Usines d’incinération d’ordures ménagères : risques et acceptabilité

Il n’y a pas de corrigé type pour cette note de synthèse. Un bilan sera fait à la fin du cycle, avec un compte-rendu commenté qui sera mis en ligne.

Les différentes ressources qui vous sont offertes dans le cadre de ce TD constituent un ensemble disparate. Elles sont néanmoins représentatives d’un domaine parfois conflictuel, comme en témoignent les péripéties du dossier du projet d’incinérateur à Fos s/mer.

Vous avez aussi sûremment connaissance d’autres conflits analogues. Par ailleurs, dans la présentation des données scientifiques de l’équipe de Besançon, il est mentionnée les difficultés méthodologiques pour établir de façon indiscutable le lien entre exposition et cancers (en particulier relatives à la modélisation).

Essayez de tirer des conclusions sur ces différences (en quelques lignes-une page maximum), en particulier entre la référence au syndrome NIMBY et les résultats de l’enquête de la D4E. Bien entendu, il faut tenir compte des articles sur l’incinérateur de Besançon et du document de l’InVS qui offre une présentation assez complète du problème des dioxines.

37 Messages de forum

  • On peut caractériser les différences de problématique entre les cas présentés de la manière suivante :
    - à Besançon, un incinérateur existant, peut-être ancien et donc éventuellement plus polluant, dont les impacts sanitaires sont mis en évidence (au moins sur une partie de la zone testée, où le modèle des retombées a été validé), aucune précision n’étant donnée sur son acceptation par les riverains ;
    - à Fos-sur-Mer, un projet d’UIOM, dans une zone déja soumise à des niveaux de pollution élevés, où une forte mobilisation des riverains contre le projet, soutenue par les élus locaux, a pris une dimension politico-judiciaire,
    - l’enquête menée par le Ministère de l’environnement, dans une zone décrite comme "péri-urbaine et peu conflictuelle", révèle que la présence d’un incinérateur, performant en terme de maîtrise des rejets polluants, est plutôt bien accepté par les riverains.

    Le syndrome NIMBY semble donc s’exprimer essentiellement dans un contexte de projet d’implantation, une structure déja existante semblant mieux tolérée avec le temps. Plusieurs remarques peuvent tempérer ces conclusions :
    - l’enquête de la D4E ne prend en compte que l’avis des gens résidant toujours autour de l’incinérateur, certains riverains ayant pu choisir de quitter cette zone, entrainant ainsi une possible décote immobilière qu’il est important de mesurer dans le cadre d’une évaluation des coûts engendrés par la présence de l’incinérateur,
    - il aurait été intéressant de mener le même genre d’enquête (type D4E) à Fos-sur-Mer, pour préciser le degré de connaissances des nuisances potentielles par les opposants,
    - on peut faire le parallèle entre la situation à Fos-sur-Mer et celle de Champlan, où, dans une zone déja fortement dotée en installations polluantes, un projet de plus peut faire "déborder le vase",
    - la perception plutôt favorable telle qu’elle est décrite dans l’enquête de la D4E serait probablement altérée si les impacts sanitaires mis en évidence par les scientifiques à Besançon étaient confirmés et portés à la connaissance du grand public.

  • Ce TD propose un travail de réflexion sur l’impact des incinérateurs d’ordures ménagères, leur acceptabilité sociale en distinguant le cas de l’implantation d’un nouvel équipement par rapport à l’acceptation qu’ont les riverains d’une installation déjà construite, et la problématique de la toxicité des dioxines.

    Le thème des déchets est particulièrement sensible dans nos sociétés de consommation effrénée : il représente un aspect incontournable, la conséquence de nombreux actes quotidiens, mais que beaucoup de personnes ne veulent pas voir. Le syndrome du NIMBY (not in my back yard) s’exprime pleinement à ce sujet. En effet, si tous s’accordent à dire qu’il est important de traiter les déchets (ex : Entressen), personne n’a envie d’avoir une installation derrière chez soi (ex Fos sur Mer)... l’image des déchets c’est ce que l’on ne veut plus, qui ne sert plus, qui est sale... les déchets dévalorisent notre cadre de vie.

    Force est de constater que pour la majorité des nouveaux projets, le choix de l’implantation est davantage dû aux aspects politiques et économiques qu’aux considérations sanitaires et sociales, et que le syndrome du nimby existe également chez les décideurs. Cela peut parfois être à l’origine d’injustices environnementales.

    Les incinérateurs sont accusés de poser des problèmes en terme de qualité du paysage, car l’impact visuel notamment quand il y a des fumées est important (ex : Ivry) bien que sur les nouveaux équipements il soit particulièrement soigné (ex : Issy les Moulineau). Cependant, ils engendrent immanquablement du trafic, éventuellement des odeurs, et des rejets dont on ne connaît pas bien les conséquences.

    Pourtant, un incinérateur aux normes peut ne pas représenter beaucoup de nuisances (cf étude économique de la D4E) voire même être bénéfique pour les populations voisines (chauffage urbain). L’acceptation d’un équipement déjà construit est un choix de vie pour les riverains (ceux qui ne supportent pas l’incinérateur sont partis, ceux qui s’installent vivent avec), et les études sur les riverains peuvent donc être biaisées car seuls restent ceux qui ont une sensibilité moindre... A Entressen, la décharge ouverte est une aberration environnementale et l’incinérateur une solution. Cependant, dans ce secteur déjà lourdement industrialisé, les populations ne souhaitent pas l’implantation de ce nouvel équipement, ne percevant que les aspects négatifs pour leur commune.

    Dans ce type de situation (implantation d’un nouvel équipement), les populations avancent souvent en premier lieu l’aspect sanitaire. Pour les incinérateurs, on pense immédiatement aux dioxines et à Gilly sur Isère… mais l’impact des faibles doses pour les dioxines est encore peu documenté, et finalement les « experts » ne peuvent que donner quelques recommandations de bon sens dans certains cas très particuliers, comme à Besançon (voir le document questions /réponses de l’InVS et de l’AFSSA).

    Mais ailleurs, de quelle information disposent les « riverains » (ou plutôt les personnes sous le panache de la grosse centaine d’incinérateurs en fonction en France) ? Et pour les populations qui habitent dans la zone de rejet d’anciens incinérateurs aujourd’hui fermés ? Certes il existe des Commissions Locales d’Informations (CLI) et des enquêtes publiques… mais l’on peut s’interroger sur l’efficacité d’un tel système de communication.

  • Les différentes informations apportées par les articles de ce TD font apparaitre un certain nombre de paramètres :

    - le syndrome NIMBY indique un refus de voir s’installer une UIOM à proximité de chez soi. Une méconnaissance des nuisances générées par ces usines peut expliquer ce syndrôme car l’on peut voir aisément dans le rapport de la D4E que la population riveraine des UIOM semble relativement sereine par rapport à ces nuisances qu’elle côtoient tous les jours. On peut en conclure que plus la population sera "éloignée" des usines d’incinération et plus elle craindra de les voir se rapprocher. D’où l’importance capitale de la communication fiable et transparente sur les nuisances générées par ces structures et leurs potentiels effets sur la santé pour gagner la confiance de futurs riverains.

    - Venons-en justement à cette communication et à ces effets. On met le doigt sur les difficultés d’avoir des informations fiables, on a pu voir les difficultés de modélisation dans l’article de Besançon. Comment faire passer une information sereine quand on sait que les études épidémiologiques, toxicologiques, les modélisation de diffusion... sont cernées par un certain nombre d’incertitudes. Les modélisations nécessitent d’être vérifiées, les études épidémiologiques sont peu nombreuses et les extrapolations toxicologiques sont parfois difficiles... compliqué donc de trouver des informations scientifiquement fiables et "présentables" à d’une population paniquée par la méconnaissance du sujet.

    - Vient se greffer le problème politique. Le syndrome du NIMBY est souvent complété par celui du NIMEY ("pas l’année de mon élection"). Certains acteurs politiques auront du mal à approuver une décision - parfois pourtant nécessaire à une gestion de déchets ménagers de plus en plus compliquée- qui ne recueille pas un avis positif de la population, de peur de ternir une image politique et de diminuer leurs chances de continuer leurs vies politiques. D’où des combats politiques où on perd parfois de vue les réels enjeux de l’implantation d’une UIOM, en terme de protection de l’environnement (faciliter ou débloquer une gestion de déchets ménagers saturée) et en terme de protection des populations (entendre et répondre aux inquiétudes légitimes d’une population face à l’implantation d’une structure industrielle lourde et productrice d’un certains nombre de nuisances).

  • Les résultats de l’enquête de la direction des études économiques et de l’évaluation environnemental D4E, montre qu’avec la mise en application des nouvelles directives européennes, les riverains acceptent de plus en plus les UIOM et trouvent même d’ailleurs que les incinérateurs peuvent générer des avantages. Ils sont par conséquent plus enclin à refuser une compensation pour les nuisances , refusent de financer la fermeture d’une UIOM et/ou accepter un dédommagement pour une installation d’incinérateur à proximité de leur maison. Par contre, les personnes âgées de plus de 50ans soit des personnes qui ont connu ou ont eu des échos de la catastrophe de Seveso sont les plus réticentes à une installation d’une UIOM et sont les plus sujettes au syndrome NIMBY. Les anti-incinérateurs du projet incinérateur à Fos s/mer sont beaucoup plus inquiètes du fait de la qualité de l’air atmosphérique dont les études ont démontré que la qualité est parfois en deçà des normes européennes.

  • Usines d’incinération d’ordures ménagères : risques et acceptabilité 28 mai 2010 12:07, par Andrianomenjanahary Fenosoa

    La France est le pays qui compte le plus d’usine d’incinération d’ordures ménagères. Ces usines sont en général les principales sources d’émissions de dioxines résultant principalement des procédés faisant intervenir de fortes températures. La mise en place d’une usine d’incinération d’ordures ménagères est souvent l’apanage du pouvoir publique dans le cadre d’une mise en place de PLU. Ce dernier peut être contesté par la population locale comme le cas du projet d’installation d’incinérateur à Fos s/mer. La mauvaise image que portent les usines d’incinérations d’ordures ménagères reste toujours encrée dans le point de vue de la population. Cette image s’explique par les risques que peuvent engendrées l’incinérateur surtout au niveau sanitaire. Les études rétrospectives menées par les équipes de Besançon suite au développement de la maladie de lymphome malin non hodgkinien en témoignent l’image des incinérateurs. De ce fait, le syndrome de NIMBY résume l’mage négative que portent les UIOM or si l’on considère une indemnisation de la population par rapport à la présence d’une UIOM, l’image peut changer En résumé, entre risque et acceptabilité de la mise en place d’un incinérateur, les questions coûts et avantages entrent toujours en relation pour définir l’image que rapporte l’incinérateur au niveau de la population.

  • Une source majeure de pollution émise par les usines d’incinération d’ordures ménagères (UIOM) est l’émission de dioxines. Celles-ci sont émises lors de la combustion des déchets et libérées dans l’atmosphère avec les fumées. Elles peuvent donc être transportées sur de longues distances, avant de retomber sur les sols. Après leur dépôt, elles restent essentiellement accumulées dans les 10 premiers centimètres des sols. Leur élimination est lente puisque leur demi-vie est supérieure à 10 ans. Lors des cultures, peu de dioxine sont transférée du sol vers les végétaux. Les principales voies de contaminations de l’homme sont liées au dépôt atmosphérique sur les végétaux et via la chaine alimentaire lorsque l’usine est encore en activité soit, sur du long terme, par les végétaux souillés par la terre. Les dioxines étant lipophiles l’accumulation se fait principalement dans le lait. Les émissions totales de dioxines ont été réduites par 4 ces dernières années. De nombreux incinérateurs ont été mis aux normes en traitant les fumées émises. Selon le rapport de l’INVS, dans l’état actuel des connaissances, les UIOM respectant les normes semblent avoir un impact très faible sur la santé. Cependant il n’existe pas de contrôle continu des émissions de dioxines à la sortie des incinérateurs. Même si le rapport indique que les études ne permettent pas de démontrer une association entre une exposition environnementale liée aux nouvelles générations d’incinérateurs et une pathologie, il met l’accent sur l’absence de contrôle permanent, surtout sur les petites installations, et sur les émissions d’autres polluants. Des travaux ont été menés sur les rejets de l’incinérateur de Besançon car une étude épidémiologique a révélée une augmentation significative des lymphomes non hodgkiniens à proximité de cet incinérateur. Une modélisation a été réalisée pour étudier la corrélation avec l’exposition liée à l’incinérateur. La modélisation de la diffusion du panache de la cheminée montre que le risque de développer le lymphome non hodgkiniens est plus élevé dans la zone la plus exposée confortant l’association entre la survenue des cancers et l’exposition environnementale. De même, la contamination des zones fortement exposées a été confortée par une teneur en dioxine beaucoup plus élevée dans des œufs provenant de la zone sous le panache de la fumée que dans des œufs provenant de la zone moins exposée. Ces études montrent la difficulté à mettre en liaison la survenue d’une pathologie et une exposition environnementale. On peut comprendre dans ce cas, les conflits qui opposent les partisans de l’incinération pour éliminer les déchets d’une agglomération comme ceux de la ville de Marseille par exemple et les riverains du projet d’incinération à Fos-sur-mer. L’analyse économique décrit bien le ressentiment des populations face à l’incinération. Le consentement à payer (CAP) est élevé pour déplacer un projet d’installation d’une nouvelle usine d’incinération loin de son domicile ce qui exprime bien le syndrome NIMBY (not in my back yard). En revanche le consentement à payer pour fermer un UIOM existant déjà à proximité est beaucoup plus faible. Cette étude révèle d’autres aspects de l’anxiété produite par les UIOM, à savoir que les habitants les plus éloignés pensent que l’UIOM génère plus de naissances que les personnes plus proches. De même ceux qui sont à proximité et qui connaissent bien l’incinérateur pensent qu’il est moins nocif pour la santé que les personnes éloignée qui le connaissent mal. En conclusion, Les UIOM ont par le passé conduit à des nuisances et à des pollutions en particulier par les dioxines ayant encore des effets sur du long terme. Même si la réglementation a conduit à une amélioration des émissions de dioxines, les UIOM ont mauvaise réputation et les riverains des projets d’installation sont souvent opposés au projet. Avec la difficulté à mettre en évidence l’impact environnementale des dioxines, l’inquiétude peut aussi porter sur un mauvais contrôle des incinérateurs générant des accidents ou encore sur la contamination par d’autres polluants.

  • Les grandes conclusions qui se dégagent des différentes études de cas sont les suivantes :

    - Dans toute étude il est important d’associer les cibles primaires que sont les riverains des sites à toutes les phases du processus d’étude.

    - Qu’une plate forme de dialogue permanent sous développer afin de donner des reponses aux préoccupations des riverains des sites incriminés.

    - Que le protocole de recherche prenne en compte les les préoccupations des populations riveraines.

    - Que l’effet cocktail des nuisance soit considérer afin de répondre aux inquiétudes des populations.

    - Les populations résidents près des sites perçoivent mieux les nuisances que celles qui habitent loin des structures incriminées(Syndromle de NIMBY.

  • Par le terme « dioxines », on désigne les polychlorodibenzo-p-dioxines (PCDD) et les polychlorodibenzofuranes (PCDF) qui appartiennent à la famille des hydrocarbures aromatiques polycycliques chlorés. Il existe un très grand nombre de formes chimiques (ou « congénères ») dont la plus toxique (la 2, 3, 7,8 TCDD, appelée également « dioxine Seveso »), est considérée depuis 1997 par le Centre International de Recherche contre le Cancer (OMS) comme une substance cancérigène pour l’homme. Les émissions de polychlorodibenzo-dioxines (PCDDs) résultent principalement d’activités industrielles, notamment de procédés faisant intervenir de fortes températures tels que l’incinération de déchets (ménagers, industriels, médicaux), la production de chaleur, les procédés métallurgiques. Elles sont également présentes dans les foyers, la fumée et les suies des cheminées résidentielles Bien que la 2, 3, 7,8-TCDD a été reconnue comme cancérigène, l’implication des PCDD en tant que facteur causal dans le développement de cancers bien définis reste toujours controversée .l’accident de Seveso a mis les dioxines sur le devant de la scène. Des travaux scientifiques ont été menés autour de l’usine d’incinération d’ordures ménagères de Besançon, confortant l’hypothèse d’une association entre l’exposition environnementale à la dioxine émise par l’activité ancienne de l’usine et la survenue d’une forme de cancer du système lymphatique (lymphome malin non hodgkinien). Néanmoins la voie de contamination potentielle pour les riverains reste à ce jour inconnue. Une autre étude a été réalisée par la Direction des études économiques et de l’évaluation environnementale (D4E) du ministère chargé de l’environnement qui vient de publier une étude intitulée « Consentement local à payer et localisation d’un incinérateur. » Son objectif : évaluer les nuisances ressenties par la population du fait de l’existence d’un incinérateur. « Plus l’incinérateur est loin et moins les gens le connaissent, et surestime l’importance des nuisances. »Et le syndrome du Nimby (« Not in my backyard ») -littéralement « pas dans mon jardin »- plane sur tout projet d’implantation d’une nouvelle UIOM (usine d’incinération d’ordure ménagère). L’évaluation économique montre l’importance, du point de vue économique, du syndrome NIMBY : on est prêt à payer bien davantage pour éviter de subir des nuisances, que pour supprimer des nuisances déjà subies. Les habitants de Fos-sur-Mer ont mené une bataille judiciaire contre les autorités locales pour s’opposer à l’installation d’un incinérateur d’ordure ménagère sur la zone industrialo-portuaire. Force est de constater aujourd’hui que tout nouveau projet d’implantation d’équipement se trouve confronté à des réactions fortes de la population et de ses élus, et ce en dépit des assurances de conformité aux normes les plus exigeantes en la matière. .

  • L’exemple de l’étude sur l’incinérateur de Besançon montre la difficulté à valider le modèle de dispersion des polluants mis en oeuvre pour la zone Sud Ouest : si l’on confronte le modèle aux mesures, cela ne correspond pas, à la différence de la zone Nord-Est. Il est donc difficile d’établir clairement et de façon fiable le lien entre l’exposition et les cas de cancers détectés dans cette zone. D’une façon générale, le lien entre la pollution dûe aux incinérateurs et les pathologies développées est difficile à établir.

    De plus, les incinérateurs ont énormément évolué en terme de technologies de traitement des fumées , de lavage des fumées, d’efficacité de combustion ce qui a pour conséquence que s’ils respectent es normes en vigueur, les incinérateurs actuels sont nettement moins polluants qu’il y a 20 ou 30 ans...

    Or des cas tels celui de Gilly sur Isère montrant une exposition aux dioxines, y compris dans le lait maternel par exemple, a alerté et inquiété la population. Les doses mesurées étaient bien supérieures aux doses en zones non exposées. On connaît la nocivité des dioxines, on a plus de mal à établir les doses dangereuses. Différents problèmes autour d’anciens incinérateurs ont contribué à ce qu’ils aient mauvaise presse. La conséquence est que la population se méfie des incinérateurs et leur attribue une certaine nocivité, elle perçoit un risque sanitaire. Il existe bien des cas de pathologies voire de malformations plus importantes à proximité de certains incinérateurs installés de longue date, ou d’anciens incinérateurs pas aux normes. On peut penser qu’il y a une corrélation entre les deux.

    Du coup, l’installation d’un nouvel incinérateur, même moderne, n’est pas forcément bien perçue, ce que montre l’analyse économique du D4E qui évalue entre 310 000 et 420 000 euros le coût des nuisances perçues par la proximité avec un incinérateur ou encore le coût de l’acceptation d’un incinérateur près de chez soi... Ce qui frappe quand même dans les résultats de cette étude économique est que ceux qui acceptent le mieux la présence de l’incinérateur sont ses voisins les plus proches...bien que théoriquement plus exposés au panache de fumées. Cela est peut-être à rapprocher du fait qu’ils ont eu une meilleure connaissance ou une meilleure information que les autres quant aux effets de l’incinérateur.

  • L’incinération consiste un des moyens pour se débarrasser des ordures. Cependant, selon les études menées sur Besançon, la population vivant près d’un incinérateur sont plus sujet aux rejets de dioxines qui sont de possibles sources de cancers malins. L’étude menée sur Fos s/mer montre aussi cette inquiétude que la population ressent face à la mise en place d’un UIOM dans les environs. La connaissance globale des impacts sanitaires des dioxines est invraisemblablement une des raisons de cette inquiétude poussant la population à quitter leur habitation (syndrome NIMBY). Cependant, les études de la Direction des études économiques et de l’évaluation environnementale (D4E) prouvent que la mise en place d’un UIOM n’est pas l’unique source du syndrome NIMBY. En effet, il a été prouvé que l’imagination de la population dans la surestimation des risques qu’ils encourent joue aussi un rôle important dans le déménagement de la population. L’une des conclusions de l’étude suggère que le manque d’informations/connaissance de la population le pousse a surestimé l’importance des nuisances. Toujours selon cette étude, seuls 26% de sondés estiment que les UIOM polluent l’air et peuvent être dangereuses pour la santé. Le rapport de l’INVS renforce l’étude D4E en confirmant que les UIOM respectant les normes semblent avoir un impact très faible sur la santé.

    En bref, la contradiction sur ces études montre une fois de plus que les résultats font face à des difficultés d’extrapolation. Les dioxines rejettes par les incinérateurs sont sources de cancer mais le degré d’exposition n’a pas été cité dans les études (Besançon, InVS). Aussi, les études menées sur les incinérateurs concernent-elles les modèles d’incinérateurs anciens plus polluants ou les derniers modèles actuellement considérés « aux normes ». Finalement, une étude approfondie sur les autres nuisances (métaux lourds, hydrocarbures, poussières...) rejettes par les incinérateurs devraient être faite afin de ne pas focaliser sur les dioxines.

  • Le syndrome NIMBY est présent sur le site des enquêtes malgré tout. La différence résulte dans le contraste entre la perception du risque des UIOM par les populations et leur désir de voir installer près de chez eux ou pas ce type d’usine. En effet, les enquêtes ont montré que les personnes les moins exposées sont celles qui redoutent plus des conséquences et refuseraient une éventuelle installation d’une usine. Alors que les personnes les plus exposées, qui subissent les conséquences des dioxines sont effectivement inconscientes du danger qu’ils courent en vivant à proximité.

  • Il est mentionné que ce n’est pas sur des données réelles, mais sur une modélisation que l’étude épidémiologique avait été menée.Ceci pouvait faire douter du lien établi entre cancer et exposition. Heureusement, les résultats de l’enquête.

  • les différents textes soumis à notre analyse, font tous ressortir le syndrome NIMBY dans la mesure où les populations riveraines d’une installation ( dans ce contexte, un incinérateur d’ordures ménagères) ou d’un projet d’installation, s’y opposent pour des raisons éthiques, ou par le principe de précaution. ce syndrome, n’oppose généralement pas de raison scientifique, et présente des contradictions lors de l’enquête de la D4E qui révèle que les populations qui se plaignent du potentiel danger que représente l’incinérateur, sont ceux qui en sont le plus éloigné, ce qui prouve que les craintes ne sont pas toujours fondées et sont généralement motivées par d’autres raison que celle évoquée.

  • Pincipales conclusions sur la dioxine


    Concernant les études scientifiques : *On retient que la preuve scientifique est suffisamment établies que la dioxine est a un effet cancérigène pour des niveaux donnés d’exposition. *Des études récentes montrent que pour des exposition à faible dose, il exite un risque de cancer. *Le risque d’effets sanitaires suite à l’exposition aux dioxines est avéré. *Les expositions constitutent les principales sources d’émissions de dioxines.


    Concernant l’acceptabilité des communautés *Les habitants se sont toujours opposés aux projets d’implantation de toutes sources de nuisances. Le cas de la ville de Champlan et de l’étude de D4E en sont une parfaite illustration.

  • Les différentes ressources qui nous ont été offerte dans le cadre de ce TD, nous ont permis de bien comprendre le cadre parfois conflictuel du risque et acceptabilité.

    Si dans la plus part des cas ils existent des méthodes qui tendent de répondre aux différentes inquiétudes des populations, des insuffisances énormes, notamment dans la quantification des effets des impacts sur la santé sont malheureusement encore observées. c’est le cas des toxines au niveau desquelles nous constatons un manque d’information en ce qui concerne la dose-réponse de certaines substances toxiques. Heureusement l’impact de l’environnement sur la santé peut être appréhendé à différentes échelles, à travers différentes matrices, au cours desquelles il faut mesurer, modéliser, simuler, établir de nombreux paramètres et cela constitue un grand défit que les chercheurs tendent de résoudre à chaque étude présentant de nouvelles caractéristiques. Cependant avec des modélisations qui bien qu’efficace rencontre également quelques difficultés notamment par rapport à la topographie complexe de certaines régions, à cela s’ajoute la perception des nuisances par les populations qui est fonction d’un certains nombre de facteurs desquels dépendent également leurs acceptabilité à subir ces nuisances.. . Ainsi à travers les différentes études qui sont menées ont à pu mettre au point des méthodes qui parviennent tant bien que mal à produire de bons résultats, qui ont permis de définir des VTR pour de nombreuses substances toxiques, les voies de contaminations les plus fréquentes et surtout l’élaboration d’un certains nombres de base de donnée. Cependant des manquements sont encore à déplorer dans la définition des paramètres toxicologiques relatifs aux expositions à faible dose, la mésestimation de l’exposition qui peut conduire à une mauvaise interprétation du risque de survenu d’une pathologie donné par rapport à une exposition donnée. Les recherches épidémiologiques sont en plus d’une très grande aide, elles permettent d’introduire dans les études des paramètres nouveaux en tenant compte des différentes interactions qui peuvent existées avec l’environnement.

  • Le passé immédiat a révélé un fonctionnement erratique de nombreux incinérateurs dont beaucoup ont été fermés mais dont les effets ne sont pas stoppés avec leur disparition ou leur rénovation. Ces incinérateurs mis en accusation pour leur taux élevé de dioxines émises, le manque de transparence de leur fonctionnement, le manque d’écoute des responsables locaux à l’égard des populations, le manque d’information scientifique de la part des autorités compétentes, n’ont pu que développer des peurs alimentées par une médiatisation alarmiste sur ce thème6. Parmi les nombreux griefs attachés aux incinérateurs, il en est un sur lequel se sont particulièrement cristallisées les positions, il s’agit de l’émission de polluants au premier rang desquels est citée la dioxine. Mais pour le moment, il n’y a pas de lien évident entre la génération actuelle des incinérateurs et les effets sur la santé. Des effets négatifs ont cependant été observés au niveau des populations riveraines d’anciens incinérateurs et de zones industrielles. Selon une revue des connaissances actuelles sur le sujet, réalisée par l’INVS, « les études épidémiologiques conduites ne permettent pas de trancher en matière d’effets et de risques encourus par les populations résidant autour de ces installations. Les quelques augmentations du risque de pathologies, cancéreuses ounon, qui ont pu être mises en évidence, demeurent modérées et ne peuvent être attribuées de façon certaine aux émissions d’un incinérateur ». Les arguments mis en avant par les collectivités locales, syndicats intercommunaux, experts, etc… sont de deux ordres : élimination des déchets à 90 % ; et de façon plus marginale, production d’énergie moins polluante que d’autres sources à l’exception du gaz et alimentation de réseaux de chaleur Un climat de suspicion généralisé tant à l’égard des responsables politiques que des entreprises privées qui exploitent les sites ne peut trouver d’issue que dans la concertation en amont et au long du projet et par une information permanente sur le fonctionnement des sites. D’où l’importance stratégique d’une information des populations locales à la fois au niveau du fonctionnement de l’usine mais aussi des résultats réguliers des mesures effectuées par un organisme indépendant. Ceci peut entraîner des investissements complémentaires de mesures des émissions à différentes distances du site, faites par des organismes indépendants et crédibles.

  • Le problème des dioxines reste très controversé du fait de la difficulté qu’il y a pour certains à interpréter ou faire comprendre ses résultats. Le Syndrome de NIMBY naît seulement par mesure de précaution, chacun ne voulant pas subir les effets ultérieurs d’une éventuelle pollution dans son voisinage. Les populations ne cherchent souvent pas à comprendre s’il y aurait un impact sur la santé, mais s’opposent seulement ; surprise est de constater que beaucoup refusent de financer son transfert d’une région à une autre. Les raisons ici ne semblent donc pas scientifiques. Les populations refusent l’implantation des incinérateurs, réclament le déplacement ou la fermeture des décharges à ciel ouvert. En somme, il est difficile pour la préfecture ou l’état de bien s’entendre avec la population, car la population refuse souvent certaines décisions même scientifiquement fondées croyant tout simplement que les décideurs ne se soucient pas de leur état de santé. Il serait tout de même intéressant pour les décideurs de conduire des études très crédibles, avec toutes les parties, afin qu’une certaine quantité de suspicions soit levée ; aussi faudrait-il que les études soient financées par l’état et non des entreprises qui ont toujours une influence directe ou indirecte sur les scientifiques.En résumé il faudrait prendre en compte les points suivants dans les études :
    - associer les différentes parties lors de tout projet d’implantation ou de recherche ;
    - discuter des méthodes avec les différentes parties y compris les représentants des populations ;
    - tenir compte des aspirations des populations ;
    - éviter l’influence que les financeurs influencent les résultats.
    - Mener des études crédibles. Quoique les populations aient souvent des attentes pas très exprimées, ceci pourrait au moins apaiser en partie leurs préoccupations et lever les barrières de contestation.

  • Les populations applique le syndrome du NIMBY, car elle on souvent peur de l’inconnu. En effet les incinérateurs sont souvent qualifiés comme des installations qui entraînent beaucoup de nuisances et affectant la sante des populations riveraines. Par ailleurs, les personnes qui ne vivent pas à proximité immédiate d’un UIOM pensent qu’il génère plus de nuisances que ce que perçoivent les riverains proches. Pourtant les résultats des études montrent que le risque le contraire. En effet, les chiffres de l’enquête, effectuée dans un « site péri-urbain et peu conflictuel, avec une installation moderne qui a anticipé les nouvelles normes européennes », révèle que l’incinération est considérée comme moderne et efficace (71%), bien intégrée dans l’environnement quotidien (64% estiment qu’elle ne dévalorise pas le quartier, 62% qu’elle ne gâche pas le paysage). Une infirme partie de la population interrogée (26%) trouvent qu’elle pollue l’air et peut être dangereuse pour la santé. En analysant les consentements à revoir pour compenser les nuisances et ceux à revoir pour une délocalisation de l’incinérateur, on peut dire que la faiblesse des coûts des consentements à recevoir s’explique par une appréciation faibles des nuisances. Par ailleurs s’il refuse de financer la délocalisation, c’est que cela ne constitue pas une nécessité pour la plus part. Mais il faut souligner que opinion peuvent changer selon les catégories socioprofessionnelles et l’âge. On notera que les agriculteurs, les artisans et les commerçants, les ouvriers et les employés demandent un dédommagement plus important que les cadres supérieurs et les personnes de plus de 50 ans sont prêtes à payer davantage que les autres, la moyenne s’établissant entre 40 et 54 euros par ménage et par an. Il fout souligner que la présence d’un incinérateur peut entraîner des risque sanitaire comme en atteste l’étud sur « les rejets de l’incinérateur de Besançon et la survenue de lymphomes non-hodgkiniens » qui montre que « le nouvelle d’analyse démontre que le risque de développer un lymphome malin non hodgkinien est 2,5 fois plus élevé pour les habitants de la zone la plus exposée que pour ceux de la zone la moins exposée. Cette étude conforte donc l’hypothèse d’une association entre l’exposition environnementale à la dioxine et la survenue de lymphomes malins non hodgkiniens ».

  • L’incineration est un mode de traitement des dechets qui peut engendrer des impacts negatifs sur la santé humaine et sur l’environnement.C’est pour cela que son instalation souleve beaucoup d’amagame . Les opposants de l’installation de l’incineration de FOS-SUR -Mer ont allés jusqu’à tenir la justice pour s’opposer l’implantation de l’usine Plusiuers autorités d’etats ont ete impliqués dans cette affaire . Mais la force de cette lutte est 97,80 de la population ont non à ce pojet d’incineration.Une decision serait difficile à prendre par la justice à cause de le strategie des opposants.Par contre dans une autre article où les incinerations sont dejà installées .Le seule moyen etait de respecter les normes de rejets atmospheriques .D’autre il fallait un dédommagement pour compenser les nuisances subies à cause de l’incinerateur.Un probleme socio economique se posait les classes moyennes demandées plus que les cadres superieurs .Les pernonnes agées sont toujours plus exigentes cela est du à leur fragilité et leur vulnerabilité par rapport à la pollution. Une majorité de la population voit que les incineration générent des avantages (en matière de traitement et de contrôle des ordures, d’énergie et d’économie) L’aspect sanitaire et environnemental doit etre pris en compte malgres l’ignorance de certains personnes vivant à coté des incinerateurs

  • dans l’étude des rejets de l’incinérateur sur la santé , nous sommes confrontés à des difficultés pour établir un lien statistique fort entre l’exposition et l’apparition des cancers. nous constatons dans l’étude économique (D4E) que 80% des riverains ont des connaissances insuffisantes de l’impact des incinérateurs sur l’environnement et la santé. cette méconnaissance influence leurs comportements en terme de consentement à payer. la conséquence de cet état de chose est remarquable quand 71% de personnes interrogées refusent de payer pour la fermeture ou le déplacement de l’incinérateur. puisque l’homme a tendance à surestimer les pertes, le coût du dédommagement reste donc élever. des difficultés résident aussi dans l’interprétation des résultats en terme de risque comme c’est le cas dans l’étude sur l’incinérateur de Besançon. afin de rendre les résultats scientifiques valides , il a été établi un modèle de diffusion atmosphérique des émissions de dioxine à proximité de l’incinérateur en tenant compte de la topographie du paysage environnant, la nature des sols, la direction des vents dominants , le flux et la concentration des polluants. cette modélisation n’est donc pas fondée sur des données réelles. il faut donc montrer la justesse et la pertinence de cette méthode afin de validés les résultats qu’on obtient. la topographie du paysage a joué un rôle très important dans la diffusion atmosphérique des dioxines car le nord Est caractérisé par une topographie assez simple est la zone la plus contaminée ; et le risque de développer un lymphome malin non hodgkinien est 2.5 fois plus grand que dans d’autres zones. en plus de la contamination directe (inhalation, contact cutané), l’ alimentation( voie indirecte) constitue la source principale de contamination de la population générale. pour s’assurer de la cohérence biologique des hypothèses scientifiques( apparition du cancer) des dosages des composés constituants la dioxine sont réalisés sur des œufs de poules provenant dans la région Nord Est de l’usine. ce dosage montre la contamination des œufs supérieur à la teneur maximale tolérée. il y a donc nécessite ici d’évalué le risque sanitaire par rapport à la contamination des œufs . donc une évaluation complète des rejets d’incinérateur , on doit tenir compte des contaminations directes et indirectes . la modélisation des expositions, les multiples voies d’expositions , le manque de connaissance sur les incinérateurs et leur impact (riverains) sont des difficultés à surmonter afin d’établir un lien de causalité fort entre l’exposition et l’apparition de cancer de même que l’évaluation de son coût externe.

  • Réponse : 1. Contexte Il est clair aujourd’hui que des dioxines sont nocifs à l’être humain. Les dioxines constituées d’un mélange de molécule portant 2, 3 jusqu’à 8 atomes de chlore sont les plus dangereuses (toxiques). Les caractéristiques biochimiques des dioxines leur confèrent la tendance à s’accumuler le long des chaînes alimentaires pour arriver finalement jusqu’à l’homme. Leurs voies de contamination sont diverses :  orale dans la plupart des cas ;  par voie respiratoire et cutanée dans d’autres cas. L’incinération des déchets alimentaires et les usines sont les principales causes de la création des dioxines. 2. La part de responsabilité des dioxines dans la survenue des cancers Si la nocivité des dioxines est connue, il n’a pas encore été dégagé leur responsabilité dans la survenue de cancer pour des expositions à faibles doses environnementales. Toutefois, des études ont déjà montré la présence de plusieurs cas de cancer non Hodgkiniens aux alentours de l’incinération de Besançon. En plus, il a été démontré que le risque de développer un lymphome malin non hodgkinien est 2,5 fois plus élevé pour les habitants de la zone la plus exposée que pour ceux de la zone la moins exposée. 3. Les conflits (les opposants à l’incinérateur) La population qui s’oppose à la construction des incinérateurs d’ordures ménagères tout près d’eux, à Fos-Sur-Mer a déjà saisi la cour pour l’annulation de la requête introduite par la communauté urbaine de Marseille. Ce dossier démontre clairement la démarche forcée de l’Etat, puisque la population se lamente en disant qu’elle n’est pas écoutée. Selon l’avocat des riverains, on devra épuiser toutes les démarches françaises puis européennes. Par conséquent, des manifestations au siège du Parlement européen sont prévues pour pouvoir porter leur voie plus haute. 4. Conclusion L’incinération qui est parmi les grands producteurs des dioxines est un des modes de traitement des déchets les plus utilisés en France. L’exposition aux dioxines entraîne des risques de développement des cancers, bien que cela ne soit pas prouvé pour l’exposition à de faibles doses. L’incinération est aujourd’hui un mode de traitement fortement contesté, et se heurte à une résistance locale (syndrome de NIMBY). Internaliser les externalités est un des moyens pour limiter les pressions environnementales.

  • Les documents présentés dans ce TD (mais également à travers ceux des cours et autres TDs), montrent bien la complexité de la représentation sociale du risque et des intérêts contradictoires des parties prenantes, en particulier les populations exposées. Cela pose les particularités de la problématique complexe de l’exposition des populations nécessitant une évaluation intégrée pour déterminer :
    -  Les impacts et relations disposant de preuves, en particulier scientifiques, tangibles,
    -  Des relations plus complexes et incertaines nécessitant jugements d’experts,
    -  Les domaines où le manque de connaissances est clairement identifié et dont il faudrait tenir compte dès le départ.

    L’évaluation des risques ne dépend en effet pas uniquement de la demande politique, mais également d’une certaine demande sociale qu’il ne faut pas négliger dans l’évaluation des risques sanitaires. Cela se traduit par une implication de plus en plus présente des parties prenantes dans les processus décisionnels de mise en œuvre d’équipements lourds, potentiellement polluants. D’où l’émergence d’études sociologiques décortiquant les ressorts de la représentation du risque et étudiant les caractéristiques des populations concernées (âge, sexe, catégories socioprofessionnelles, proximité des éventuelles sources de pollution). Ces études se révèlent utiles pour d’une part évaluer les nuisances perçues, mais également pour des évaluations économiques avec l’estimation du consentement à payer des populations vivant à proximité des équipements (UIOM, par exemple).

    Les UIOM et les ICPE posent des questions multiples et parfois contradictoires de la part des parties prenantes : des inquiétudes pour la santé bien légitimes, et dans le même temps des craintes d’ordre économique, telles que la perte d’emploi (si l’équipement est déplacé plus loin) ou la dépréciation immobilière. Au vu de ces éléments, la formulation de la problématique de santé publique devrait être une étape préalable à toute installation d’un équipement potentiellement polluant, et devrait reposer sur l’analyse du contexte social, des attentes (sanitaires ou non) des parties prenantes et de leur perception du risque au même titre que l’analyse des données toxicologiques ou environnementales.

  • Cet ensemble d’analyse illustre bien les difficultés des etudes à etablir de façon precise les liens de causalité entre une exposition et une pathologie donnée. Des difficultés methologiques sont souvent signalés au niveau de ces types d’etude à l’intar des etudes ménées à St Cyr mais une attention particulière doit être accordée à la la communication et à l’implication des acteurs concernés par ces differentes expositions. Ces elements prises en compte ont permis l’acceptabilité des resultats des etudes menées à champlan par la population d’où la succès du cas Champlanais malgre sa complexite ( effet cocktail). En effet la syndrome Nimby est presque une reaction instinctive à toute suspicion de danger par une population et ce phenomene a été le declic de la revendication des champlanais face à la vocation de l’installation d’une nouvelle UIOM.

  • L’exposition aux dioxine est très difficile à estimer. Il est établi que 90 à 95 % de l’exposition est d’origine alimentaire : l’exposition dans ce cas n’est pas liée au lieu de résidence mais à la provenance de la nourriture consommée. L’exposition dans ce cas ne peut être estimée que par des biomarqueurs : le lait maternel (mais cela restreint la population étudiée) ou dosage sanguins qui sont difficiles à réaliser (nécessite du matéreil sophistiqué et une quantité importante de sang). D’autre part, une étude autour de l’incinérateur de Besançon a montré une plus forte probabilité de développer un certain type de cancer pour les riverains les plus exposés aux fumées des incinérateurs, mais dans ce cas, la voie d’exposition n’a pas pu être établie.

    La perception des nuisances des incinérateurs par la population est particulièrement subjective : puisque ce sont les personnes qui ne vivent pas à coté d’une telle usine qui les redoutent le plus. Celui apparait dans l’étude de D4E et est confirmé par la polémique de Fos sur Mer : personne ne veut d’une usine d’incinération à proximité de chez lui, mais les riverains ne se plaignent quasiment d’aucune nuisance.

    Les craintes sont liées à la proximité physique de l’usine et de ses fumées (qui sont perceptibles) mais ne semble pas liées à la dioxine potentiellement contenue dans l’alimentation (qui n’est pas perceptible).

  • Usines d’incinération d’ordures ménagères : risques et acceptabilité 8 janvier 2011 12:05, par Nikiema Pingdwinde Basile

    La problématique des liens entre les expositions et les effets sanitaires sont toujours bien présents car les perceptions varient d’un milieu à l’autre. Dans les cas qui ont été présentés, il ressort la différent de positions des populations sur les effets réels des substances toxiques sur la santé. L’étude de Besançon montre clairement la difficulté des experts à prouver la corrélation entre les substances rejetées et leurs effets sur la santé. L’avantage dans ces études, on reconnait l’apparition de problème sanitaire dans les zones ou la population est exposée et cela en fonction de l’importance de cette exposition. Malheureusement les rejets atmosphériques sont confrontés à des aléas du milieu récepteur d’ou la complexité d’établissement du lien entre les concentrations des dioxines dans les milieux biologiques et les effets de santé. Cette étude montre également que le risque n’est pas unique pour une population vivant au alentour des sources d’exposition car à travers les aliments les populations habitant dans des milieux très éloignés sont exposées. L’étude sur le « consentement local à payer et localisation d’un incinérateur » montre la divergence de perception des populations sur les impacts sanitaires des installations nuisibles. La population dans sa majorité ont la perception qu’un incinérateur est une source polluante qui peut affecter leur santé contrairement à la population riveraine qui le plus souvent ne partage pas ce point de vue tout simplement parce qu’elle n’arrive pas à percevoir l’impact sanitaire de sa zone et les rejets de l’unité puisque le lien de causalité n’est pas établi. Dans l’absence de données claires sur les effets sanitaires des rejets toxiques des incinérateurs, la consultation publique est toujours recommandée pour l’acceptation sociale du projet mais également l’intégration de mesures de précautions pour la préservation de la santé des populations.

  • Conclusion de tous les raports sur la DIOXINE La dioxine est la 2,3,7,8 - tétrachlorodibenzodioxine (TCDD). Le nom "dioxine" sert également à désigner toute une famille de composés structurellement et chimiquement apparentés, les polychlorodibenzodioxines (PCDD), les polychlorodibenzofuranes (PCDF) et certains polychlorobiphényles (PCB). On a identifié environ 419 types de composés apparentés à la dioxine, dont 30 seulement sont considérés comme ayant une toxicité importante, la TCDD étant la plus toxique Les dioxines sont des résidus essentiellement formés lors des combustions, industrielles ou naturelles, qui se retrouvent donc dans l’environnement et, de ce fait, dans la chaîne alimentaire. Par exemple les dioxines peuvent provenir de gaz d’échappement de voitures, de la combustion de bois, de lait, de viande, de boisson, de cigarettes, ... Mais si l’on considère la quantité de dioxine libérée dans l’environnement, les incinérateurs de déchets sont les plus grands coupables, la combustion y étant incomplète. Les dioxines n’ont jamais été produites intentionnellement, leur formation est par conséquent

    involontaire et résulte principalement de l’activité humaine, notamment dans :

    - Tous les processus de combustion dans lesquels on retrouve du chlore : l’incinération

    des déchets (ménagers, hospitaliers, industriels), la métallurgie et la sidérurgie (agglomération

    de minerai de fer, production d’acier, etc.), les cimenteries, la combustion industrielle

    et résidentielle de bois et de charbon, la circulation routière et même les cigarettes.

    - L’industrie de la papeterie et du blanchiment de la pâte à papier.

    - L’industrie chimique fabriquant des composés chlorés (pesticides, herbicides, etc.).

    - Les émissions des moteurs automobiles.

    Actuellement, les principales sources d’émission des dioxines sont l’incinération des déchets et la

    métallurgie.

    En effet, les questionnaires ont permis de démontrer que les personnes qui ne vivent pas à proximité immédiate d’un UIOM pensent qu’il génère plus de nuisances que ce que perçoivent les riverains proches. De même, les personnes qui connaissent l’incinérateur, car ils habitent à côté, sont moins nombreuses à penser qu’il est dangereux pour la santé que ceux qui ne le connaissent pas. Un véritable plaidoyer qui ne manquera pas de faire réagir les opposants à l’incinération... Dans le Monde plusieurs institutions militent pour la sensibilisation , la protection de le santé et de l’environnement contre cette substance. Leur objectif étant d’évaluer les nuisances ressenties par la population du fait de l’existence d’un incinérateur. En effet la France possède en effet le plus grand parc d’incinérateurs d’ordures ménagères de l’Union européenne toutes capacités confondues (128 usines d’incinération des ordures ménagères -UIOM- en mars 2004), rationalisé et officiellement sécurisé par de récentes évolutions réglementaires. Malgré tout, le syndrome du Nimby (« Not in my backyard ») -littéralement « pas dans mon jardin »- plane sur tout projet d’implantation d’une nouvelle UIOM. De même, les personnes qui connaissent l’incinérateur, car ils habitent à côté, sont moins nombreuses à penser qu’il est dangereux pour la santé que ceux qui ne le connaissent pas. Un véritable plaidoyer qui ne manquera pas de faire réagir les opposants à l’incinération... Le 17 mai, les opposants à l’incinérateur de Fos-sur-Mer ont connu leur première victoire judiciaire. Mais l’affaire est loin d’être terminée, de nombreux autres recours ayant été introduits par les opposants comme par la préfecture. Une étude de février 2006 d’Airfobep [2], l’association de surveillance de la qualité de l’air de l’étang de Berre et de l’ouest des Bouches-du-Rhône, montre des dépassements réguliers des valeurs réglementaires pour le dioxyde de soufre (SO2), les particules PM-10, l’ozone (O3) et le benzène. A ces arguments, la préfecture oppose celui de « l’intérêt général » : « Il faut fermer la décharge d’Entressen, la plus grande à ciel ouvert d’Europe », rappelle-t-on à la préfecture. La dioxine doit être au cœur de tout les débats et l’intérêt sur la santé et l’environnement doit surplomber les intérêts économique voir industriels

  • Usines d’incinération d’ordures ménagères : risques et acceptabilité 13 janvier 2011 01:54, par Nguimgou Signing Bienvenu

    Les résultats de l’enquête de la direction des études économiques et de l’évaluation environnemental D4E, montre qu’avec la mise en application des nouvelles directives européennes, les riverains acceptent de plus en plus les UIOM et trouvent même d’ailleurs que les incinérateurs peuvent générer des avantages. Ils sont par conséquent plus entrain de refuser une compensation pour les nuisances , refusent de financer la fermeture d’une UIOM et/ou accepter un dédommagement pour une installation d’incinérateur à proximité de leur maison. Par contre, les personnes âgées de plus de 50ans soit des personnes qui ont connu ou ont eu des échos de la catastrophe de Seveso sont les plus réticentes à une installation d’une UIOM et sont les plus sujettes au syndrome NIMBY. Les anti-incinérateurs du projet incinérateur à Fos s/mer sont beaucoup plus inquiètes du fait de la qualité de l’air atmosphérique dont les études ont démontré que la qualité est parfois en deçà des normes européennes.

  • L’évaluation des risques liés à la contamination de l’environnement et de l’alimentation de l’homme par les dioxines et les PCBs est un exercice difficile de par la nature même de l’élément d’exposition constitué de mélanges de composés chlorés pouvant contenir des quantités variables des 75 congénères possibles appartenant à la famille des PCDDs (Polychloro-dibenzo-dioxines) et des 135 congénères possibles appartenant à la famille des PCDFs (Polychloro-dibenzo-furanes) et de 209 congénères possibles de la famille des PCBs. Ces mélanges de composés sont présents dans l’environnement à l’état de traces, c’est-à-dire de l’ordre du ng ou du pg/g. Ceci pose à la fois des problèmes analytiques (seuils de détection et de quantification) et toxicologiques (estimation des effets à faible dose par extrapolation des effets à forte dose).

    L’étude ménée à Besançon n’est pas en mesure de monter le caractère causal des relations observées, mais n’empêche elle croit leur plausibilité. Le mélange de dioxines utilisé comme indicateur pour modéliser la dispersion dans l’atmosphère et les retombées au sol des substances émises par les incinérateurs et les résultats obtenus ne peuvent pas être attribués à ces pulluants ni à une voie d’exposition.

    Usines d’incinération d’ordures ménagères présentent des risques certes. Mais comme nous l’avons vu dans les TD, appartenance socio-économique de même que le sexe et l’âge demeure un problème méthodologique. Il existe un groupe d’individus demande un dédommagement pour compenser les nuisances subies, un autre groupe 65% refusent le projet de déplacement 71% refusent de financer l’opération de fermeture de l’incinérateur. La distance de même que la connaissance de l’incinérateur constitue aussi un problème méthodologique ; les personnes qui vivent )à côté sont moins nombreux à penser qu’il est dangereux pour la santé.

    Dans certains localités on rencontre des opposants de l’incinérateur cas du projet d’incinérateur à Fos s/mer. Ainsi des conflits peuvent survenir.

    L

  • Le dossier des UIOM et des dioxines illustrent bien les problèmes liés à la perception du risque, au rôle des différentes parties prenantes et à la place délicate des scientifiques. Ces difficultés sont d’autant plus fortes qu’on observe ici des effets à long terme et une action à faible dose.

    Les études menées à Besançon semblent démontrer un lien entre la proximité d’un UIOM et l’apparition de cancers du type lymphome non-hodgkiniens. L’étude épidémiologique menée entre 1980 et 1995 apparaît confortée par l’étude réalisée sur les oeufs de poule, qui montrent des concentrations supérieures aux seuils autorisés dans les zones les plus exposées.

    Cependant, de multiples incertitudes pèsent sur ces résultats :
    -  le calcul de l’exposition a été obtenu par modélisation et non à partir de données réelles
    -  la voie de contamination potentielle des riverains reste incertaine (inhalation, alimentation, ...) et le mode d’action de la substance
    -  le risque à plus forte dose est connu (cas Seveso, exposition professionnelle), mais il est difficile d’extrapoler sur la population avoisinnant un UIOM.

    Face à un risque complexe, les interprétations et les réactions s’avèrent variées.

    Le message de l’INVS se veut à la fois objectif et rassurant. Il prend acte de la présence de dioxines dans les aliments et des risques pour la santé mais insiste sur les améliorations intervenues dans les process de combustion des incinérateurs. Il tente de répondre à des interrogations de la vie courante (puis-je boire l’eau courante ? ramasser des champignons de la région ? etc.) et de simplifier l’accès de la population aux données scientifiques actuelles.

    La D4E, à travers le calcul du consentement à payer, revient sur la perception différente du risque par les habitants. Il devient en effet de plus en plus difficile d’installer un UIOM sur le territoire du fait du phénomène NIMBY. On observe en effet dans ce cas une collision entre les élus locaux, les habitants et les associations environnementales. Ce phénomène est aggravé pour les populations vivant sur un territoire déjà fortement pollué (Fos-sur-mer). Au sein même des pouvoirs publics, on observe une scission entre les élus locaux (qui défendent leurs concitoyens et leur place) et les représentants de l’Etat (préfet, ministères et ses représentants comme a D4E) qui doivent assurer des obligations nationales (traitement des déchets ménagers).

    Au final, l’acceptabilité de ce type d’installations recule, sans lien avec le risque avéré. Ainsi l’InVS rapporte qu’au total, les émissions de dioxines, toutes sources confondues, ont été divisées par 4 depuis dix ans. Face à des citoyens plus sensibilisés à ces questions, la réflexion se déplace vers les solutions alternatives aux UIOM. 

    Le doute reste entier , les effets liés à la multi-exposition aux différentes substances toxiques émises par les UIOM comme les PCB ou le CO restent mal connus et continuent d’entretenir l’anxiété des populations.

  • Problème méthodologiques :  Un model statistique puissant pour établir une association statistique forte,  Manque d’outils pour s’assurer que l’exposition a précédé la survenue de la maladie,  Manque de cohérence entre les différentes études, pour différents types de cancers  Voie d’exposition : Multiple voies d’entrée (inhalation, contact, ou par alimentation). Il existe des paramètres influent sur la concentration des dioxines dans chaque milieu (géographique, climat, période d’année, régime alimentaire spéciale qui exclu l’œufs,…).  La présence d’autre molécules ou d’autre sources de nuisance (ex. électromagnétique) ayant aussi un rôle dans le développement d’un cancer va surestimer les effets enregistres lie a un seul facteur de risque.  Pour le développement de cancer, il existe une période de latence avant l’apparition de symptômes de cancer, des enquêtes vis des outils moléculaires ou/et génétiques peuvent aider a résoudre ce genre d’obstacle dan la future, pour définir les groupes en risque.  Manque de registre de cancer dans un pays ou un région.

  • Conclusions de cette étude : Le lien entre l’exposition aux dioxines et le développement de cancer est établi de façon indiscutable. Mais en ce qui concerne l’exposition à la dioxine issue des rejets dans l’atmosphère de fines particules, il convient de prendre en compte des aspects fondamentaux notamment l’aspect caractéristique des chéminées, la direction du vent de même que l’état physiologique de l’exposé y compris la durée d’exposition qui rendent difficile la modélisation. L’intoxication à la dioxine se réalisant dans le temps (en moyenne au bout d’une vingtaine d’année), il est souvent bien difficile d’établir une corrélation entre la survenue d’effets cancérigènes chez un exposé et l’emetteur de polluants ayant été à la base de l’intoxication de l’exposé. Cette insuffisance de preuves crée bien souvent des controverses. Des études menées par la D4E ont permis effectivement de trouver que les risques sont 2,5 fois plus élevés dans la zone la plus exposée. Cependant les détracteurs se sont servis plutôt de l’ignorance de la population en la matière puisque 4/5 des populations ignorent les dangers liés aux activités d’un l’incinérateur selon l’étude de Besançon. En résumé:Une campagne de sensibilisation et d’information autour des sites pollués doit toujours prendre en compte la participation effective des populations riveraines des sites aux séances d’information et d’évaluation des risques environnementaux. La mise en pratique de la méthode MARP (Méthode Accélérée de Recherche Participative) du grand public aux activités de l’usine permettra de traiter toutes les questions de fonds et permettra d’éclairer les lanternes des uns et des autres sur les risques de survenus de cancers.

  • L’incinération est un des modes de traitement de déchets les plus utilisés en France. Pourtant, elle est également l’un des plus contestés. Une étude qualitative auprès d’experts du domaine montre que l’incinération souffre d’un lourd passif. Des incinérateurs mis en accusation pour leur taux élevé de dioxines émises et le manque de transparence de leur fonctionnement, ont contribué à développer des peurs alimentées par une médiatisation alarmiste.

    Une augmentation significative de l’incidence des lymphomes malins non hodgkiniens aux alentours de l’incinérateur (étude conforte donc l’hypothèse d’une association entre l’exposition environnementale à la dioxine et la survenue de lymphomes malins non hodgkiniens : impact potentiel de l’usine de Besançon sur la survenue de lymphomes malins non hodgkiniens)

    Des difficultés ont apparu : de nombreux paramètres influents sur la circulation des molécules dans l’air, comparaison des concentrations réelles de dioxines dans les sols. La principale source connue d’exposition des volailles aux dioxines, sauf contamination accidentelle de l’alimentation, est l’ingestion de terre contaminée. Cette contamination pourrait par ailleurs être aggravée par certaines pratiques d’élevage. Les perceptions du risque et son expression : • Perception et attitudes vis à vis de l’environnement 65 % le qualifient de bon, voire d’excellent • 53 % des personnes interrogées effectuent des gestes de préservation ou d’amélioration de leur environnement (tri des déchets est l’activité la plus pratiquée 67 % toujours ou souvent) • Perception de la problématique de la gestion des ordures ménagères et de leur traitement 70 % de la totalité des interviewés déclarent spontanément savoir ce que les ordures ménagères deviennent : l’incinération est cité par 57 % des répondants, la gestion des déchets est bien ressentie par la population interrogée : elle y voit bien plus de retombées positives (80 %) • Perception de la fonction d’un incinérateur : un incinérateur sert à brûler les ordures et les déchets (90 % des réponses), C’est aussi un équipement bien accepté : 57 % des personnes interrogées estiment qu’un incinérateur améliore la qualité de l’environnement, un incinérateur est avant tout reconnu comme un « mal nécessaire »et gênant mais est également reconnu comme étant un équipement moderne et efficace bien intégré dans l’environnement quotidien • Avantages d’un incinérateur : 2 personnes sur 3 pensent qu’un incinérateur peut générer des avantages et un impact sur la valeur immobilière de la région. • Nuisances (autres que sanitaires) : les fumées dégagées par le site arrivent en tête avec, suivi des odeurs autour du site, puis les odeurs des chargements. La nuisance considérée comme la plus intense par les interviewés est le bruit de l’incinérateur L’enquête réalisée montre un climat plutôt serein et positif vis-à-vis de l’incinération. Bien que perçu comme un « mal nécessaire » par près des trois-quarts de la population riveraine, L’effet de la distance et de la connaissance de l’incinérateur apparaît crucial : plus l’incinérateur est loin et moins les gens le connaissent, plus l’imaginaire prend le pas pour caractériser l’importance de ces nuisances, ce qui conduit le plus souvent à surévaluer leur nocivité et gravité. Les différentes modélisations économétriques ont également mis en évidence l’effet de la distance. Le consentement à recevoir ou consentement à payer diminue jusqu’à une certaine distance au delà de laquelle il ré-augmente. Sur le plan méthodologique, les questions fermées se sont avérées moins sujettes aux comportements opportunistes et donc plus fiables pour l’estimation du coût externe. L’écart classique entre CAR et CAP a également été observé : l’écart très significatif entre les deux valeurs de CAP montre l’importance, d’un point de vue économique, du syndrome NIMBY : on est prêt à payer bien davantage (plus de trois fois plus) pour éviter de subir des nuisances, que pour supprimer des nuisances que l’on subit déjà.

  • Tout d’abord, pour réaliser la comparaison entre exposition et cancers, il est nécessaire de connaître parfaitement les caractéristiques de l’exposition. Or, de nombreux paramètres influencent celle-ci (flux et concentration des polluants, topographie du paysage environnant, nature des sols...). Ils sont donc pris en compte pour construire des modèles de diffusion de la dioxine. Comme pour le cas de Besançon, ce n’est donc pas sur des données réelles, mais sur une modélisation que l’étude épidémiologique a été menée. De plus ce modèle est basé sur une hypothèse, qu’aucune autre source de dioxine ne vient interférer le mode d’exposition étudié (atmosphérique ici). L’exposition étant difficile à modéliser, le lien entre exposition et cancers, c’est à dire l’estimation du risque, est difficile à estimer. De plus, l’incinération est un des modes de traitement de déchets les plus utilisés mais les plus contestés en France. Tout nouveau projet d’implantation d’équipement se trouve confronté à des réactions fortes de la population et de ses élus, et ce en dépit des assurances de conformité aux normes les plus exigeantes en la matière. Le manque de transparence des taux de dioxines émises et du fonctionnement des incinérateurs a donc provoqué le développement de peurs alimentées par une médiatisation alarmiste. On constate donc une désinformation de la population sur la réalité de leur exposition aux dioxines à proximité d’un incinérateur moderne, respectant les normes en vigueur. Enfin, le syndrome du Nimby plane sur tout projet d’implantation d’une nouvelle usine d’incinération. L’étude sur les nuisances ressenties par la population du fait de l’existence d’un incinérateur et sa capacité à accepter l’implantation d’une telle installation montre un écart très significatif entre CAR et CAP. Cet écart montre l’importance, du point de vue économique, du syndrome NIMBY : on est prêt à payer bien davantage pour éviter de subir des nuisances, que pour supprimer des nuisances déjà subies. Mais la population n’est pas « touchée » de la même manière par le syndrôme NIMBY : En effet, le risque sanitaire perçu et les effets de la distance divergent : les personnes qui ne vivent pas à proximité immédiate d’un incinérateur pensent qu’il génère plus de nuisances que ce que perçoivent les riverains proches. De même, les personnes qui connaissent l’incinérateur, car ils habitent à côté, sont moins nombreuses à penser qu’il est dangereux pour la santé que ceux qui ne le connaissent pas. En effet, les personnes les plus proches de l’incinérateur sont les mieux renseignées. Elles ont donc une approche plus rationnelle, moins soumise « aux croyances » et réagissent beaucoup moins selon le syndrôme Nimby.

  • Le syndrome NIMBY est manifeste lorsque des populations marginalisées et discriminées sont poussées à émigrer dans d’autres lieux : SDFs, réfugiés, toxicomanes, prisonniers, etc. Par ailleurs, une mobilisation de type NIMBY s’organise souvent dès qu’une administration ou une entreprise annonce la construction d’une autoroute, d’un aéroport, d’un centre d’enfouissement, d’une antenne radioélectrique, d’un incinérateur de déchets, d’une ligne à haute tension, etc. Dans tous les cas, des arguments sociaux ou écologiques peuvent être avancés par les NIMBY, mais ils ne sont pas crédibles s’il ne s’agit que de déplacer le problème ailleurs. La difficulté réside souvent dans la preuve irrefutable de la dangérosité du projet contesté. C’est le cas avec les péripéties vécues dans l’affaire des incinérateurs de Fos s/mer. Par ailleurs, des preuves irrefutables peuvent être apportées quant à cette dangérosité, à l’exemple du developpement des procédures sur l’incinérateur de Besançon et le risque de developper des lynphomes. l’importance in fine reside dans la possibilité pour une entreprise une fois installée de pouvoir auto évaluer son incidence environnementale, en quelque sorte l’impact de son systeme de management environnemental.

  • - les ouvriers conscients des risques réclamment des dédommagements en raison de leur proximité chronique avec le facteur de risque
    - les populations ont des connaissances divergentes sur les effets sanitaires d’UIOM
    - les habitants proches sont plus impactés par les nuisances

  • L’incinération est aujourd’hui un mode de traitement fortement contesté. Tout projet d’implantation d’usine d’incinération d’ordures ménagères (UIOM) se heurte à de fortes résistances locales qualifié de syndrome NIMBY. Cet acronyme est censé traduire l’attitude d’opposition d’une population locale vis-à-vis d’un projet lorsque celui-ci est susceptible d’entrainer certaines nuisances ou modifications, réelles ou supposées du cadre de vie. Cependant, l’enquête de la D4E révèle que les ménages sont prêtes à accepter le risque s’ils sont dédommagés (dédommagement moyen compris entre 68 et 85 €/ménage/an) et inversement, les ménages sont en moyenne prêts à contribuer entre 40 et 54 €/an, s’ils ont en échange l’assurance de la disparition des nuisances par fermeture de l’incinérateur. Cette contribution monte à 135 – 175 € s’il s’agit de déplacer un projet d’implantation initialement prévu à proximité. L’écart très significatif entre ces deux capacités à payer montre l’importance, du point de vue économique, du syndrome NIMBY : on est prêt à payer bien davantage pour éviter de subir des nuisances, que pour supprimer des nuisances déjà subies.

  • Bien que la 2,3,7,8-TCDD a été reconnue comme cancérigène par l’IARC dès 1997, l’implication des PCDD en tant que facteur causal dans le développement de cancers bien définis reste toujours controversée. Si la nocivité des dioxines, et notamment de la TCDD (considérée comme cancérigène par l’OMS depuis 1997) n’est plus à discuter, preuve n’a pas encore été faite de leur responsabilité dans la survenue de cancers pour des expositions à faibles doses environnementales « Plus l’incinérateur est loin et moins les gens le connaissent, plus l’imaginaire prend le pas en surestimant l’importance des nuisances« Plus l’incinérateur est loin et moins les gens le connaissent, plus l’imaginaire prend le pas en surestimant l’importance des nuisancesLa cour administrative de Marseille a annulé le jugement du tribunal administratif de la ville qui avait suspendu, le 28 février dernier, une délibération du Syndicat d’agglomération nouvelle Ouest Provence modifiant le plan local d’urbanisme (PLU) du territoire regroupant les communes de l’ouest de l’étang de Berre (Bouches-du-RhôneC’est une première victoire des opposants à l’incinérateur sur la zone portuaire de Fos-sur-Mer, après leur défaite, en avril, concernant leur référé-liberté

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