Santé environnementale : articuler des relations

Les déterminants de la santé, qu’ils soient exogènes - comme la qualité de l’environnement physique, chimique et biologique, ou encore le mode de vie ou l’environnement social -, ou endogènes - comme les facteurs génétiques ou ceux acquis au cours de la vie, par exemple l’âge ou l’immunité -, sont multiples et interactifs. La combinaison de ces déterminants explique par exemple que les réactions à une même exposition (de substance toxique, de rayonnement, etc.) puisse varier énormément d’un individu à un autre. Ces effets peuvent de surcroît se manifester à court ou à long terme, et donc être facilement détectables ou au contraire nécessiter des investigations extrêmement lourdes. Ces déterminants sont influencés par les politiques de santé, l’ensemble s’inscrivant dans une dynamique globale liée à l’évolution de la démographie, de l’économie, des technologies, du contexte socioculturel, etc. Une schématisation globale de ces relations et interactions élaborée par l’Institut national de santé publique et de l’environnement néerlandais (RIVM) est présentée plus loin.

Le corollaire de cette complexité tient à une double difficulté :
- D’une part, celle à isoler les liens de causalité directe entre une exposition et une maladie : si ces liens sont désormais clairement reconnus (quoique très tardivement) entre l’exposition à l’amiante et le mésothéliome, l’incidence de certains pesticides ou produits chimiques sur certaines formes de cancers et sur les troubles de la reproduction demeure difficile à préciser.
- D’autre part, celle à déterminer la part de risque environnemental attribuable à un problème de santé (voir aussi. A peu près toutes les maladies ont des causes multiples (exogènes et endogènes), les facteurs environnementaux constituant l’une d’entre elles. La plupart des facteurs de risques environnementaux importants ne créent pas directement de nouvelles maladies mais contribuent surtout à l’aggravation de certains symptômes et donc à augmenter le nombre de celles qui existent déjà : c’est le cas par exemple des maladies respiratoires et cardio-vasculaires résultant de la pollution de l’air. Cette analyse est illustrée à partir du schéma d’un iceberg (voir schéma ci-contre) dont la pointe émergée correspond à l’impact sanitaire visible des facteurs de risques sur la santé résultant d’expositions multiples symbolisées quant à elles par le fluide dans lequel baigne l’iceberg. La partie immergée de l’iceberg correspond à des dommages et troubles sanitaires plus ou moins latents qui ne sont éventuellement détectables qu’avec des investigations spécifiques.

Deux paramètres clés (et interdépendants) sont susceptibles d’affecter l’estimation de la part environnementale du risque sanitaire : celle de la durée de la période considérée et celle du niveau de référence environnemental (environmental baseline). Opter pour une période trop courte reviendrait par exemple à exclure l’influence du changement climatique sur la santé. D’autre part, si l’on peut admettre que le niveau d’exposition souhaitable est parfois nul en matière de produits chimiques synthétiques, ce ne peut être le cas lorsque l’on traite par exemple des rayonnements ionisants ou des particules atmosphériques. Smith et al mentionnent par ailleurs que la variation du taux d’une même maladie selon différentes régions du monde constitue un moyen efficace pour révéler la composante environnementale de certaines maladies, et ce en dépit de la part des facteurs génétiques et comportementaux.

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