Une problématique à entrées multiples

Du fait de la multiplicité et de l’intrication des sujets susceptibles de relever de la problématique santé-environnement, plusieurs entrées et grilles de lectures sont possibles :
- celle par les vecteurs et milieux naturels : l’eau, l’air, les sols et l’alimentation ;
- celle par les produits et expositions potentiellement dangereux : les substances chimiques, les rayonnements ionisants et non-ionisants, le bruit, les déchets, etc ;
- celle par les secteurs d’activités : les transports, l’énergie, l’industrie, l’agriculture, le tourisme ;
- celle par le lieu d’occurrence : milieux domestique, professionnel, rural, urbain ;
- celle par les groupes vulnérables : les enfants, les personnes âgées.

Pour chacune de ces différentes entrées - auxquelles il faudrait encore ajouter la thématique changements globaux, ou celles plus horizontales ou méthodologiques comme l’analyse de risques et le principe de précaution- des agences et institutions internationales ou nationales ont mis en place des sources d’information spécifiques consultables par internet. Ces différentes classifications témoignent, en raison des multiples recoupements possibles, d’une certaine difficulté à appréhender de manière lisible et structurée cette problématique transversale (sauf à considérer qu’elle correspond davantage à des préoccupations scientifiques et médiatiques qu’à un véritable enjeu de politique publique).

Cette difficulté est d’ailleurs reflétée, au-delà des différences de cultures administratives, par la diversité des structurations institutionnelles dont cette problématique santé-environnement fait l’objet dans les pays développés. Les dispositifs institutionnels sont marqués plus souvent par une dispersion des fonctions et des responsabilités plutôt que par leur centralisation poussée comme c’est le cas aux Pays-Bas [1].

Force est de constater à ce stade combien les frontières de la santé environnementale sont floues. La terminologie utilisée est source de confusion et les approches employées pour identifier et délimiter la part environnementale des problèmes de santé nécessitent d’être clairement explicitées et justifiées. Enfin, tant la diversité des points d’entrées sur cette problématique, que celle des dispositifs institutionnels chargés de la traiter et leur éclatement témoignent de la difficulté à disposer d’une vision d’ensemble de la situation et de ses enjeux réels.

Notes

[1] RIVM dont la traduction serait Institut national de santé publique et de l’environnement

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