant au dépoussiérage complet interne des habitations. Cette première phase doit être confiée à un personnel formé afin d’éviter le recours à des pratiques individuelles qui pourraient aboutir à l’opposé de l’effet recherché. Ce dépoussiérage des maisons pourrait, dans l’attente des expérimentations, s’accompagner du recouvrement des murs par de la peinture Détruire l’habitat à risque doit être également envisagée. Outre le fait, que cette mesure constitue une solution définitive au risque d’exposition lié à l’habitat aussi, déplacer la population sur un nouveau sité avec de maisons nouvellement construites en tenant compte du problème actuel et la prise en charge médicale de tous les sujets atteints.

  • L’action publique, peut être qualifie du laxiste. En plus des recommandations de 1994, pour améliorer la sécurité de la population je préconise les points suivant :
    - Après l’évaluation, le déplacement de hautes autorités concernées dans les lieux à risque pour informer et communiquer (avec la langue locale) les résultats à la population ce qui fera un événement mémorable.
    - Enseignement dans les écoles (en cours de géologie et sciences naturelles) de la roche de la trémolite et ses conséquences sur la santé. Elargir l’information au media.
    - Introduire la peinture et la chaux pour peindre les murs(les données gratuitement si possible).
    - Recensement exhaustive des zones à risque, assistance de la population afin de ne pas entreprendre la décontamination seule. Recensement de la population vulnérable, une assistance médicale permanente et une campagne de dépistage radiologique systématique pour un diagnostic précoce. Suivie de hautes autorités du processus de gestion en se rendant dans les zones concernées et contact permanent avec la population pour veiller sur le bon déroulement de la décontamination.

  • L’action publique a été considérablement lente. Sachant que les risques ont été observés dès 1991 (avec une prévalence élevée de décès par cancers de poumons de 5 a 10 fois plus élevée que celui des pays industrialisés) et qu’assez d’éléments étaient regroupés pour agir en 1997, certaines mesures auraient dû être prises comme : 1-Informer la population à travers des sensibilisations "orales" en plus des "écrits" afin d’augmenter le nombre de population aviser sur les risques du trémolite 2-Prendre des mesures de sécurité dès l’obtention des résultats métrologiques de 1998 sur les bâtiments à risque en déplaçant provisoirement la population résidente pour y faire une analyse approfondie des risques. Certaines mesures aussi aurait pu être prise pour limiter l’exposition des personnes en contact avec la trémolite (port d’appareils de protection respiratoire, une meilleure gestion des déchets pour la manutention, le transport, l’entreposage et le stockage des substances à risques…).

  • L’action du Comité Permanent à trop durée avant sa mise en œuvre,

    Le Comité Permanent Amiante devrait déjà à partir de 1995 : déplacer les personnes habitant les zones ou habitat contaminés ; procéder à la destruction dans les règles requises les sites dangereux ; porter à l’échelle les activités de sensibilisation avec l’implication des bénéficiaires ; prohiber la fréquentation des sites déclarés à risque pour les populations ; faire un suivi médical réel des personnes ayant habités ces sites afin de détecter au plus tôt les éventuels cas et les prendre en charge.

    Les consignes écrites ne sont pas indiquées pour cette lutte surtout que dans les tribus concernées plusieurs ne savent pas lire.

  • Le rapport de 1994 recommandait des mesures pour informer les populations, décontaminer l’habitat, mettre en place des mesures sanitaires et améliorer les connaissances. Même si en 1994, le risque lié à l’exposition dans l’habitat était reconnu, il a fallu attendre quelques années pour mettre en place des mesures efficaces allant jusqu’à la destruction de l’habitat. Cependant des précautions pour le désamiantage n’ont pas toujours été prises et parfois ce sont les habitants eux même qui ont détruit leurs habitats sans aucune précaution. Mais l’action publique c’est limitée à l’habitat et au risque lié au pô appliqué sr les maisons, et n’a pris de mesures face au risque environnemental. La contamination par l’amiante est également due aux pistes non bitumées ou émise par les mines de nickel. La prise en compte de cette exposition nécessite de mieux connaître les sources avec par exemple une cartographie des sites amiantifères. Les sites amiantifères mis à nu pourraient être recouverts ou re-végétalisés afin de limiter la remise en suspension de l’amiante. Il semble important aussi de mieux informer l’ensemble de la population ; pas seulement les habitants mais aussi les collectivités et les entreprises afin que les nouveaux chantiers soient entrepris en connaissance des risques liés à l’amiante environnementale.

  • Les pouvoirs publiques ont réagi efficacement à travers un ensemble de mesures qui ont été préconisées, des études et expérimentations pour comprendre l’origine des cancers. Nous remarquons la lenteur des pouvoirs publiques dans la prise de décision , car les risques liés à l’exposition à la Trémolite sont établit en 1994 et c’est en 2001 que débute le véritable suivi des populations. Pour améliorer la sécurité des populations, je préconise le délogement de cette population vers des zones sans risques si cela est possible. Pour sa mise en œuvre,toute nouvelle construction devrait se faire dans une zone plus sécurisée et en respect des recommandations. Organiser des discussions avec la population sur l’acceptabilité des mesures conservatoires. Réévaluer régulièrement les mesures et problèmes qu’elles posent , rechercher les solutions alternatives. afin de vérifier sa mise en œuvre. Interdire la pratique de l’agriculture ou toutes autres activités qui engendrerait le retournement des sols. Mettre en œuvre un plan d’action qui définit les priorités et les objectifs et les évalués chaque année.

  • L’action publique certes tardive comporte des mesures essentielles pour une gestion efficace de ce risque. Je pense qu’une prise en compte urgente des recommandations issues du rapport de 1994 permettra en mon sens une gestion efficace car ces recommandations couvrent tous les secteurs concernés par la gestion de ses risques. Cependant, j’ai noté quelques manquements en ce concerne la gestion à court terme de cette problématique : Il s’agit premièrement de la réactivité tardive (près de 7ans d’attente de 1994 à 2001) face à l’ampleur d’un risque dont les conséquences ne fait plus aucun doute. ces sept années signifient pour la population sept années d’exposition supplémentaire ; et quel conséquence si nous savions que la durée d’exposition est essentielle pour le développement des mesotheliomes. la preuve est que cent quatorze (114) habitats ont été détruits par les populations elles même avant 2001.Deuxièmement, je pense que pour une situation ainsi préoccupant, la méthode de sensibilisation par la transmission de consignes écrites aux tribus a été inadéquate. En effet les populations peuvent ne pas comprendre les consignes, interpréter autrement ces consignes ou sous-estimer l’ampleur de la situation. Il fallait donc une forte campagne de sensibilisation de proximité, ce qui permettrait une forte implication des acteurs concernés(les différents tribus) pour la gestion du risque : fournir donc à cette population les informations issues des études en insistant surtout sur les conséquences de l‘exposition qui ne seront manifestes qu’à long terme par des rencontres entre les spécialistes et les communautés, des témoignages de personnes déjà malades, des émissions radiodiffusées et télévisuelles. Dans l’immédiat insister sur les mesures élémentaires pouvant réduire l’exposition aux fibres d’amiante telles que l’humidification des sols avant tout balayage et adopter des comportement ( salir moins) qui permettent de diminuer la fréquence des balayages ; insister également les conséquences du tabagisme et son influence sur le développement d’autres types de cancers (Même si les résultats confirme une association avec la bronchite chronique chez les femmes, il faut être prudent avec ses informations car les hommes peuvent ne pas se sentir concerné). Il est également tres nécessaire de couvrir les murs des habitats à risque par la peinture comme indiques dans le rapport et envisager la destruction des habitats par des professionnels. Cela suppose que les questions de relogement sont réglées avant. Pour conclure, je pense que les expositions en milieu professionnels devraient être des cas d’école, du moins pour susciter des actions publiques urgentes si nous savions que le niveau d’expositions de ses tribus est largement au dessus de l’exposition en milieu professionnel.

  • pour améliorer la sécurité de la population, j’aurai préconisé une délocalisation de la population exposée. l’interdiction des destructions personnelles des habitations, mais une destruction contrôlée par des personnes formées et qualifiées à cet effet.

  • L’action publique dans le cadre de la gestion du risque lié au trémolite à notre avis est insuffisante et a été mal déclinée. Elle a consisté beaucoup plus à une démarche palliative alors qu’elle aurait pu être beaucoup plus préventive et correctrice du fait du danger. A notre sens les actions suivantes auraient dues être mises en œuvre :
    -  La démolition des maisons recouvertes de pö aurait due intervenir très tôt afin de limités les dommages sanitaires y liés
    -  Un cahier de charge pour les constructions dans les régions nord devrait être instauré, interdisant l’utilisation du pö et un comité de suivi devrait être mis en place
    -  Un dépistage systématique de la population exposée devrait être mis en place au lieu d’un dépistage à la demande
    -  La mise en place d’un centre de contrôle de la qualité de l’air intérieur dans les régions exposées telles celles du nord et aussi des populations exposées
    -  Des restrictions des espaces fumeurs sur le territoire

  • La lenteur et la faiblesse des mesures de gestion de la crise apparaissent ahurissantes en regard du niveau de risque encouru (cf question précédente) : trois ans entre l’alerte sanitaire et l’identification de la source environnementale, quatre ans encore avant la finalisation des enquêtes épidémiologiques, et encore sept ans avant la destruction des habitats à risque. On est frappé par l’inadéquation des recommandations formulées en 1994 avec la réalité du terrain et l’urgence de la situation, ce qui est souligné par les remarques qui ponctuent plusieurs points du rapport, et probablement imputable à une méconnaissance du mode de vie du peuple kanak : on se doute du peu d’effet qu’ont pu avoir les campagnes d’information sur des populations pour lesquelles le poids des traditions est sans doute très fort, quant à la lenteur de mise en route de la destruction des habitats à risque elle a conduit à sa réalisation par certains des habitants concernés dans des conditions d’exposition maximale. La seule mesure apte à soustraire les populations à l’exposition aux fibres de trémolite aurait été le recensement et l’évacuation des logements à risque avant leur destruction encadrée, dans des délais les plus courts possibles, et avec un accompagnement plus marqué de la part des pouvoirs publics pour anticiper les inévitables problèmes de déracinement et du relogement des personnes concernées.

  • Il y a eu une lenteur de la part des pouvoirs publics à prendre les mesures efficaces pour protéger la population. Un taux de décès environ 5 à 10 fois plus élevé que celui observé dans les populations des pays industrialisés a été observé en 1991. Seulement en 1993 qu’une étude épidémiologique a été engagée pour tester cette hypothèse. C’est au cours de cette même année que l’hypothèse d’exposition à des fibres de trémolite a été avancée, puis confirmée en 1994.

    Attendre 10 ans, suite à la première alerte, pour commencer un véritable suivi de la population et 14 ans pour agir sur les sources immédiates est tout simplement un comportement irresponsable de la part des pouvoirs publics.

    L’ignorance et le manque d’organisation de la société civile pourrait être aussi des éléments à ne pas négliger. Des consignes écrites sont aussi insuffisantes dans de tel contexte. Il faudrait :

    1- Dans un court délai (3 à 6 mois), après la première alerte, enclencher une étude (dépistage) pour cibler la population affectée et enrichir les connaissances sur le problème.

    2- Mettre en place une structure de prise en charge des individus affectés qui permettra de mieux poursuivre l’étude.

    3- En cas d’identification de territoires à population non affectée, envisager le déplacement des gens vivant dans des zones affectées vers des régions non atteintes.

    4- Une fois la cause définie, prendre des mesures pour agir sur les sources et répertorier les territoires à risque. Dans ce cas, la décision de détruire les maisons ou dans un premier temps, adopter des mesures palliatives comme de recouvrir les murs d’une couche de peinture.

    5- Prendre des mesures pour la formation d’un personnel spécialisé pour faire face au problème. 6- Envisager des méthodes et moyens de décontamination.

    7- Parallèlement, la population doit être associée dans les démarches et mesures à prendre et mettre en place une structure d’information, de sensibilisation et d’éducation sur les causes, les sources, les mécanismes d’exposition et de contamination et la gravité du problème.

    8- Mettre en place une structure de communication avec le public en relation avec le problème.

    9- Définir une structure règlementaire pour des mesures préventives et correctives, notamment pour l’aménagement du territoire et la prise en charge des personnes affectées.

  • Dans le cadre de cette évaluation des risques, l’action publique a été lente a réagir par rapport aux effets dévastateurs de la trémolite sur la santé des populations puisque à la base les données ont déja été biaisées par le CPA, en circonstances pareilles il aurait été préconisé de délocaliser la population vers des habitats moins risqué et de commencer la destruction des domiciles à risque à l’immédiat, permettant ainsi aux victimes de reconstruire plus rapidement

  • On peut tout d’abord souligner le décalage entre la situation en métropole (amiante interdite en 1997) et celle de Nouvelle-Calédonie (interdiction en 2007), sans doute du en partie par le statut d’autonomie des TOM. Ajouté à cela la complexité de l’organisation politique et administrative calédonienne qui peut bloquer ou ralentir la prise de décision, ainsi que le manque de moyens financiers et humains pour faire appliquer les réglementations et les mesures sanitaires. Concernant les mesures prises auprès des populations locales, les consignes écrites devraient prendre en compte les spécificités socio-culturelles mélanésiennes (ethnie la plus représentée dans les populations exposées) et être envisagées en bilingue : en français (langue officielle) et en langue maternelle.

    Les travaux d’une géographe de la santé, Marie-Anne Houchot, vivant depuis plus de 25 ans en Nouvelle-Calédonie, sont très intéressants sur ce sujet. Elle s’est intéressée à l’exposition aux poussières d’amiante dans les tribus mélanésiennes de la vallée de Hienghène (sur la côte Est) et s’est attelée à travailler sur la prévention de l’exposition à la « terre blanche » (le Pö) avec les femmes des tribus qui ont collaboré à la conception d’un document compréhensible par les populations locales (réalisation d’une BD bilingue avec illustration de scènes de la vie quotidienne et textes écrits par les femmes elles-mêmes, avec des tournures et des phrases conservées telles qu’elles)
    — > Sa conclusion : pas de prévention sans adhésion des populations !

    Selon cette géographe : le gouvernement néo-calédonien n’a toujours pas pris (en 2009) la mesure de l’enjeu sanitaire du risque environnemental : aucune politique d’envergure visant à remédier ou à prévenir le risque n’a été proposée…

  • En 1997-98, les autorités avaient suffisamment de données d’exposition, d’informations scientifiques sur le risque qualitatif et quantitatif de l’exposition au pô, ainsi que des préconisations détaillées d’actions à mettre en place (ex rapport de 1994). Donc on constate un certain délai de réaction pour protéger la population. On peut s’étonner de cette lenteur pour une gestion qui se serait faite à un niveau local/régional.

    L’évaluation de l’exposition et du risque semblent pourtant indiscutables ... ex "La fraction étiologique, c’est à dire la part de mésothéliomes attribuables dans la population exposée à la trémolite, est de 98%. Le risque attribuable, c’est à dire la part de mésothéliomes attribuables à cette exposition dans la population de la Nouvelle Calédonie, est de 91%. "

    Le fait que l’exposition se trouve dans le domaine privé et familial a peut-être ralenti la prise de décisions publiques (en effet, la législation française concerne l’exposition professionnelle ou dans les lieux publics).

    Enfin, existe-t-il un problème d’intégration/de connaissance des populations canaques ? En effet, les consignes sont écrites, et non orales, le suivi sanitaire est passif...(on attend les questions de la population)

    Les consignes semblent peu efficaces, reposant sur le comportement de la population plus que sur des mesures de protection radicales, du style recouvrir de peinture les murs, détruire certains habitats pour en refaire d’autres ne présentant pas de danger ...

    Enfin, on constate que le risque est toujours présent , les populations étant encore exposées ou détruisant elles mêmes les habitats ...

    Les autorités auraient pu mettre en oeuvre des mesures techniques, de rénovation/destruction/reconstruction beaucoup plus encadrées, par des professionnels, en s’appuyant sur les exigences requises par la législation en milieu professionnel. Cela aurait constitué une mesure de précaution efficace.

  • La prise en compte de la population a été négligée : spécificité dans la compréhension plus ou moins bonne de la langue (consignes écrites !!!), l’éloignement et parfois l’isolement des populations (problème d’accès à l’information, d’accès aux soins ou au dépistage…), la prise en compte des croyances et des traditions (même atténuées elles restent encore présentes dans certaines tribus), lenteur dans l’action publique envisagée et pas d’action active (10 ans avant prise de réelles mesures de suivi, dépistage sur la base du volontariat, …), L’autodestruction de certains habitats sans mesures de prévention montre bien que l’info passée ne l’était pas de manière judicieuse (inadaptée ou incomprise).

    Il me semble déjà important que la prise en charge de ce problème se fasse directement in situ, par des personnes compétentes (médecins, personnels de santé publique) autonomes dans la gestion du problème. Le risque de faire participer des organismes sanitaires en gestion paritaire de France est de retrouver la même inertie et les mêmes blocages que dans les problèmes de gestion de l’amiante professionnelle.

    On peut aussi faire passer les informations par des référents issus de la population concernée. Ils auraient ainsi connaissances des modes de vie, des habitudes des populations, de la langue et être plus surs que l’information passe correctement et qu’elle est comprise. La réaction aurait aussi dû être plus rapide car 10 ans d’attente sans action réelle est absurde. Une étude des sites, des habitations et des populations aurait déjà pu se faire dès les soupçons afin de mettre en oeuvre des mesures de protection et de suivi de la population plus adaptées...

  • L’action publique dans la gestion du risque a été assez lente. La suspicion a émergé depuis 1991 avec le constat d’excès de décès dû au mésothéliome de plus 5 à 10 fois comparé au niveau des pays industrialisé. Il faut informer et sensibiliser la population à ne plus utiliser la trémolite pour revêtir les habitats. Du moment où les études ont indiqué une exposition dépassant le seuil de 800 à7800 fois avec 7000 personne exposé pour 45 000 habitants, pour améliorer la sécurité des populations, il faut mettre en place un plan d’urgence de construction de nouveau site et déplacement des populations.

  • Le rôle de tout pouvoir public c’est, de garantir la sécurité des populations en tout lieu et à tout moment. Un tel sujet est à prendre en compte dans les priorités de l’action publique dès la saisine, afin de faciliter la gestion de l’opération, qui, il faut le souligner constitue un processus devant impliquer l’ensemble des acteurs.

    Les missions de la DASS et l’enquête épidémiologique de l’INSERM sont des dispositions initiales prises par le pouvoir public afin de mieux comprendre le problème, d’analyser le risques majeurs pour la population et de pouvoir faciliter la prise de décisions.

    Les mesures prises par les autorités locale(note écrite), les différents comités (CPA), ont permis de réduire le risque au sein de la population. Par ailleurs, l’action publique a beaucoup tardé avant d’être mise en route. Notons que, de 1994 à 2001 ou même 2005 périodes à laquelle l’action publique a véritablement commencé, il y a eu beaucoup de victimes qui pourraient être limité si les décisions étaient prises à temps et mises en exécution. Il aurait fallu dès les premières heures impliquer la société civile à toutes les étapes du processus d’évaluation et de gestion du risque, car de leur participation dépendent leur niveau de compréhension de l’enjeu, l’acceptation des résultats de l’étude et des perspectives. Leur implication permettrait de prendre en compte leurs attentes, craintes, de mieux formuler ou reformuler les questions ainsi que les interventions. Leur contribution dans l’évaluation et la gestion des risques est capitale, car ils favorisent les contacts, organisent les groupes d’échanges, améliorent la compréhension par rapport aux questions à poser, limitent certains biais et établis la confiance avec les équipes d’experts. Pour ce cas précis de gestion de risque leur contribution pourrait sensiblement améliorer la situation à travers : l’assimilation des résultats des études et missions, la prise de conscience sur les risques et le rôle de relais dans la communication par rapport aux différents résultats et comités/commissions mis en place au plan information, prise en charge médicale, psychologique et apport cognitif par rapport à la connaissance précise des niveaux d’exposition aux fibres de trémolite des différentes sources d’émission mises en évidence dans cette région la Nouvelle-Calédonie .

  • L’action n’a pas étais efficace dans la gestion du risque, pour plusieurs raison : Il est passé beaucoup de temps entre 1994 et 2001, c’est-à-dire entre la mission et le début du suivi des populations. Plusieurs personnes habitant dans les maisons contaminées ont eu le temps de s’exposer d’avantager aux fibres de a trémolites et de développer des cancers. Les populations n’on pas était bien informer ou bien encadré dans la gestion du risque, car elles avaient toujours des comportements à risque en 2000 (114 constructions ont été « autodétruites ») Sachant que : • les dangers associés à l’exposition à la trémolite via l’habitat recouvert de pö sont des pathologies graves (mésothéliomes et cancers bronchiques) de pronostic sévère et d’évolution rapide ; • les risques associés sont bien caractérisés par les études métrologiques et épidémiologiques qui ont été menées localement. Ils sont supérieurs à ceux observés en milieu professionnel dans les pays industrialisés ; • au vu des connaissances scientifiques actuelles, la causalité entre l’exposition à la trémolite et ces dangers est indiscutable ; • la source d’exposition est bien identifiée. Il s’agit de l’habitat recouvert de pö qui contribue majoritairement à l’exposition des populations à ce facteur de risque ; il aurait fallu aux autorités de faire une campagne de proximité pour plus informer les populations sur les risques ensuite proposer de les délocaliser afin de pouvoir détruire les maisons dans le respect des règles de sécurité

  • Comment qualifier le travail vis à vis de la population et ses spécificités ? 25 janvier 2011 12:51, par Andrianomenjanahary Fenosoa

    Devant la situation, on peut dire que l’action publique a fait de son mieux mais s’est limité pendant quelques années dans la prévention. Un renforcement de la sensibilisation non seulement au niveau des consignes écrites mais aussi au niveau audio-visuel permettra à la population de connaître plus sur les risques. Cette mesure sera accompagnée d’un changement de d’habitat pour les personnes plus exposée en attendant les procédés de désamiantage.

  • Dans cadre de la gestion des problèmes de Trémolite (pö) et des cancers respiratoires en Nouvelle Calédonie, l’action publique au lieu d’être préventive a été plutôt palliative. Les actions préventives ne sont que faiblement perçues. Dans la mesure où il n’existe pas à ce jour de solutions techniques efficaces connues concernant la décontamination des bâtiments, immédiatement transposables dans le contexte de la Nouvelle-Calédonie il fallait pour améliorer la sécurité des populations, à mon avis organiser une campagne de sensibilisation sur les risque liés à l’exposition aux fibres d’amiante et envisager à moyen terme le déplacement et le relogement des personnes vivants dans les habitations contaminés vers les zones à moindre risque.

  • Comment qualifier le travail vis à vis de la population et ses spécificités ? 25 janvier 2011 20:32, par Ntongone Angore Praxede

    nous pensons que l’action publique a été tardive car la certitude d’une pollution a l’amiante était déjà établis en 1994 et il a fallu attendre 2001 pour qu’on ait des consignes et 2005 pour voir la démolition de certains habitations à risque. Vu le taux de pollution, nous aurions préconiser la démolition pure et simple de toutes les maisons a risques avec traitement des déchets issus de cette démolition ou dans une moindre mesure le recouvrement des murs par de la peinture spéciales qui fixe les particules ou fibres d’amiantes pour éviter leurs dispersion dans l’air.

  • Le pouvoir public a été un laxiste sur les bords. Les mesures auraient dues être apportées très tôt car les signaux précoces justifiaient une intervention drastique qui n’est venue que tardivement. Ceci fait qu’il subsiste un risque résiduel important jusqu’à nos jours. Les recommandations de 1994 auraient dues être prises en compte et déclinées pour aborder le problème et tenter de le résoudre. Nous aurions préconisé l’information et la sensibilisation de la population, l’implication de toutes les parties intéressées aux recherches avec un rendu explicatif des résultats, la décontamination et/ou destruction des habitats à risque et le relogement des individus concernés, la prise en charge des malades et la surveillance de tout indicateur de risque

Notes

[1] mesures suggérées par un médecin exerçant en Nouvelle Calédonie à l’époque

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