Les événements catastrophiques et leurs incidences politiques et réglementaires

Les événements catastrophiques se caractérisent, par définition, par des conséquences considérables en un laps de temps court. Ils marquent les esprits et conduisent à une prise de conscience qui souvent marquent des points de rupture dans les pratiques, en particulier de l’action publique. Parmi les événements catastrophiques qui ont marqué l’histoire, nous avons sélectionné deux, de nature différente. Le premier est dû à une conjonction entre l’activité humaine et un phénomène naturel, le second est de nature accidentelle.

Si nous essayons de retracer l’historique de la prise de conscience de l’influence de la pollution atmosphérique sur notre santé, il y a nul doute une date marquante. Pendant le début du mois de décembre 1952, à Londres, le grand froid a provoqué une surconsommation de charbon pour le chauffage des maisons, avec comme résultat l’émanation de fumées denses. L’accumulation exceptionnelle des polluants a été facilitée par un phénomène d’inversion des températures. Les habitants de Londres, habitués aux brouillards épais, ne se méfièrent guère et ont continué à sortir normalement. L’épisode connu comme le Grand smog n’a duré que 4 jours, du 5 au 9 décembre, mais il fit rapidement 12000 victimes. L’épisode du Grand smog a révélé l’importance des impacts sanitaires de la pollution atmosphérique, au moins pour un certain type de polluants associés à la combustion du charbon. Dès 1956, une première loi sur la qualité de l’air fut promulguée en Angleterre, marquant la naissance d’un mouvement de protection de la qualité de l’air. Plusieurs pays ont par la suite adopté des textes de loi analogues, aux Etats-Unis (1970) et en Europe (dans les années 70).

La catastrophe de Seveso intervient le 10 juillet 1976. Un nuage contenant de la dioxine s’échappe d’un réacteur de l’usine chimique Icmesa, située dans la commune de Meda, et se répand sur la plaine lombarde (Italie). Quatre communes, dont Seveso, sont touchées. Plus de 37000 personnes subiront les causes de cet accident. Bien que n’ayant pas causé de morts directes, l’accident de Seveso a fait naître un débat important sur les risques provoqués par les dioxines, mais aussi sur la réglementation en matière de prévention des risques technologiques (directives européennes "Seveso" et "Seveso2"). Sur le plan écologique, la catastrophe est tangible : outre les 3 300 animaux domestiques morts intoxiqués, il faut abattre près de 70 000 têtes de bétail. Par ailleurs, les sols agricoles et les maisons nécessiteront de lourds travaux de décontamination. Cet accident industriel est dû à la surchauffe d’un réacteur fabricant du 2,4,5-trichlorophénol qui a libéré un nuage toxique contenant plusieurs produits mal identifiés sur le moment. On a d’abord pensé qu’il s’agissait seulement de 1,2,4,5-tétrachlorobenzène et de polyéthylène glycol, les réactifs de départ. C’est seulement au bout de quatre jours, quand apparurent les premiers cas de chloracné, que les laboratoires Hoffmann-Laroche identifièrent l’agent responsable, le 2,3,7,8-TCDD, produit plus connu sous le nom de dioxine de Seveso, dont 1 à 5 kg ont été dispersés.

Portfolio

SPIP  Mise à jour : le 14 octobre 2019 | Chartes | Mentions légales | A propos