Les HIA (Evaluations des impacts sanitaires) comme outil d’aide à la décision

Depuis les années 1980, de nombreuses études épidémiologiques ont démontré un lien entre le niveau de pollution et différentes pathologies développées par la population exposée. Même si progressivement les nouvelles connaissances ont pu conforter cette relation (multiplication des résultats, réplication dans des localisations différentes, lien causal suggéré par des études mécanistiques et processus de pathogénèse mieux compris...), les résultats peuvent ne pas correspondre à la demande du décideur public. En particulier, il nous faut élaborer une méthode « standard », applicable facilement en différents lieux et fournissant un résultat de qualité comparable. De plus, il faut que l’expression des résultats soit facilement compréhensible et pas seulement par les experts. Nous sommes ici dans le contexte de l’évaluation comparée des risques (comparaison de scénarios contrefactuels).

Cette forme de HIA (l’acronyme français étant EIS) a été prônée par l’OMS [1] et appliquée assez largement dans le domaine de la qualité de l’air. En Europe, des consortium scientifiques ont fourni des résultats pour des dizaines de villes d’une quinzaine de pays. Les données nécessaires sont relativement simples et une simple extrapolation permet de mesurer l’impact sanitaire, comme le montre la figure ci-contre. Nous avons donc besoin d’une mesure d’exposition (concentration d’un polluant atmosphérique) et de statistiques sanitaires de la population concernée portant sur un effet (mortalité par exemple). Le point le plus critique est de choisir la fonction concentration – réponse (pathologique) ou CRF en aglais, issue d’une étude de référence. La notion de référence provient d’un consensus d’experts et donner lieu à des désaccords ; elle est de toute façon évolutive.

Toujours dans la logique du consensus de Gothenburg, le principe de la HIA peut être étendu à toute politique, programme ou projet. La démarche a été aussi porté par l’OMS dans l’initiative Health in All Policies datant de 2007. Ceci signifie que chaque programme est soumis, ex ante à l’évaluation des impacts sur la santé de l’ensemble des populations impactées. Imaginons la construction d’un axe routier de grande circulation, traversant une zone urbaine fortement peuplée. Il est possible de prévoir les émissions et modéliser la situation d’exposition qui résulterait de son ouverture. L’impact sanitaire estimé pour la population riveraine qui devrait s’exprimer en nombre de morts anticipées, pourrait remettre en cause ce type de projet dans les promoteurs ne se basent à l’origine que sur son intérêt économique. La HIA est donc bien un instrument d’aide à la décision et non une nouvelle étude épidémiologique, en introduisant dans la balance des chiffres qui mesurent l’enjeu sanitaire.

Pour avoir une vision plus complète du contexte et de la mise en application de l’outil HIA, il faut lire le document attaché qui décrit la pratique au Canada, un des pays qui exige la réalisation systématique de ce type d’étude.

Notes

[1] Dans les suite du consensus de Gothenburg

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