Santé environnementale : un concept protéiforme

La notion d’environnement rapportée à la santé peut varier selon que l’on adopte un point de vue médical, social, biologique, économique, etc. D’un strict point de vue médical et en référence à une citation d’Einstein « environment is everything that isn’t me », les facteurs environnementaux à l’origine des maladies sont tous ceux qui ne sont pas génétiques. On pourrait d’ailleurs nuancer cette assertion, dans la mesure où, si l’on raisonne sur un pas de temps suffisamment long, on peut considérer que le patrimoine génétique actuel est influencé par les conditions environnementales passées du fait des mutations, de la sélection naturelle, i.e. plus globalement du processus d’évolution.

Une approche courante écarte de la catégorie environnementale ce qui relève de l’exposition volontaire et du comportement individuel, comme par exemple le tabagisme actif, la consommation d’alcool ou les comportements alimentaires. Mais on pourrait aussi considérer pour ces exemples que l’environnement social et l’aspect culturel des modèles de consommation surdéterminent l’initiative individuelle.

Une vision économique pourrait consister à ne considérer comme environnementaux que les effets d’externalités des activités humaines, mais cela aboutirait par exemple à exclure la pollution de l’air intérieur des facteurs environnementaux. Plus globalement et dans une perspective de développement durable, on peut aussi considérer l’environnement non seulement sous l’angle physique et biologique comme un facteur de risques pour la santé et pour le développement des maladies, mais aussi, sous l’angle économique, comme élément d’un capital naturel dont la santé constituerait l’une des formes de revenus.

La définition de la santé environnementale retenue par l’OMS s’inscrit en fait dans une approche traditionnelle de santé publique qui vise à identifier et à réduire tous les risques qui pèsent sur la santé, sans considération particulière sur leur localisation, ni sur qui en porte la responsabilité. Melse & de Hollander [1] proposent pour leur part de ne traiter dans leur document que les effets de santé environnementale qui ont des conséquences significatives sur la morbidité, la mortalité et les aspects sanitaires de la qualité de la vie, à l’exclusion de la santé et de la sécurité au travail (contrairement par exemple à ce qui découle de la définition de l’OMS), et des facteurs de comportements individuels (comme le tabagisme et les comportements alimentaires).

Notes

[1] La publication est accessible dans l’espace documentation

SPIP  Mise à jour : le 18 octobre 2019 | Chartes | Mentions légales | A propos