La part attribuable à l’environnement d’une pathologie à l’autre

Nous avons précédemment défini, de façon générale, ce que constitue l’environnement par rapport à l’individu. La façon la plus simple d’estimer la part environnementale d’une pathologie consiste à rechercher quels sont les déterminants environnementaux susceptibles d’être modifiés par des actions de santé publique réalistes et des technologies disponibles. Il peut s’agir de n’importe quel facteur physique, chimique ou biologique, ayant un impact direct sur la santé ou qui favorise des comportements délétères (manque d’exercice physique par exemple). La méthode qui sera mise en œuvre est de type “analyse comparative des risques”. Chaque estimation sera exprimée en DALY’s, ce qui permet de comparer le poids global d’une pathologie par rapport à une autre et pour chaque pathologie la part environnementale. C’est cette démarche qu’utilise l’OMS dans ses rapports mondiaux sur la santé (World health reports). Ce type de présentation “standardisée” a l’avantage supplémentaire de contribuer à l’élaboration et l’évaluation des politiques au delà de la santé : par exemple celles de l’eau potable, de l’aménagement, des transports, dont les choix peuvent avoir des conséquences sanitaires.

La figure ci-contre présentent les résultats issus du rapport de 2004 pour les 24 pathologies ayant les parts environnementales les plus élévées. Remarquons tout d’abord que, selon la philosophie de l’OMS, les accidents sont considérés avec les pathologies. D’ailleurs, contrairement à ce qui serait supposé intuitivement, les accidents et traumatismes divers ne sont pas imputables à 100% à des facteurs environnementaux. Les explications dépassent le cadre de ce cours. Des différences intéressantes apparaissent sur le graphique. Ainsi, pour des maladies infectieuses, la part environnementale est très forte pour les diahrrées et considérablement moindre pour le SIDA, avec toute une série de situations intermédiaires pour les infections respiratoires, la malaria ou la filariose. Ces différences traduisent l’importance des facteurs liés à l’hôte, en particulier le système immunitaire. Remarquons aussi que la seule pathologie 100% environnementale concerne les conséquences des intoxications au plomb (retards mentaux), alors que la part environnementale des cancers du poumon ne dépasse pas 25%. Dans l’ensemble, l’OMS estime que 23-24% de la charge globale de la maladie est imputable à l’environnement. La proportion est considérablement augmentée (de l’ordre de 36%) pour les enfants, de 0 à 14 ans.

Les relations de causalité entre les facteurs environnementaux et les pathologies sont parfois particulièrement complexes. Il est néanmoins possible d’obtenir des estimations valables de façon indirecte : par exemple la malnutrition associée à des infections transmises par l’eau (qualité de l’eau potable). Il en est de même pour les choix d’aménagement et l’activité physique. Dans d’autres cas, la charge de la maladie est facilement mesurable, sans que l’on puisse établir de lien de causalité. L’exemple notable concerne les impacts des écosystèmes dégradés qui ne sont généralement pas quantifiables et donc pas pris en compte.

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Quelle part pour l'environnement ?
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