L’émergence de la nécessité de réglementer les pratiques émissives

Respirer l’air ambiant est un acte naturel. Le problème de l’accès ne peut se poser. Par contre, on peut facilement imaginer des situations générant des nuisances (odeurs) ou des troubles respiratoires. C’est ainsi que l’on est venu à limiter ou interdire l’usage du charbon et du bois dans des centres urbains importants. A Londres, ce type de limitation a été prononcée dès le 13ème siècle. L’apparition d’une référence explicite à la santé date de la fin du 19ème, encore dans le Royaume Uni (p.ex. Loi de Santé Publique de 1875). Bien entendu, les cheminées des usines ont été visées par plusieurs textes.

C’est dans la vallée de la Meuse, en 1930, que l’on enregistre le premier épisode catastrophique de pollution atmosphérique. Ce “brouillard” fit 60 victimes et son investigation a conclu :
- A une surmortalité chez des individus souffrant de maladies cardiovasculaire,
- A une sensibilité des enfants et des personnes âgées,
- Que des particules carbonnées de 0,5-1,35 µm ont été retrouvées dans les alvéoles et les leucocytes,
- Que le SO2 issu de la combustion du charbon pouvait aussi être incriminé.

Le 26 octobre 1948, un épais brouillard chargé de polluants a saturé l’air de la petite ville de Donora a proximité de Pittsburg. Entre 5 et 7 000 personnes (la moitié de la population) se déclarèrent malades, 800 ont été admis à l’hôpital et 20 morts furent enregistrées, jusqu’à la dispersion par la pluie 5 jours plus tard. L’enquête qui suivit cet événement a mené à une tentative de réglementation de la qualité de l’air, qui jusque là n’était mesurée que par la visibilité. Une loi “Air Pollution Control Act” fut promulguée en 1955, consacrant la lutte contre la pollution atmosphérique en tant que cause de santé publique.

C’est bien sûr les la catastrophe du smog de Londres, en décembre 1952, de par son ampleur (environ 4000 morts), qui suscita des réponses législatives majeures (Clean Air Acts de 1956 et 1968). Dans cette loi ont été définies des zones sans fumées, avec autorisation d’utilisation de certains combustibles peu producteurs de fumée. Le passage à des charbons de meilleure qualité, avec l’utilisation accrue du gaz et de l’électricité et enfin, la délocalisation des centrales électriques vers des zones plus rurales, la qualité de l’air s’est progressivement améliorée.

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