Les particularités du marché de l’amiante sont de toute façon peu compatibles avec la gestion paritaire

Le monde du travail est organisé par branches. Dans le cas de l’amiante et de la multiplicité des produits et des utilisateurs, il aurait été préférable d’avoir une vision par filière. Ainsi, les ouvriers de la manufacture des produits ont payé un moindre tribut que ceux du bâtiment pour qui il n’y a pas eu de mesures de protection.

Enfin un produit dangereux peut toujours se retrouver dans l’environnement général. L’exemple des habitants de Nouvelle Calédonie résidant à proximité de mines et de roches riches en amiante présentent une risque très élevé (de 800 fois supérieur au taux de base) de de développer un mésothéliome. Un autre exemple du même type au sujet d’une usine de concassage de produits amiantés, en zone urbaine dense, sera présenté dans la troisième partie du DU.

Expliquez en quoi le domaine de l’amiante ne se prête pas à la bonne gestion par un organisme paritaire. Donnez des exemples.

31 Messages de forum

  • Un organisme paritaire est un organisme géré à la fois par les employeurs et les employés. Une telle institution est fortement tiraillée entre sa mission légale et un souci du consensus. Le paritarisme conduit, dans ce cas, à une inertie totale et à un blocage, étant donné que les intérêts divergent fortement (employés et employeurs). Ceci est du aussi à la particularité de l’amiante : l’enjeu est fortement financier/économique. Le marché de l’amiante a été un marché fort juteux (intéressant) pour un certain lobby qui n’avait aucun intérêt à ce que cette activité soit arrêtée.

  • La montée en puissance du drame de l’amiante n’a pas seulement permis de contrebalancer ce relatif effacement des questions de santé au travail. Elle a aussi marqué l’avènement du règne du judiciaire, là où dominait jusqu’ici une approche politico administrative : la lutte pour la reconnaissance des maladies professionnelles, l’un des enjeux-clés de l’histoire de la médecine du travail, se jouait plutôt jusqu’ici dans des forums circonscrits rassemblant représentants de l’État, partenaires sociaux et experts, médecins ou épidémiologistes. Par contraste, la multiplication des procès place au premier plan non seulement les individus isolés qui présentent leur cas devant les tribunaux, ou les syndicats entendus comme défenseurs naturels du droit du travail, mais surtout les associations de victimes. La cause de l’amiante s’extirpe du domaine exclusif du travail pour devenir une croisade de santé publique, aidée en cela par ses retombées dans la sphère privée (obligation légale de recherche d’amiante préalable à toute transaction immobilière par exemple). Les résonances et similarités avec l’histoire du Sida une décennie plus tôt ne peuvent qu’aider à cette promotion, en faisant de la lutte pour la reconnaissance de l’amiante un emblème de la lutte de la société civile et de ses représentants, les associations, considérées comme étant à la pointe du combat contre l’utilitarisme des entreprises et contre l’indifférence ou la complicité de l’État.

  • Le domaine de l’amiante ne se prête pas à la bonne gestion par un organisme paritaire simplement par ce que c’est l’Etat lui-même qui sur le dossier et il n’y a pas la transparence et l’indépendance de la justice c’est le cas par exemple comme de la vache folle. Pourquoi n’a-t-on pas interdit les farines animales anglaises alors qu’elles Fêtaient déjà en Angleterre ? Pourquoi les a-t-on achetées à moitié prix pendant un an ? Pourquoi n’a-t-on pas interdit les abats alors qu’on savait que c’était les éléments les plus nocifs pour être contaminés par le nouveau variant de la maladie de Creutzfeldt-Jakob ? tout cela explique les difficultés pour un organisme paritaire d’assurer une bonne gestion. étant donner que l’organisme paritaire n’est donc pas indépendant vis à vis de l’État.

  • Le domaine de l’amiante ne se prête pas à la bonne gestion par un organisme paritaire simplement par ce que c’est l’Etat lui-même qui sur le dossier et il n’y a pas la transparence et l’indépendance de la justice c’est le cas par exemple comme de la vache folle. Pourquoi n’a-t-on pas interdit les farines animales anglaises alors qu’elles Fêtaient déjà en Angleterre ? Pourquoi les a-t-on achetées à moitié prix pendant un an ? Pourquoi n’a-t-on pas interdit les abats alors qu’on savait que c’était les éléments les plus nocifs pour être contaminés par le nouveau variant de la maladie de Creutzfeldt-Jakob ? tout cela explique les difficulté pour un organisme paritaire d’assurer une bonne gestion.

  • L’organisme paritaire est une institution composé d’un nombre égal de représentants de chaque partie.En ce qui concerne l’amiante, "de nombreux pays restent demandeurs de la substance, qui combine de très bonnes propriétés d’isolation et un faible coût. "Ce matériau est une aubaine pour les pays en voie d’industrialisation comme la Chine". Aussi, face aux enjeux sanitaires, les arguments économiques sont avancés. Exemples : ." L’argumentaire canadien n’a pas convaincu l’Organisation mondiale du commerce (OMC) qui a, en 2001, donné raison à la France et à l’Union européenne dans le contentieux qui les a opposées au Canada. Ce dernier a en effet tenté de prouver, sans succès, que l’interdiction française de 1997 était disproportionnée d’un point de vue commercial par rapport à l’objectif sanitaire souhaité. Malgré tout, l’argumentaire est écouté par les pays qui s’industrialisent, notamment les Asiatiques. "A ce jour, le nombre de pays ayant prohibé l’amiante ne pèse pas encore assez lourd pour qu’on obtienne une interdiction mondiale immédiate, estime-t-on au cabinet de Gérard Larcher. Le discours du ministre doit avant tout permettre de poser un jalon

  • En effet, il semblerait que la composition paritaire du conseil d’administration de l’INRS ait été un frein à son impartialité :

    - ses membres travailleurs avaient peur que des décisions extrêmes comme l’interdiction de l’amiante portent préjudice à l’emploi ;

    - les membres de l’INRS du collège du patronat pouvaient avoir des conflits d’intérêt ;

    De plus, son financeur, la branche accidents et maladies professionnelles, devant l’ampleur du désastre, n’avait pas non plus intérêt à ce que toutes les victimes de l’amiante soient reconnues et indemnisées.

  • Le domaine de l’amiante est un domaine assez compliqué dû à la diversité des produits contenant de l’amiante, aux différents types d’utilisateurs et aux différents modes d’exposition. C’est pour cela qu’il aurait été préférable d’aborder ce problème par filière pour pouvoir bien le gérer. La gestion paritaire de ce domaine semble être difficile et complexe dûe aux conflits d’intérêts entre l’employeur (qui défend l’idée de continuer à utiliser l’amiante avec un usage contrôlé !!), l’employé (qui subit une exposition professionnelle pas suffisamment sécurisée) et la collectivité (qui utilise des produits contenant de l’amiante et qui peut même vivre dans des bâtiments couverts d’amiante). Prenons quelques exemples qui montrent la variété du problème : D’abord, on trouve que les travailleurs dans les produits contenant de l’amiante ont subi moins de dommages que ceux qui travaillaient dans les bâtiments et qui sont exposés à plus de poussières d’amiante. Un autre exemple concerne les habitants de la Nouvelle Calédonie qui sont à proximité des roches de pö et qui vivent à l’intérieur des constructions amiantées. Cette population présente un risque beaucoup plus élevé de développer des cancers respiratoires que les autres popluations.

  • Le domaine de l’amiante ne se prête pas à la bonne gestion par un organisme paritaire dans le sens où la gestion d’un risque comme celui de l’amiante justifie le fait d’avoir une composition pluridisciplinaire (équipe à diverses compétences) qui éviterait une gestion à sens unique du dossier amiante. Ainsi on entendrait pas dire par exemple l’argumentaire qu’il si on interdisait l’amiante, ils n’avaient pas de produits de substitution ou encore la mise en avant de l’argument de manque de matériaux de substitution et d’empêcher la réflexion ou la prise de décision.

  • Comme nous l’avons vu, l’amiante présentait une très large gamme d’utilisation dans des secteurs d’activité variés (batiment, filatures, construction navale, électro-ménager ...) et les problèmes sanitaires touchent donc des catégories très diverses de travailleurs (de l’extraction du minerai à son utilisation finale). On ne voit donc pas très bien comment le problème aurait pu être traité dans sa globalité par un seul et même organisme paritaire dans lequel toutes les filières concernées n’étaient pas forcément représentées.

  • L’exposition à l’amiante peut être à des degrés différents selon les différents lieux usine, batiment ou dans l’environnement donc il est préférable qu’il y est une gestion par secteur.

  • Le domaine de l’amiante est un domaine sensible qui ne se prête à la bonne gestion par un organisme paritaire : sensibilité liée à l’impact sanitaire et à l’enjeu économique important. En effet le contraste des enjeux se superpose à la divergence de l’intérêt des parties que sont les syndicats et le patronat. Ces divergences auront pour conséquences des blocages manifestes dans un climat de suspicion réciproque. La gestion d’autres problématiques telles le risque nucléaire, les risques liées aux produits phytosanitaires et aux produits pharmaceutiques sont également des exemples

  • Les particularités du marché de l’amiante peut compatible avec la gestion paritaire. Le domaine de l’amiante ne se prête pas à une gestion par un organisme paritaire à cause des intérêts égoïstes économiques, certains pays refusent de signé des conventions internationales qui pourront entrainer des restrictions d’usages. C’est le cas du Canada qui trouve des prétextes basé sur le risque différentiel en fonction de la longueur des fibres pour, se soustraire à l’obligation de renoncer à la commercialisation du chrysotile, bien qu’un consensus international existe là dessus. Il en est de même pour le cas des pesticides où il y a eu des débats relatif au principe de précaution lié à sa commercialisation par certains pays. On comprend donc qu’il sera difficile de prendre une décision unanimement acceptée par toutes les parties car, les risques hypothétiques qui conduisent au principe de précaution constitue un alibi.

  • La structure paritaire de l’INRS l’a empêché de prendre des positions fortes. L’amiante, qui a été massivement utilisée dans l’industrie et dans le bâtiment, touche particulièrement le contexte de l’emploi ouvrier. Face à la sécurité au travail, la préservation de l’emploi, surtout dans le contexte des années 80, a pesé dans la balance, particulièrement pour les syndicats.

  • Le domaine de l’amiante ne se prête pas à la bonne gestion par un organisme paritaire car L’Union Européenne et les organisations onusiennes n’ont toujours pas réussi à insérer l’amiante chrysotile dans la liste de veille des échanges commerciaux internationaux qui contient déjà 39 substances dangereuses, dont toutes les autres formes d’amiante.

    « L’absence de décision sur la chrysotile est inquiétante pour beaucoup de pays en voie de développement qui ont besoin de protéger leurs citoyens contre les risques bien connus de cette substance dangereuse, a estimé Achim Steiner, le directeur exécutif du Pnue. Lors des discussions que nous allons mener pendant les deux prochaines années, les exportateurs devraient se sentir particulièrement responsables et aider les importateurs à utiliser la substance de manière sure. »

    Des pays comme le Canada avancent que la chrysotile n’est pas dangereuse pour la santé, malgré un consensus international sur le sujet. D’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS), il s’agit d’un cancérogène qui tue au moins 90.000 personnes chaque année dans le monde. Actuellement, la chrysotile représente 94% de la production mondiale d’amiante. Seulement quatrième producteur mondial après la Russie, le Kazakhstan et la Chine, le Canada est le plus fervent défenseur de la substance. Et pour cause : il est le premier exportateur mondial avec 40% du marché.

  • Le marché de l’amiante touche plusieurs secteurs (bâtiment, electro-menager…). Le risque sanitaire touche aussi bien les ouvriers producteurs que les utilisateurs ou les personnes environnant les usines productrices/zones polluées. Un organisme paritaire peut donc difficilement géré tout ces domaines objectivement. L’une des grandes différences entre ces secteurs est prouvé par la différence des risques encourus entre les ouvriers travaillant dans les bâtiments et ceux travaillant dans les produits. La différence de l’environnement est aussi montré dans le cas de la Nouvelle Caledonie où la population vit près des zones riches en pö et subit donc plus de dommage que les populations dans d’autre pays.

  • D’un point de vue économique : l’amiante est facile à extraire et bon marché. Elle a donc été largement utilisée dans la construction et la composition de nombreux produits et matériaux. Aussi, l’usage massif de l’amiante a-t-il rendu impossible toute solution d’éradication radicale.
    — > Les intérêts économiques ont donc longtemps prévalu et la gestion paritaire a sans doute appuyé l’intérêt de l’utilisation contrôlée de l’amiante, plutôt que son interdiction, tout en minorant les risques pour les salariés exposés.

    On peut également noter que la médecine du travail, basée également sur une gestion paritaire a subi fin 2010, une réforme accentuant la prédominance de l’employeur : au sein des conseils d’administration des service de santé au travail, le président, qui a une voix prépondérante, ne peut être issu que des employeurs ; l’employeur peut également désigner dans l’entreprise des "salariés compétents" chargés de la prévention des risques
    — > Cela peut donc laisser présager une mise à mal de l’indépendance des médecins du travail, en les assujettissant davantage aux employeurs.

    La prévention des impacts des pesticides chez les agriculteurs, mais également des consommateurs, peut être un autre exemple du même type.

  • La gestion paritaire dans un marché si délicat ne saurait bien fonctionner car les enjeux sont tout à fait différents. Les industriels défendent leur marché, donc leur profit, ferait tout pour étouffer toute tentative visant à éteindre leur source de profit.

    C’est en ce sens que le lobbyisme avait bien fonctionné pendant longtemps, freinant toute velléité de faire toute la lumière sur le caractère toxique de l’amiante.

    C’est le cas avec la CPA, le Comité permanent amiante créé par le directeur de l’INRS de l’époque, sous l’influence du lobby de l’amiante pour soi-disant améliorer la gestion de l’amiante ».

    Dans ce comité, se trouvait les industriels, les ministères du travail et de la santé, les syndicats.

    On demandait à l’INRS de voter des crédits pour participer à des congrès, pour faire fonctionner le CPA et surtout pour payer des frais de déplacement. En effet, le Comité permanent amiante était hébergé dans des locaux d’une société de communication payée par les industriels de l’amiante.

    C’était inconcevable d’avoir un secrétariat, une organisation qui dépende de l’argent de l’industrie pour faire fonctionner l’organisme informel qui allait se substituer, à la direction générale de la santé, qui n’en avait pas les moyens à l’époque : à la DGS, personne n’avait en charge le problème de l’amiante.

    Le Comité permanent amiante n’a, dans aucun de ses comptes rendus, posé la seule vraie question qui vaille, à savoir : « Peut-on se débarrasser de l’amiante ? Est-ce que les produits de substitution sont disponibles ? Quel est leur coût ? Quelle est leur sécurité ? ».

    Ce Comité permanent amiante a été un piège. Il a été manipulé par une industrie dont l’intérêt était de poursuivre l’usage d’un produit bon marché, dans une logique de production économiquement intéressante.

    Face à cette situation, les pouvoirs publics et l’administration qui avaient en charge la sécurité sanitaire n’ont pas été capables de mettre en place, à cette époque, des organismes qui auraient pu améliorer la gestion.

    Cette gestion paritaire Industriels / Responsables d’état ne pouvait que paralyser toutes les décisions visant à l’interdiction de l’amiante. .

  • Amiante et gestion paritaire : Le système de gestion paritaire est un principe consistant en la cogestion d’un organisme par un nombre égal de représentants des employés et des employeurs. Le domaine de l’amiante est très large et il serait un peu difficile de laisser cette gestion à un seul organisme. Étant donné les différentes voies d’exposition (environnementale et professionnelle), il aurait été judicieux de scinder les actions ou les secteurs en charge de la gestion du problème et ce dans l’optique de mieux établir les causes, les conséquences et établir les dommages si possibles. Il se trouve par exemple que les travailleurs des usines (milieu professionnel) et les populations (exemple de la Tremolite de Pö) ne sont pas exposés de la même manière. Comme exemple, le cas du mésothéliome des populations de la Nouvelle Calédonie à proximité roches (avec des expositions d’environ 800 fois supérieures). On peut en outre citer le cas sur l’usine de concassage d’amiante en pleine zone résidentielle d’Aulnay-sous-bois et même celui des mines de la Haute Corse avec des affleurements naturels.

  • la gestion de l’amiante ne peut pas faire par organisme paritaire, car ces derniers fonctionne sur la bases des subventions et des partenariat, ce qui limite leurs moyens d’actions.l’exemple de l’INRS dans le scandale de l’amiante en nouvelle Calédonie est patent : ils avaient pour mission non formalisée d’évaluer les risques sanitaires de l’exposition environnementale à l’amiante mais ils n’ont mené à bien cette mission car il n’avait pas les moyens de le faire. une meilleure gestion voudrait que ce soit un organisme indépendant pré financé pour conduire des recherches de ce genre, et qui pourrait intervenir à tout moment sur le terrain

  • La gestion paritaire est effectuée par des organisations dont les représentants sont à la fois issus d’organisations patronales et d’organisations salariales, généralement à part égale mais souvent à influences inégales : dans le cas de l’amiante les industriels du secteur sont particulièrement bien placés pour faire pression sur les organismes et les politiques de par leurs poids économiques et la quantité d’emplois qu’ils représentent. Faciles pour eux d’expliquer qu’une interdiction de l’amiante fera inévitablement diminuer les emplois dans le secteur, éventuellement délocaliser les entreprises productrices et donc avoir un impact sociaux-économique particulièrement important. Compte tenu de ces pressions il n’est d’ailleurs pas rare de voir certaines organisations syndicales privilégier l’emploi face au danger.

  • Le domaine de l’amiante ne se prête pas à la bonne gestion par un organisme paritaire car les risques sanitaires de l’amiante sont importants. La structure de recherche devra donc être indépendante pour produire des résultats fiables. Lorsque les patronats financent des structures sensée orienter les décideurs politiques, les résultats sont toujours biaisés notamment avec les risques sanitaires sous estimés. C’est le cas par exemple du Clorure de vinyle au Etats unis. Donc dans le cas de l’amiante, les risques sanitaires étaient sous évalués par l’INRS, ce qui a retardé les mesures publiques.

  • La question de l’amiante est un véritable problème de santé publique comme en témoigne le processus que ce polluant à subit au niveau national dans certains pays et supranational.Le caractère paritaire de l’INRS la conduit à observer un comportement de mutisme, de démission par rapport à sa mission première qui est de faire des recherches et de publier les résultats. C’est aussi d’interpeller les décideurs par rapport à une situation d’une telle gravité. Malgré cette inertie, l’INRS a quand même enregistré des résultats, avec la production de plus de 360 documents/articles sur l’amiante et connaissent bien les dangers que courent les individus qui s’exposent. Ce qui dénote leur intention manifeste de ne pas agir. La morphologie de l’équipe (salarié et employeur) crée des enjeux forts et limite leur niveau de réaction au risque de voir les financements arrêtés. De telles structures ne doivent pas être prises en otage par des multinationales, potentielles bailleurs et qui influencent aussi sur les éventuels résultats des études et recherches. D’où la disparition de leur mandat social. Les pouvoirs publics doivent tout faire pour éviter ces genres dérapages/détournements.

  • Le fonctionnement paritaire de l’INRS signifie que le conseil d’administration est composé de représentants du patronat et des salariés. Donc il y a une opposition en terme d’intérêts économiques entre eux (cf entreprises de BTP utilisant l’amiante versus salariés le « subissant »). Donc des points de vue opposés probablement. Des risques pour les patrons à voir s’alourdir leurs cotisations sociales si des études démontrant les risques professionnels de l’amiante sont avérés. Des risques sociaux, en terme d’emplois, pour les représentants des employés, à vouloir contester l’usage de l’amiante. Au final, les points de vue risquent de s’annuler et d’empêcher la prise de décision.

    On trouve d’ailleurs facilement en faisant une recherche sur google des questions du Sénat au ministère qui pose la question du renforcement de l’indépendance de l’INRS . Le ministère répond en particulier que l’INRS doit en effet développer un travail en réseau, notamment par voie de convention, avec l’ensemble des organismes d’expertise afin de participer à l’alerte des pouvoirs publics sur les sujets nécessitant une évolution de la gestion des risques. L’inspection générale préconise une véritable alternance des partenaires sociaux pour la présidence du conseil d’administration ainsi qu’une clarification des relations entre l’Etat et l’INRS…

    Au final, le domaine de l’amiante ne se prête pas à une gestion paritaire. De plus, dans le communiqué du Ministère, et le TD sur la Nouvelle Calédonie, on parle d’exposition environnementale, l’amiante étant présent à l’état naturel dans certains affleurements (Nelle Calédonie, Haute Corse pour le cas français). Un organisme paritaire qui s’inscrit dans un cadre d’exposition professionnelle ne serait alors pas concerné par l’exposition environnementale. Il vaudrait mieux une autorité d’experts indépendante, qui , dans l’idéal ait force de proposition réglementaire (et de police) comme aux Etats Unis pour l’EPA.

  • Les états n’arrivent pas à s’entendre sur l’interdiction. Les représentants de 100 gouvernements n’ont pas pu se mettre d’accord lors d’une conférence sur la convention de Rotterdam, organisée fin 2006 par le Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue) et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). La décision a été reportée à la prochaine conférence qui aura lieu en 2008 [1]. En plus les états producteurs comme le Canada avancent que la chrysotile n’est pas dangereuse pour la santé, malgré un consensus international sur le sujet (selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Il s’agit d’un cancérogène qui tue au moins 90.000 personnes chaque année dans le monde).

  • L’amiante est retrouvé dans plusieurs secteurs. Le marché de l’amiante fait marcher l’économie dont beaucoup de privés en tirent profits. L’exposition à l’amiante de son côté touche plusieurs personnes entre ceux qui travaillent dans les mines ou ceux qui sont dans les bâtiments. Un organisme paritaire a une difficulté à gérer une domaine complexe où les intérêts des privés jouent devant l’ampleur des risques au niveau de la population. Il s’agit d’une divergence d’intérêt.

  • Le domaine de l’amiante ne se prête pas à une bonne gestion par un organisme paritaire parce que d’abord les Etats ne s’entendent pas sur l’insertion de l’amiante chrysotile dans la liste de veille des échanges commerciaux internationaux. Les gouvernements ne s’étant pas mis d’accord lors de la conférence, sur la convention de Rotterdam, organisée par le PNUE et la FAO en fin 2006. Exemple du Canada, premier exportateur de ce produit avec 40%, qui avance que l’amiante chrysotile n’est pas dangereuse pour la santé là où un consensus international sur le sujet dit que le produit est cancérigène et tue au moins 90000 personnes par an dans le monde.

  • Un organisme paritaire est une institution composée d’un nombre égal de représentants des employeurs d’une part, des représentants des salariés d’autre part. Dans ce contexte, il est normal que le domaine de l’amiante ne se prête pas à la bonne gestion par un tel organisme. En effet, l’amiante a été utilisé dans de nombreux domaines de la construction, en raison notamment de ses propriétés de résistance au feu ou d’isolation phonique. Une entreprise par exemple, qui n’a pas trouvé un substitut efficace et efficient à l’amiante voudra toujours faire valoir ces intérêts en refusant de respecter la règlementation en vigueur en rapport avec l’amiante. Les salariés de leur côté vont œuvrer dans le sens de l’application de la règlementation surtout si elle va vers l’interdiction de l’utilisation de l’amiante parce qu’il y va de la protection de leur santé. Dans un organisme paritaire appelé à gérer le domaine de l’amiante on se trouve donc souvent devant des intérêts contradictions. En réalité la gestion du domaine de l’amiante devra être faite par un organisme publique qui permettra à la force publique de jouer sont dôle de régulation et de défense des intérêts de tous les acteurs sociaux.

  • Le dossier de l’amiante renvoie à des faits anciens, demande des investigations très longues et très approfondies et ne s’intègre pas aux priorités immédiates de l’action publique d’aujourd’hui. Par ailleurs, le parquet - c’est sa faiblesse - est une structure à court rayon d’action. C’est un centre de triage qui n’est pas armé pour suivre les procédures de bout en bout, même si cela lui arrive quand la politique pénale est très forte dans un domaine particulier - affaires de stupéfiants, de travail clandestin ou en matière économique et financière.

  • Les particularités du marché de l’amiante sont incompatible avec la gestion paritaire car bien que dans la plus part des pays, l’utilisation de l’amiante est interdite, certain état tel que la canada continu d’utilisé de l’amiante. Dans ce cas on constate que l’intérêt économique est privilégié au détriment de la santé des populations.

  • Une periode de latence variable et trop long (10 a 40 ans), mode d’exposition par inhalation des fibres ou la taille des molecules en cause, ou il manque des methodologies de mesures d’exposition. Une autre particulite, possibilite d’attraper les fibres d’autre source outre que le lieu de travail (chantier a proximite, domicile...).

  • Pendant plusieurs années l’amiante au regard de ses multiples qualités qui a été massivement utilisé mais s’est révélé hautement toxique. En effet, L’amiante a longtemps été considéré comme un matériau miracle, peu cher, et aux qualités exceptionnelles si bien qu’il se retrouve dans des milliers de produits à utilisation industrielle ou domestique. L’extraction d’amiante a commencé à se développer avec la découverte de grands gisements et sous l’impulsion de l’industrie textile. L’exploitation industrielle et commerciale n’a ensuite cessé d’augmenter. Faisant ainsi des économies pour les pays et les industriels et des victimes parmi les travailleurs et les populations exposées. De ces faits les intérêts des parties prenantes ne converger pas souvent toutes chose qui peut compliquer la gestion paritaire de l’amiante. La difficulté de la gestion paritaire réside plus dans la protection des intérêts des parties prenantes. Certains états comme le Canada, exportateurs d’amiante sont contre une gestion paritaires de l’amiante. Lorsqu’en 1999 elle avait interdit l’utilisation d’amiante sur tout le territoire européen à partir du 1er janvier 2005, la commission européenne avait accordé une dérogation jusqu’en janvier 2008 pour les installations d’électrolyse utilisées dans la production de chlore. Sous la pression des lobbies de l’amiante, la commission européenne se préparerait à autoriser durablement la mise sur le marché ou l’utilisation de produits contenant de l’amiante, dans le cadre des annexes au règlement européen Reach sur les substances chimiques. Ces derniers ont obtenu de la commission qu’elle revienne sur sa décision en autorisant en juillet 2007 l’utilisation et la mise sur le marché de produits contenant de l’amiante sans autre délai que « leur fin de vie utile ».

    Dans toute l’Europe, les associations de victimes et de lutte contre l’amiante se mobilisent Les associations à travers l’appel de Strasbourg condamnent la tentative de la Commission Européenne de poursuivre les importations d’amiante et d’autoriser la mise sur le marché et l’emploi d’articles contenant de l’amiante. Elles militent pour l’interdiction totale. Ces organisations appellent les parlementaires européens à résister au lobby de l’amiante et à défendre de façon cohérente le principe d’une interdiction de l’amiante en Europe comme dans le monde.

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