Quantifier la santé humaine

La définition de l’OMS adoptée en 1946 indique que « la santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie et d’infirmité ». Cette approche globale a le mérite d’intégrer les composantes sociales et psychologiques de la santé, mais il est à l’évidence difficile de préciser les caractéristiques objectives d’un état de complet bien-être. A l’inverse, définir la santé par défaut, à savoir l’absence de maladie diagnostiquée, traduit une vision réductrice de la santé selon le mode : tant que l’on n’est pas malade, on est en bonne santé. Dans la pratique, c’est cette dernière approche qui prévaut le plus souvent, puisque l’évolution de l’état sanitaire des populations est principalement fondée sur les mesures de mortalité et de morbidité (ou de consommation de soins et de services de santé).

Plus pragmatiquement, chacun reconnaît que la santé est influencée par de nombreux déterminants indépendants : des facteurs individuels génétiques (hérédité) et biologiques (vieillissement), sociaux-économiques (activité professionnelle, revenus, logement, etc) et culturels ; des facteurs environnementaux (chimiques, physiques biologiques) ; des facteurs comportementaux (nutrition, activité physique, tabagisme, etc) ; l’accessibilité et la qualité des des services de santé, etc. La combinaison de ces déterminants explique par exemple que les réactions à une même exposition (de substance toxique, de rayonnement, etc) puissent varier énormément d’un individu à un autre.

En pratique, on se trouve de fait confronté à une double limite : celle liée à la qualité et à la disponibilité des statistiques sanitaires d’une part, et celle résultant des difficultés à caractériser certains troubles et à les faire reconnaître comme problèmes de santé (comme par exemple les troubles de comportements liés à des pollutions sonores ou les effets du stress associés à la perception de certains risques). La prise en compte de critères de qualité de la vie dans les processus d’évaluation et d’analyse de risques, ainsi que leur traduction au plan sanitaire font toujours l’objet de débats scientifiques.

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