De la santé à la santé environnementale

Les participants de cette conférence s’engagent :

- à intervenir dans le domaine des politiques publiques saines et à plaider en faveur d’un engagement politique clair en ce qui concerne la santé et l’égalité dans tous les secteurs ;
- à contrer les pressions exercées en faveur des produits dangereux, des milieux et conditions de vie malsains ou d’une nutrition inadéquate ; ils s’engagent également à attirer l’attention sur les questions de santé publique telles que la pollution, les risques professionnels, le logement et les peuplements ;
- à combler les écarts de niveau de santé dans les sociétés et à lutter contre les inégalités produites dans ce domaine par les règles et pratiques des sociétés ;
- à reconnaître que les individus constituent la principale ressource sanitaire, à les soutenir et à leur donner les moyens de demeurer en bonne santé, eux, leurs familles et leurs amis ; ils s’engagent également à accepter la communauté comme le principal porte-parole en matière de santé, de conditions de vie et de bien-être ;
- à réorienter les services de santé et leurs ressources au profit de la promotion de la santé, et à partager leur pouvoir avec d’autres secteurs, d’autres disciplines et, ce qui est encore plus important, avec la population elle-même ;
- à reconnaître que la santé et son maintien constituent un investissement social majeur, et à traiter la question écologique globale que représentent nos modes de vie.

La santé est influencée par des déterminants socio-économiques, elle est aussi source de progrès social et individuel. Si nous insistons ici sur l’influence de l’environnement, il ne faut pas oublier que les facteurs politiques, économiques, sociaux, culturels, comportementaux et biologiques (en plus des facteurs environnementaux) peuvent tous intervenir en faveur ou au détriment de la santé. Deux conséquences découlent de ce constat :
- Le secteur sanitaire ne saurait offrir à lui tout seul les conditions idéales pour une meilleure santé ;
- Des marges de progrès du point de vue sanitaire peuvent se trouver dans toute une série d’interventions publiques (différentes politiques), en tant qu’effets plus ou moins indirectes.

Bien entendu, il ne faut pas négliger le fait que les personnes ne pourront réaliser leur potentiel de santé optimal s’ils ne prennent pas en charge les éléments qui déterminent leur état de santé. D’ailleurs, cet aspect fonctionne dans les deux sens : le comportement des uns peut être un facteur négatif pour les autres. Ceci signifie que la santé peut aussi devenir un enjeu de gouvernance et ne devrait pas reposer sur la seule action publique (aspects discutés aussi dans le cours sur la santé et le développement durable).

De cette façon, nous voyons que la santé environnementale s’étend bien au delà du domaine couvert par la santé publique, bien que des courants actuels ont tendance à prendre en compte des déterminants sociaux ou psychosociaux, en plus des aspects directement biologiques.

Parmi les textes offrant la vision la plus claire sur la promotion de la santé qui insiste sur les interventions sur les milieux de vie, citons la charte d’Ottawa, qui date de 1986. La citation suivante l’exprime clairement : “L’évaluation systématique des effets du milieu sur la santé, et plus particulièrement dans les domaines de la technologie, de l’énergie et de l’urbanisation, qui évoluent rapidement - est indispensable ; de plus, elle doit être suivie d’une intervention garantissant le caractère positif de ces effets. La protection des milieux naturels et artificiels et la conservation des ressources naturelles doivent recevoir une attention majeure dans toute stratégie de promotion de la santé.” Dans l’encadré, figurent aussi les engagements des signataires de la charte.

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