Pourquoi en 1977 il a été décidé qu’il était urgent d’attendre !

Pouvez-vous identifier quelques-uns des arguments qui ont été avancés en 1977 pour, en définitif, décider de ne pas restreindre outre mesure les utilisations de l’amiante. Certains mots-clés intéressants ont été prononcés. Commentez-ceux en quelques lignes ceux que vous proposerez.

31 Messages de forum

  • 1- Aucun pays ne pouvait prendre de décision sans disposer de données médicales et scientifiques à ce sujet. Pourtant, des dizaines d’années plus tôt, les scientifiques britaniques avaient procéder à des publications fort satisfaisantes sur le sujet, ce qui a conduit à une plus rapide interdiction de l’amiante en Angleterre. Pourtant, la première réglementation française ne date que de 1977. Un des interviewés déclare qu’un tel écart laisse songeur. Il ne trouve cependant pas seulement son origine dans un très faible niveau d’information scientifique puisque les données scientifiques sont universelles et publiées par les voies habituelles auxquelles les scientifiques recourent pour communiquer sur leurs travaux. Il ne s’agit donc pas là d’un argument convainquant. 2- L’amiante nourrissait une forte économie et l’interdire totalement serait risqué pour l’économie, l’emploi, etc. Mais un tel raisonnement ne tient plus dans la mesure où les conséquences sont dramatiques (des centaines de milliers de mort en tout, étalé sur plusieurs décennies). Il est d’autant inadmissible lorsqu’on se met dans une logique de coût-bénéfice. L’activité est loin d’être rentable pour la collectivité

  • Pourquoi en 1977 il a été décidé qu’il était urgent d’attendre ! 5 janvier 2011 13:37, par Kana Paul Martin Jonas

    Arguments avancés en 1977 pour décider de ne pas restreindre outre mesure les utilisations de l’amiante : " parce qu’il a aujourd’hui des milliers des produits toxiques et de des dizaines de produits cancérigènes dans les entreprises comme dans notre cuisine ou salle de bain, si je puis dire, et que tout le problème est de savoir si, à tout moment, nous faisons bien en sorte que l’usage de tel qu’il est réalisé met totalement à l’abri les consommateurs, les utilisateurs et les salariés des risques qu’ils peuvent entrainer" " c’était cancérigène, cela aurait dû être interdit" je réponds, que l’on interdirait beaucoup de choses dans notre pays . A l’époque, nous étions loin de considérer que l’amiante était un produit très toxique. On aurait pu faire le même raisonnement en disant que la voiture était dangereuse : peu à peu, on a mis en place des réglementations".

    Quelques mots-clés prononcés : réglementation, précaution d’usage et de manipulation, dangereux, époque.

    Commentaires des mots-clés ;
    - l’époque désigne le temps ancien, mais dans ce contexte, elle désigne surtout l’état des connaissances sur les différents paramètres toxicologiques de l’amiante.
    - Dangereux. Bien que la dangerosité de l’amiante était connue, les connaissances sur les risques potentiels était encore très limitées.
    - la réglementation désigne une série de mesures qui doivent être prises pour limiter les risques liés à l’utilisation d’un produit ou d’un processus. Ici, le problème posé est choisir entre l’utilisation d’un produit considéré comme essentiel pour le bien-être de la population est le risque encouru par l’utilisation de ce produit. la réglementation intervient donc pour fixer les conditions d’utilisation qui minimisent les risques. L’ensemble de ces règles d’usage et de manipulation des produits dangereux caractérise les règles de précaution.

  • L’année 1977 est marquée par des mesures réglementaires destinées à protéger les populations comme les travailleurs de l’amiante. Un arrêté du 29 juin 1977 interdit à compter de sa publication l’utilisation de l’amiante pour la réalisation de revêtements par flocage sur les parois des bâtiments d’habituation. Un décret du 17 août 197714 fixe la première valeur d’exposition professionnelle sur huit heures (VME). Elle était fixée à 2 fibres / ml. D’autres décrets (avril 1988, juillet 1994) réduiront le nombre des applications possibles de l’amiante.

  • Pourquoi en 1977 il a été décidé qu’il était urgent d’attendre ! 7 janvier 2011 11:24, par Kodjirangue Ngartonan

    J’ai vécu la préparation du décret de 1977. C’est donc une question qui ne m’est pas étrangère et qui m’occupe depuis longtemps. Ici on note une inertie et la volonté manifeste de ne rien faire pour arrêter l’hémorragie ; c’est bien dommage le propos de Mr Martine Aubry. Je le dis d’autant plus que je pense qu’à l’évidence, il y a une responsabilité de l’État puisque nous n’avons pas su, comme l’a dit le Conseil d’État, empêcher un tel drame, même si je ne vois pas, en ce qui me concerne, de responsabilité particulière d’un organisme ou d’un autre. Là aussi, on sent une fuite de responsabilité de la part de Mr Martine Aubry quant on sait qu’il est au affaire à cette période, c’est à lui de prendre des mesures, c’est-à-dire des arrêtés ministériels pour restreindre les utilisateurs de l’amiante. Dans ce cas de figure, n se pose la question de rôle de la juridiction pénale vis-à-vis de l’attentisme politique. Au Tchad par exemple, plusieurs décrets sont pris dans le cadre de la protection de l’environnement et la santé comme se fut le cas de l’amiante en France. Mais force est de constater que des décrets d’application ne sont pas toujours édictés ou encore l’inertie dans l’application de décrets est monnaie courante. La responsabilité de l’exposition et du développement des maladies, ici est attribuable au gouvernement de la république française.

  • En 1977 l’amiante a été classé cancérogène certain par le CIRC, et la France adoptait un décrêt fixant des valeurs limites d’exposition en milieu professionnel.

    Les arguments avancés aujourd’hui pour défendre les décisions de l’époque, sont qu’alors, on privilégiait l’emploi et les salaires aux risques chroniques dans les entreprises : la sensibilité n’était pas la même. Ces mêmes risques étaient qualifiés de « incertains » (en effet, les industriels de l’amiante organisaient la désinformation et calomniaient ceux qui prenaient des positions contraires aux leurs).

    Un autre argument (qui perdure) était que toutes les variété d’amiante n’avaient pas la même dangerosité. Dans ces conditions, l’état français se sentait contraignant et novateur dans ses prises de décisions.

    Un mot clé qui revient souvent est « utilisation raisonnée de l’amiante » : les lobbyistes ont fait croire qu’en choisissant bien la variété d’amiante et en utilisant les protections adaptées, le risque serait maîtrisé.

    Un autre mot clé est le « niveau d’exposition », qui est un leurre mais qui a été considéré comme protecteur pour la santé des travailleurs et des populations. Cependant, le « niveau d’exposition » dépend évidemment de ce que l’on compte et de la manière dont l’on le compte (par exemple si on exclu les fibres courtes et si l’on ne considère que des valeurs moyennes, alors le « niveau d’exposition »ne reflètera pas grand-chose).

  • En 1977 quelques arguments ont été avancés pour décider de ne pas restreindre outre mesure les utilisations de l’amiante. Parmi ces arguments on peut trouver certains mots-clés comme :

    "l’utilisation raisonnée de l’amiante" : L’amiante est utilisée par de différents secteurs, par de différents métiers et dans de nombreux produits. Donc on trouve que l’expression "utilisation raisonnée" semble être illogique.

    "les effets des doses faibles ont été méséstimés" : pourtant l’effet de l’amiante est cancérigène.

    "Le risque était confié au secteur de production de l’amiante", "Convaincu que le danger potentiel de l’amiante venait de l’inhalation de poussières" : Alors que des études ont démontré le vrai risque de l’amiante sur la population, et qu’il y a un risque à toute personne qui manipule et qui utilise des outils contenant de l’amiante.

    "la réduction de la valeur limite" : pour des substances à effets cancérigènes comme l’amiante, les valeurs limites ne sont pas suffisantes pour protéger les travailleurs du risque de développer une maladie comme le cancer, il faut aussi apercevoir l’action concrète sur le terrain.

    "Pourquoi n’a-t-on pas alors interdit ce produit ? Parce qu’il y a aujourd’hui des milliers de produits toxiques et des dizaines de produits cancérigènes dans les entreprises comme dans notre cuisine ou notre salle de bain" : Cet argument semble être décevant. S’il y a des milliers de produits toxiques, cela ne donne pas une excuse à se laisser s’en aller sur le chemin de ne pas interdire une substance dont on connait la gravité.

  • *L’argument de l’incertitude du pouvoir cancérigène de l’amiante a été avancé avant 1977 et a justifié la lenteur dans l’interdiction de son utilisation * Une sous-évaluation des risques liés à l’amiante à aussi sans doute contribué au retard de la France dans l’interdiction de l’utilisation de la fibre d’amiante. *le rôle ambigu de l’INRS a aussi ralenti l’interdiction de la fibre d’amiante du fait que celui-ci ne jouait pas un rôle de transfert de connaissance à même de générer la prise de décision par l’administration centrale. *Retard dans la prise en compte de la notion de sécurité au travail par l’administration et par les industriels.

  • Pourquoi en 1977 il a été décidé qu’il était urgent d’attendre ! 11 janvier 2011 23:25, par Perez Munoz Antoine

    Les arguments avancés sont assez classiques : limites des connaissances scientifiques sur le sujet à l’époque, en particulier sur les effets aux faibles doses, avec le délai d’apparition de la maladie ; manque de produits de substitution et doutes quant à leur innocuité ; manque de réactivité des donneurs d’alerte (sous-déclaration comme maladie professionnelle) et manque de moyens de la médecine du travail. S’y ajoutent des éléments contextuels comme l’absence d’un organisme public chargé des risques sanitaires en milieu professionnel (l’INVS n’étant créé qu’en 1998). Toutefois certains de ces arguments semblent particulièrement inappropriés, s’agissant d’une substance dont le caractère cancérigène était déjà bien documenté (donc sans effet de seuil, la sous-estimation des effets aux doses faibles étant d’autant plus dramamatique), employée de manière massive et inconsidérée et touchant donc de multiples catégories professionnelles (donc potentiellement responsable de dommages très étendus) ; de même, prétendre que les mesures, de portée limitée, prises en 1977 (abaissement des valeurs d’exposition professionnelle, interdiction du flocage dans les immeubles d’habitation) plaçaient la France en pointe de la réglementation, alors que les premières lois sur l’amiante au Royaume-Uni avaient été édictées en 1941 !

  • - Il y a une sous estimation de l’effet dose et ils pensent pouvoir l’écarter en définissant les conditions de manipulation et d’utilisation du produit et en réduisant le seuil d’exposition des salariés en dessous du niveau que l’on pensait sans risque.
    - L’effet cancérigène de l’amiante est évoqué avec d’autres produits et avec légèreté comparativement aux poids des dommages de l’amiante aujourd’hui.

  • J’ai noté trois arguments qui sont : 1-l’identification claire et parfaite de la principale voie d’exposition qui est l’inhalation. En effet le danger potentiel de l’amiante est lié à l’inhalation des poussières et la meilleure gestion du risque lié à l’exposition était de prendre des mesures fortes pour limiter au mieux cette inhalation des poussières d’où les décrets de 1977 ; 2-Le caractère révolutionnaire des décrets de cette année 1977 : textes efficaces et suffisants qui exclus le danger pour la sante des salariés par des précautions d’usage et de manipulation permettant d’éviter tout contact du salarié avec les fibres de l’amiante. Réduction de la VLE en dessous du niveau le plus sévère et les mesures de protection individuelle et collective pour lutter contre l’exposition permettront d’obtenir un bon niveau de protection des salariés ; 3-Les conclusions de la conférence du BIT sur l’amiante en 1977 qui ne mentionnaient nulle part une interdiction de l’amiante mais qui stipulaient plutôt la fixation du nombre de fibres dans l’air. Les mots clés dans ces argumentations sont explicités par les mots sévères,dans les niveaux les plus sévères ; l’interdiction ;et bon dans bon niveau de protection. Ces mots illustres bien la confiance en la mesure de gestion adoptée en son temps pour faire face au risque avéré.

  • Les problèmes majeurs de l’amiante qui n’a pas permis de l’interdire plus tôt c’est le décalage entre le début de l’exposition et l’éventuelle maladie professionnelle. Nous avions la conviction que les valeurs limites que l’on pensait sans risque protégeaient les salariés. Nous pensions que la protection dès que les mesures étaient appliquées étaient bonne. Si on pense qu’il y a des risques malgré les protections , on doit interdire et nous ne l’avons vu malheureusement que plus tard. Nous étions loin de considérer que l’amiante était un produit très toxique comme l’étiquetage le démontrait. Après que le pouvoir cancérigène sur l’homme de l’amiante ait été démontré, la France a mis en place une réglementation basé sur la prévention. Elle avait sous estimé le pouvoir cancérigène de l’amiante. C’est plus tard après des séries de baisse de valeurs limites et de mesures de plus en plus drastique de protection des individus, qu’ils se sont rendus compte que les dommages persistaient toujours. C’est alors qu’ils ont compris que l’interdiction était le seul moyen de limiter les dégâts. Le temps de latence entre l’exposition et la manifestation de la maladie étant longue, il était difficile à cette époque d’établir immédiatement la portée des mesures prises d’où ce retard constaté.

  • En 1977 il a été décidé d’attendre parce que les dirigeants pensaient que seulement la poussière d’amiante pouvait être dangereux,et que si l’on faisait des restrictions à son utilisation en préconisant la voie humide on éviterait les risques d’exposition.De plus les connaissances sur le degré de nocivité était très faible et la France était le seul pays en Europe à faire des avancées significatives dans sa législation. Les autorités en charge de la protection de la population n’ont pas les information nécessaires pour orienter et contrôler les diverses utilisations « La CNAMTS doit regrouper les données fournies par les CRAM et, sur cette base, définir et mettre en oeuvre les mesures de protection des accidents du travail et des maladies professionnelles, orienter et contrôler les actions de prévention des caisses régionales »...

  • En 1977, la première réglementation intervient en France avec l’interdiction du flocage dans les bâtiments et une limitation de l’exposition par des mesures de protection individuelle. Le danger cancérigène lié l’amiante était connu par les décideurs. Cependant ceux ci ont pensé que l’exposition pourrait être limitée par des mesures d’usage et de manipulation. Par ailleurs en réduisant le seuil de la valeur limite pour les expositions professionnelles, ils pensaient que cette mesure suffirait à protéger les salariés. Plusieurs raisons peuvent expliquer le retard pris en France sur la réglementation de l’amiante ; l’absence d’un réseau d’alerte structuré, le rôle mal définit de l’INRS mais aussi de la caisse d’assurance maladie, la séparation entre la médecine du travail et la santé, les syndicats qui ont donnés priorité à l’emploi, le lobby de l’amiante avec le CPA, le fait que l’exposition à l’amiante touche le monde ouvrier.

  • L’incertitude et le manque d’études scientifiques sur l’amiante et ses effets n’était pas complète en 1977. L’état a donc pensé "pouvoir l’écarter en définissant les conditions de manipulation et d’utilisation du produit et en réduisant le seuil d’exposition des salariés en dessous du niveau que l’on pensait sans risque." Certes, les risques encourus n’étaient pas complètement connus, et l’amiante est présente dans beaucoup de produits, mais ils n’auraient pas dû être minimaliser.

    L’excuse la plus marquante est celui d’Aubry : "j’entends dire : « C’était cancérigène, cela aurait dû être interdit », je réponds que l’on interdirait beaucoup de choses dans notre pays". Martine Aubry semble prendre les effets cancérigènes de l’amiante avec légèreté. Elle affirme donc (indirectement ?) que l’amiante n’était pas le seul produit cancérigène/dangereux circulant librement en France.

  • En 1977, les arguments avancés étaient que la contamination par l’amiante pouvait être évité en prenant des précautions d’usage et de manipulations de l’amiante, et de restreindre au maximum le contact avec les travailleurs. Aussi, l’étiquetage ne démontrait pas assez de la toxicité de l’amiante, ils ont dont décider de réduire le nombre de fibres d’amiantes permise dans l’air.

  • Bien que l’amiante ait été déclarée cancérigène en France en 1976 par le CIRC, les maladies directement liées à l’amiante n’étaient pas encore visibles : en effet l’utilisation industrielle et massive de l’amiante se situe entre 1860 et 1975 et le temps de latence d’un cancer ou d’un mésothéliome (caractéristique de l’exposition à l’amiante) est de 30 à 40 ans. La partie immergée de l’iceberg était donc très peu visible.

    A cette période les expositions à l’amiante étaient essentiellement professionnelles par la production et la manipulation d’amiante pour la fabrication de matériaux et ensuite de produits en tous genres. Jusqu’aux années 50-60, les problématiques de santé au travail étaient gérées par des négociations entre patronat et syndicats : compensations financières (primes de risques).

    Il faut également noter en France une séparation des problématiques des ministères du travail et de la santé, ce qui a sans doute favorisé une prise de décision tardive, en 1977 (alors que la Gde Bretagne avait introduit sa 1ère réglementation protégeant les travailleurs dès 1931 !)

  • Arguments avancés en 1977 pour décider de ne pas restreindre outre mesure les utilisations de l’amiante

    1- Il y a aujourd’hui des milliers de produits toxiques et des dizaines de produits cancérigènes dans les entreprises comme dans notre cuisine ou notre salle de bain.

    Il s’agit là de propos irresponsables, comme quoi le principe n’était pas de limiter le risque pour la population mais de l’augmenter. L’état est responsable de la gestion de risques globaux sur un territoire pour une communauté.

    2- « C’était cancérigène, cela aurait dû être interdit », l’on interdirait beaucoup de choses dans notre pays

    Il revient aux décideurs publics de recourir au principe de précaution en cas de risque avéré mais pour lequel la science n’a pas encore apporté toute la clarification. Le principe de précaution dans ce cas serait d’interdire l’amiante, d’autant plus des données de toxicité existaient déjà sur le plan international.

    2- En prenant des précautions d’usage et de manipulation et en faisant en sorte que les salariés ne soient pas au contact avec les fibres d’amiante, exclure totalement le danger pour la santé des salariés.

    Cette déclaration est exagérée quand on sait qu’il s’agit d’une substance cancérigène pour lequel la valeur limite pour lequel un effet toxique n’est pas observée est considéré comme hypothétique.

    3- A l’époque, nous étions loin de considérer que l’amiante était un produit très toxique Il s’agit d’un produit cancérigène, comment peu-on faire une telle déclaration ?

    4- Encore faut-il que les réglementations soient bien respectées. Qui est chargé de faire respecter la réglementation quand il s’agit d’une question de santé publique qussi importante.

  • Pourquoi en 1977 il a été décidé qu’il était urgent d’attendre ! 24 janvier 2011 12:29, par Djeufa Heuchin Gile

    *L’inertie des décideurs : la complexité de l’organisation de l’État, tant au niveau des institutions chargées de gérer les impacts qu’au niveau des juridictions. Sous la pression du patronat, les premières réponses législatives s’étaient limitées à préconiser l’usage contrôlé de l’amiante c’est-à-dire à en autoriser l’utilisation moyennant le respect de certaines règles d’hygiène industrielle (notamment en limitant les niveaux d’exposition autorisés). *le fait que l’exposition à l’amiante concernait pour l’essentiel le monde ouvrier, qui n’avait pas les moyens de mesurer les risques ; *les longs délais de latence des maladies de l’amiante qui ont longtemps conduit à sous-estimer les conséquences de l’exposition à ce matériau ; *les incertitudes scientifiques relatives à la dangerosité de l’exposition à l’amiante à de faibles doses ; *Sous estimation du risque et du danger liés à l’amiante : on a pensé que l’amiante n’était responsable que de l’abestose et des fibroses pulmonaires, l’effet cancérigène était sous-estimé du fait de la présence d’une large gamme de produits potentiellement cancérigènes dans les industries ; leur interdiction pousserait alors les entreprises à la fermeture ; Les limites d’expositions n’existaient point, on se contentait de porter des équipements protecteurs. Cette faiblesse de la prévention s’explique en grande partie par des considérations économiques. L’amiante est un matériel bon marché. Une partie importante de la filière de production est contrôlée par un petit nombre de sociétés multinationales (Saint-Gobain, Eternit notamment) dont l’influence n’est pas négligeable. D’un autre côté, les responsables de la santé publique ont longtemps privilégié un avantage immédiat et visible (l’efficacité de l’amiante dans la prévention des incendies) par rapport à des conséquences à long terme à visibilité réduite. Les mots clés évoqués et expliqués ci-dessus sont : seuils d’exposition, valeurs limites d’exposition, danger potentiel, risques.

  • Pourquoi en 1977 il a été décidé qu’il était urgent d’attendre ! 24 janvier 2011 15:16, par Djilo Tonmeu Carine

    Raisons d’après martine aubry
    -  « à l’époque, nous étions loin de considérer que l’amiante était un produit très toxique, comme l’étiquetage le démontrait ».
    -  « on avait dit qu’il fallait fixer le nombre de fibres dans l’air. en mettant 2 fibres par millilitre, nous étions absolument convaincus que nous étions au maximum. »
    -  « certains disaient qu’en passant de 2 à 1 fibre par millilitre, cela ne changerait pas grand-chose parce qu’ils avaient déjà fait le travail »
    -  « l’un des problèmes majeurs de l’amiante, qui n’a pas permis de l’interdire plus tôt, c’est le décalage entre le début de l’exposition et l’éventuelle maladie professionnelle. L’exposition à l’amiante concerne les très longs temps de latence s’écoulant entre l’exposition et la survenue de la maladie ».

    Compte tenu des déclarations ci-dessus, on peut dire que le droit Français s’est montré laxiste quant à la prise de décision. Toutes ces déclarations montrent que le risque était signalé, mais il a été sous estimé et minimisé. De même, des pays voisins comme l’Angleterre avait déjà pris des mesures depuis 1931 sur le cas de l’amiante, la France aurait pu donc se référer à ces cas pour prendre des mesures significatives. N’est-on pas là en face d’une situation de l’influence des industriels sur le droit ?

    Malgré l’interdiction de l’utilisation de l’amiante quelques années plutard, est ce qu’on puisse pour autant dire que ce produit est sorti totalement sorti du circuit. Qu’a-t-on fait des stocks qui existaient déjà ? Et les quantités d’amiante qui se trouve de façon naturelle ?

  • Pourquoi en 1977 il a été décidé qu’il était urgent d’attendre ! 24 janvier 2011 16:46, par Bataillard Caroline

    Tout d’abord on peut mettre en évidence la multiplicité des "responsabilités" dans le secteur donc des prises de décisions d’autant plus compliquées. A noter les oppositions entre ministère du travail et de la santé. Il est mis en avant la quantité importante de produits toxiques et cancérigène dans notre environnement. Les notions de "dangers" et "risques" sont un peu mélangées et pas toujours utilisées à bon escient. On parle régulièrement dans les textes de "seuil d’exposition en dessous du niveau que l’on pensait sans risque", or le problème des particules cancérigènes est qu’elles génèrent un risque sans seuil. Le meilleur moyen de protection dans ce cas étant la limitation maximale du nombre de fibre dans l’air. Les temps de latence sont importants à prendre en considération car ils rendent les effets encore peu visibles à cette époque. Il est régulièrement fait état de risques limités par des "mesures de préventions", mais on met en évidence ces risques et ces moyens de prévention uniquement dans le cadre professionnel et pas dans le cadre du cycle de vie complet du produit. De plus les moyens de prévention énoncés devront être mis en oeuvre et contrôlés par les employeurs, déplaçant ainsi les responsabilités en cas de non respect de la réglementation.

  • Il y avait une forte action de lobbying en faveur de l’industrie de l’amiante qui a été menée par le Comité Permanent Amiante (CPA) Composé de scientifiques et de représentants du gouvernement. Ce lobby a tenté de démontrer dans plusieurs rapports, qu’un usage contrôlé du l’amiante qualifié « magic mineral » ou « or blanc » ne serait aucunement nocif. Ainsi il a fallu attendre 1977 pour voir un décret obligeant les entreprises à réduire la concentration. Ce qui n’a d’ailleurs jamais été appliqué avec rigueur. D’ailleurs, il était considéré que seul le monde ouvrier était le plus exposé et les incertitudes scientifiques relatives à la dangerosité de l’exposition. Du point de vue pénal, la preuve de la responsabilité a été difficile à établir pour ce qui concerne l’exposition à l’amiante.

  • Force est de constater qu’au cours des années 1977 en France et même un peu avant, l’information sur les dangers du produit était disponible. Seulement, les Autorités Publiques et services compétents se sont lancé dans un jeu d’interprétation des textes et ont adopté des comportements peu honorables : Insouciance/peu d’intérêt pour la question, « manque de talent naturel » pour certaines autorités, « responsabilité collective » etc …que de citations ou déclarations de la « honte » de la part des autorités. Autres comportements fâcheux, ceux de la société de textile Amisole de Clermont - Ferrand et de son médecin complice, qui refusent de reconnaitre la dangerosité de la situation pour des raisons économiques. « Si l’entreprise artisanale a toujours fait une utilisation de l’amiante en toute bonne foi », on aurait limité le nombre de morts liés au polluant. Sous la vigilance des chercheurs qui voyaient le flocage des bâtiments de l’Université, les medias se sont servi et le forfait est dévoilé au grand jour. Cette heureuse coïncidence est le fruit de plusieurs mouvements de grèves des braves ouvrières dont il faut saluer le courage malgré le nombre de décès enregistrés.

  • Les incertitudes scientifiques relatives à la dangerosité de l’exposition à l’amiante à de faibles doses et les carences du système de santé au travail et de prévention des risques professionnel sont à mon avis les qui ont été avancés en 1977 pour, en définitif, décider de ne pas restreindre outre mesure les utilisations de l’amiante. Les conséquences de l’exposition de l’amiante n’ont été pas prises en compte, car les autorités ont sous-estimé la dangerosité de l’amiante à cause des longs délais de latence des maladies et du fait que l’exposition à l’amiante concernait pour l’essentiel le monde ouvrier.

  • Pourquoi en 1977 il a été décidé qu’il était urgent d’attendre ! 25 janvier 2011 14:52, par Andrianomenjanahary Fenosoa

    Devant l’insuffisance des données scientifiques qui se résume en une incertitude des pouvoirs publics en 1977, il a été décidé qu’il fallait attendre. L’amiante est une substance qui est présent dans plusieurs produits rendant les risques inconnus. Or "l’utilisation raisonnée de l’amiante" comme évoquée ne veut rien dire.

  • Pourquoi en 1977 il a été décidé qu’il était urgent d’attendre ! 25 janvier 2011 15:10, par Malergue Christelle

    En 1977, le pouvoir cancérigène de l’amiante est reconnu par l’OMS. Le 17 août 1977 en France a été pris un décret prévoyant un dispositif détaillé de prévention et, notamment, une obligation de contrôle de l’atmosphère de travail à la charge de l’employeur, afin de vérifier si la concentration moyenne de l’air en fibres d’amiante ne dépasse pas une valeur limite d’exposition. Ce décret constitue donc une véritable obligation particulière de prudence et de sécurité au sens du code du travail. D’après l’audition de Martine Aubry, au ministère du travail à l’époque, les autorités étaient convaincues de protéger les salariés du risque cancérigène en prenant quelques mesures de précaution (aération et respect d’une valeur de concentration, usage d’un masque…). Extrait ci-dessous : « Nous étions très fiers de ce décret car nous pensions que nous étions très en avance - nous l’étions d’ailleurs - par rapport aux autres en matière d’amiante et nous étions absolument convaincus, car toutes les études le disaient, que nous pouvions, en prenant des précautions d’usage et de manipulation et en faisant en sorte que les salariés ne soient pas au contact avec les fibres d’amiante, exclure totalement le danger pour la santé des salariés. Ce n’est d’ailleurs pas seulement sur l’amiante mais sur beaucoup d’autres produits que ce raisonnement a toujours été appliqué, non seulement en France mais dans l’ensemble des pays » « En 1977, convaincu que le danger potentiel de l’amiante venait de l’inhalation de poussières, on a pensé - à tort, on le sait aujourd’hui - pouvoir l’écarter en définissant les conditions de manipulation et d’utilisation du produit et en réduisant le seuil d’exposition des salariés en dessous du niveau que l’on pensait sans risque. » Au-delà du texte promulgué, il semble que l’application réelle de ces mesures sur le terrain n’aient pas forcément eu lieu. En termes économiques, il y avait un conflit d’intérêt certain entre l’utilisation de l’amiante en France, notamment dans le secteur du BTP qui est bien développé dans notre pays, et la protection de la santé publique. La protection des emplois, d’une industrie forte pèsent lourd dans la balance. La sensibilité aux risques, surtout chroniques, n’était pas la même à l’époque. De plus le délai de déclanchement du cancer du mésothéliome par rapport à l’exposition a certainement contribué à ralentir l’interdiction de l’amiante. Les carrières principales d’amiante étaient la Haute Corse et La Nouvelle Calédonie. Les accords de Matignon n’existaient pas encore. On a cherché également à préserver les intérêts économiques, les sources de revenus de la Corse et à ne pas chercher trop de complications avec cette région au caractère « indépendantiste ». Le lobby de l’amiante était puissant, et commandait également ses propres études, pour mettre de la confusion dans les esprits et contredire des études scientifiques qui n’auraient pas été dans leur sens. Les arguments possibles sont encore utilisés par le Canada aujourd’hui : en dessous d ‘une certaine valeur d’exposition, les travailleurs sont protégés, on peut utiliser l’amiante de façon « sécuritaire » en prenant des mesures de protection appropriées, et tous les types d’amiante n’ont pas la même dangerosité en fonction des caractéristiques des fibres.

  • Pourquoi en 1977 il a été décidé qu’il était urgent d’attendre ! 25 janvier 2011 17:38, par Assih Bawoumodom Tagba

    Le premier argument a trait au fait qu’il y a des milliers de produits toxique et des dizaines de produits cancérigène dans les entreprises comme dans notre cuisine ou dans notre salle de bains. L’essentiel c’est de faire en sorte que l’usage qui en est fait mettent à l’abri les consommateurs, les utilisateurs, des risques qu’ils peuvent entraînés. Par ailleurs, toutes les études disaient en 1977 qu’en prenant les précautions d’usage et de manipulation et en faisant en sorte que les travailleurs ne soient pas en contact avec les fibres d’amiante, il était possible d’exclure le danger pour la santé des travailleurs. Aussi, comme l’étiquetage le montrait à l’époque, l’amiante n’était pas considéré comme un produit très toxique. On était également convaincu à l’époque que le danger potentiel de l’amiante venait de l’inhalation de poussières. Pour écarter ce danger, il suffisait pensait on de définir les condition de manipulations et d’utilisation en réduisant les le seuil d’exposition.

    Commentaire des Mots clés : produit cancérigène : il était admit que l’amiante était susceptible d’induire des cancers produit toxique : caractère intrinsèque d’un produit qui peut être source de danger. L’amiante était classé dans cette catégorie, mais on pensait qu’en faisant attention à l’usage on pouvait éviter le danger précaution : en utilisant l’amiante avec prudence on pensait qu’il n’était pas nécessaire de restreindre l’usage seuil d’exposition : pour continuer à utiliser l’amiante sans danger, l’on penser qu’il suffisant de réduire les concentration de fibres auxquelles les travailleurs sont exposés en réduise au maximum le contact avec l’amiante

  • Les incertitudes scientifiques relatives à la dangerosité de l’exposition à l’amiante à de faibles doses et les carences du système de santé au travail et de prévention des risques professionnel sont les éléments qui ont été avancés en 1977 pour, en définitif, décider de ne pas restreindre outre mesure les utilisations de l’amiante. Les conséquences de l’exposition de l’amiante n’ont été pas prises en compte car les autorités ont sous-estimé la dangerosité de l’amiante à cause des longs délais de latence des maladies et du fait que l’exposition à l’amiante concernait pour l’essentiel le monde ouvrier.

  • Parce qu’il y a aujourd’hui des milliers de produits toxiques et des dizaines de produits cancérigènes dans les entreprises comme dans notre cuisine ou notre salle de bain, si je puis dire, et que tout le problème est de savoir si, à tout moment, nous faisons bien en sorte que l’usage tel qu’il en est réalisé met totalement à l’abri les consommateurs, les utilisateurs et les salariés des risques qu’ils peuvent entraîner. Par conséquent, quand j’entends dire : « C’était cancérigène, cela aurait dû être interdit », je réponds que l’on interdirait beaucoup de choses dans notre pays. En revanche, si on pense qu’il y a un risque malgré les protections, on doit interdire et nous ne l’avons vu, malheureusement, que beaucoup plus tard. Quand on lit dans la presse que l’on savait que l’amiante était cancérigène et qu’il fallait l’interdire, on aurait pu faire le même raisonnement en disant que la voiture étant dangereuse : peu à peu, on a mis en place des réglementations, que ce soit le permis de conduire, qui n’existait pas auparavant, les limitations de vitesse, la ceinture à l’avant puis à l’arrière et, aujourd’hui, les contrôles. C’est d’ailleurs un point sur lequel je considère que le Gouvernement a vraiment fait un bon travail. Je pourrais presque dire le seul point, mais ne nous écartons pas du sujet... En 1977, convaincu que le danger potentiel de l’amiante venait de l’inhalation de poussières, on a pensé - à tort, on le sait aujourd’hui - pouvoir l’écarter en définissant les conditions de manipulation et d’utilisation du produit et en réduisant le seuil d’exposition des salariés en dessous du niveau que l’on pensait sans risque. Ceci traduit une fuite en avant des responsabilités de l’Etat et des pouvoirs publics ajouté à l’inconscience des entreprises

  • Pourquoi en 1977 il a été décidé qu’il était urgent d’attendre ! 27 janvier 2011 22:10, par Ntongone Angore Praxede

    • les arguments qui ont été avancés en 1977 pour, décider de ne ne pas restreindre outre mesure les utilisations de l’amiante sont : la création par Marcel Valtat des communications économiques et sociales, un des premiers cabinets spécialisés qui se chargera de la promotion des entreprises et sera la cheville ouvrière du lobbying de l’amiante en France. • l’absence d’un outil de surveillance peut également avoir contribué à la catastrophe

  • Mots-cles : Des caractères cancérigènes. Des conséquences plus graves sur la santé publique, Collectif Intersyndical sécurité des universités-Jussieu. Il me semble qu’il y avait a l’epoque des informations enormes sur l’amiante mais geres tres diversement, a cause d’absence des organisations nommes surveillant de sante publique.

  • Pourquoi en 1977 il a été décidé qu’il était urgent d’attendre ! 27 février 2011 10:55, par Nikiema Pingdwinde Basile

    Pouvez-vous identifier quelques-uns des arguments qui ont été avancés en 1977 pour, en définitif, décider de ne pas restreindre outre mesure les utilisations de l’amiante. Certains mots-clés intéressants ont été prononcés. Commentez-ceux en quelques lignes ceux que vous proposerez Plusieurs initiatives ont été prises pour comprendre les conséquences des contaminations de l’amiante et permettre de légiférer sur la matière. Cependant les connaissances empiriques de 1977 n’ont pas permis d’élucider favorable la question. En effet, les conséquences sanitaires de l’amiante surviennent autour de 30 à 40 ans et les victimes de l’amiante étaient considérer comme des victimes du travail liées à une maladie professionnelle. A cela il faut ajouter l’absence d’un système de veille e d’alertes sanitaires surtout l’existence de lobby industriel de l’amiante qui constitue un blocage de la prise de conscience précoce des effets de l’amianté sur l’homme. Certains pour des raisons économiques des Etats ne reconnaissent pas le danger de l’amiante.

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