La génotoxicité par le détail

Les effets génotoxiques sont de différents types et sont décelables par différentes méthodes. L’imagerie cellulaire permet d’évaluer des critères morphologiques (la micronucléation ci contre) ou l’activation de processus cellulaire comme, par exemple, l’apoptose. Les conséquences des dommages peuvent être visualisés sur les chromosomes ou détectés directement après extraction et séquençage de l’ADN. La plupart des tests nécessitent le passage par le cycle cellulaire pour révéler les effets.

Si on raisonne à l’envers, l’observation de remaniements chromosomiques (anomalies de structures) est imputable à des cassures, non réparées, ayant générer des fragments que l’on appelle cohésifs, qui se sont recombinés de façon anormale. Il existe un autre cycle de cassures fusions qui implique les extrémités des chromosomes (les télomères), que nous n’aborderons pas ici.

La génotoxicité peut aussi conduire à des aberrations du nombre des chromosomes. Celles-ci ne peuvent s’expliquer que par une division cellulaire déséquilibrée qui peut intervenir suite à un défaut dans des multiples systèmes de régulation (normalement très robustes) qui contrôlent son bon déroulement. On parle alors de progression mitotique altérée, de défaut dans l’assemblage et la symétrie du fuseau mitotique.

Jusqu’ici nous étions dans les anomalies qui touchent des segments génétiques plutôt de grande taille. A l’autre extrême les mutations ponctuelles ne concernent qu’un seul nucléotide, provoquant la substitution d’un acide aminé pour un autre et donc une protéine dont la fonction est modifiée. Typiquement, l’action mutagène est mise en évidence sur des cultures de bactéries ou de cellules eucaryotes ayant un déficit métabolique, corrigé par l’action mutagène [1].

En conclusion, il faut préciser que les tests de la mutagénicité/génotoxicité sont des proxys pour déterminer le caractère cancérigène d’un déterminant donné. Les agents génotoxiques sont presque toujours cancérigènes, mais il existe des cancérigènes qui ne sont pas génotoxiques.

4 Messages de forum

  • La génotoxicité par le détail 29 janvier 2010 10:59, par Kana Paul Martin Jonas

    les agents mutagènes sont-ils forcement genotoxiques ? sinon, qu’est-ce qui fait la particularité des agents génotoxiques ?

    • La génotoxicité par le détail 29 janvier 2010 11:21, par Yorghos Remvikos

      La mutation est une lésion de l’ADN. Donc, il y a bien génotoxicité. Il existe d’autres forme de génotoxicité : réarrangement chromosomiques par exemple. En clair, les tests de mutagénicité (nous le verrons aussi dans le cours de toxicologie), ne sont qu’une façon d’étudier la génotoxicité. En revanche, mutagénicité n’est pas nécessairement synonyme de cancerogénicité.

  • La génotoxicité par le détail 28 novembre 2010 13:57, par Scavo Linda

    1- des cancérigènes qne sont pas génotoxiques. je peux avoir un exemple pour mieux comprendre l idee ?? 2-que signifie recombinaison homologue et jonction des terminaisons non homologues ???comment se fait ??? 3- pontage inter brin ??que cela signifie ??comment peut on la reparer ???? merci de m ’eclaircir ces idees ....

    • La génotoxicité par le détail 28 novembre 2010 17:32, par Yorghos Remvikos

      Les dioxines sont des exemples de cancérigènes non génotoxiques.

      Ne vous attardez pas sur les noms. Pour les biologistes et médecins qui suivent la formation ceci peut avoir être un rappel des notions de voies de réparation des dommages génétiques. Pour vous retenez qu’il existe 4 voies, adaptée chacune à un type de dommages et d’une plus ou moins grande fidélité. Leur capacité est finalement limitée.

Notes

[1] nous y reviendrons dans le chapitre sur la toxicologie

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