De l’enjeu local à l’échelle transfrontières

Une des particularités du Clean Air Act britannique de 1968 était qu’il laisse transparaître la conception de l’époque selon laquelle il était possible de contrôler les fumées (pollution carbonée particulaire), mais qu’il n’était pas possible de retirer le SO2. En conséquence, il était préconisé de construire des cheminées plus hautes, favorisant la dispersion.

La pollution acide désigne les retombées au sol de composés acidifiants sous l’effet des vents et des précipitations. Elle a été mise en évidence depuis le milieu du XIXe siècle par l’acidification des lacs scandinaves et canadiens. Les oxydes de soufre et d’azote ainsi que l’ammoniac sont en cause dans cette pollution qui peut toucher des zones très éloignées des sources d’émission. Le dioxyde de soufre est émis principalement par la combustion énergétique et industrielle. Les oxydes d’azote sont issus du transport routier et dans une moindre mesure de la production industrielle. L’ammoniac a pour origine principale l’agriculture. D’autres polluants, comme l’acide chlorhydrique, participent également à l’acidification mais n’interviennent que marginalement du fait de leur faible niveau d’émission comparé aux autres substances. La pollution acide modifie les équilibres chimiques des milieux naturels (cours d’eau, lacs, sols). L’acidification des eaux provoque des atteintes à la faune et la flore aquatiques. L’acidification des sols entraîne leur appauvrissement en minéraux (calcium, potassium, magnésium) nécessaires à la nutrition des végétaux.

Si la santé humaine (y compris la prévention des nuisances) a été une préoccupation majeure pendant des siècles, la science a commencé a investiguer les impacts possibles sur la végétation et en particulier la forêt. Il existe des traités datant des années 1900. Mais ce n’est que plus tard que l’acidification des pluies a été proposée comme cause. La défoliation observée sur de nombreux massifs européens a suscité des inquiétudes dans les années 1960-70. L’enjeu était dès lors de prévenir les pluies acides (chargées en SO2), la cause la plus probable. La figure ci-contre montre l’état des forêts allemandes dans les années 90.

Ainsi, les préoccupations environnementales ont mené aux constat que l’étendue des impacts de polluants atmosphériques dépassaient largement les territoires des pays et donc ne pouvait être traitée par les seuls lois nationales.

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