disparités des résultats dans l’estimation de la valeur de la vie humaine_rapport parlementaire_question 1_TD2

Selon la méthode utilisée, il existe une « différence considérable entre le résultat calculé par la méthode des coûts et pertes de production bruts et celui obtenu par la disponibilité à payer ».

Voir également l’article de Lannoie-Latour (« valeur statistique de la vie humaine, p.96) :« les études (...) de type risque-salaire (...) estiment le supplément de salaire associé à un plus grand risque de décès au travail. Ce supplément est déduit en faisant une régression entre le salaire et le risque de décès. L’analyse par régression est utilisée afin d’estimer aussi les facteurs autres que le risque pouvant influer sur le salaire. Ce supplément traduit l’arbitrage entre richesse et risque. L’approche du risque par les salaires repose sur plusieurs hypothèses. Elle suppose tout d’abord que les travailleurs ont une information correcte, fiable sur le risque associé à différents emplois. Si les travailleurs n’ont pas une information correcte, cela conduit à mener l’analyse avec un risque perçu, et les travailleurs font alors reposer leur demande de salaire là-dessus. Deuxièmement elle suppose que les travailleurs peuvent changer facilement et librement de travail. Sinon, les travailleurs sont contraints d’accepter un supplément de salaire plus faible que leur choix optimal, et cela peut conduire à un biais plus en aval dans l’estimation de la valeur de la vie statistique. Les études sur le marché des consommateurs examinent les arbitrages que font les individus entre richesse et risque tous les jours dans leurs décisions de consommation. L’avantage majeur des approches du risque par le salaire ou sur les marchés de consommation est qu’elles sont basées sur le comportement réel. Il est nécessaire en revanche que les travailleurs et consommateurs aient une information correcte sur le risque associé à certains emplois et activités de consommation, ce qui n’est pas toujours le cas. (...) l’approche du risque par le salaire est limitée aux salariés ». Il y a donc beaucoup d’hypothèses à respecter, mais, surtout, seule la population salariées est évaluée. On ne prend pas en compte les retraités, sachant, qu’en plus, leur espérance de vie restant à vivre est en moyenne inférieure à celle de la moyenne des salariés. On ne prend pas en compte les bébés, enfants, adolescents, étudiants, dont, cette fois, l’espérance de vie restant à vivre, et donc, pourtant, d’accumulation des salaires à venir, est en moyenne inférieure à celle de la moyenne des salariés.

Cette raison explique, en grande partie, la différence observée pour la valeur statistique de la vie humaine aux Etats-Unis selon le type de méthode : seulement 441 millions d’Ecu, résultat issu d’une étude menée en utilisant les coûts et pertes de production brute, contre 2350 millions d’Ecu (soit environ 5,5 fois plus), résultat issu cette fois d’une étude en termes de disponibilité à payer (méthode contingente).

Enfin, et ceci est lié à ce qu’on vient d’exprimer, comme le soulignent Lannoie et Latour, « les réponses des individus sont basées sur une situation hypothétique et non réelle. Les réponses dans une situation hypothétique diffèrent de celles d’une situation réelle. ». En substance, on sera toujours disposés à payer plus quand on pose la question et que cela reste une éventualité (c’est une « promesse de don ») que lorsqu’on est amené à effectivement payer (faire un « don »), cf. la différence, chaque année, qu’il existe entre la somme qui correspond aux promesses de don à la fin du week-end du Téléthon, et la somme qui sera réellement versées aux organisateurs du Téléthon, généralement inférieures aux promesses... !

Dans le tableau (p.353) : « Estimations institutionnelles de la valeur statistique de la vie humaine », pour quelle raison d’ordre méthodologique existe-t-il de telles disparités dans les résultats ?

Explicitez.

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