L’effet imposex

Les organismes les plus sensibles à la contamination par le TBT [1] sont les gastéropodes (groupe de mollusques comprenant les escargots, les patelles, les buccins et les conques), qui subissent des transformations morphologiques quand ils sont exposés à des concentrations de TBT de 1-2 ng/L dans l’eau ou quand les concentrations de TBT dans les tissus animaux atteignent 20 parties par milliard en poids sec. L’effet « imposex » est l’imposition et le développement de structures reproductrices mâles, tels le pénis et le canal déférent, chez les buccins femelles. On a constaté que plus de 40 espèces sont touchées par l’effet « imposex », bien que l’influence directe du TBT n’ait pas été établie dans tous les cas.

L’effet « imposex » entraîne une diminution des populations de gastropodes à cause de la réduction du nombre de femelles fertiles. Du fait des relations écologiques, d’autres espèces sont également touchées. Ainsi, les gastéropodes connaissent une mue périodique qui a pour but d’assurer leur croissance par la constitution d’une nouvelle peau. Après la mue, ils laissent derrière une coquille vide, que les bernard-l’hermite colonisent ensuite. En conséquence, les effectifs de cette espèce diminuent en même temps que ceux des gastéropodes.

L’effet « imposex » est très répandu chez les buccins du détroit de Georgia et au large de l’île de Vancouver. Des relevés effectués depuis 1987 révèlent que cet effet a une incidence de 100 % dans les eaux entourant Victoria et que les populations touchées s’amenuisent. Dans le bras de mer Burrard (port de Vancouver), des populations entières semblent avoir été éradiquées. Même dans les eaux de la Colombie-Britannique où la circulation nautique est très peu dense, le TBT a produit l’effet « imposex ». Toutefois, d’après les résultats du plus récent relevé (1993), l’incidence de l’effet « imposex » dans ces eaux a diminué.

Notes

[1] tributylétain

Plan du cours

SPIP  Mise à jour : le 14 octobre 2019 | Chartes | Mentions légales | A propos