Le type d’étude épidémiologique revisité

La distinction première entre études descriptives et analytiques doit être rappelée. Les premières, plus simples, ne nécessitant pas de groupe témoin, sont aussi qualifiées de génératrices d’hypothèses. En effet, des études « anecdotiques », rapportant un nombre important de cas sur un lieu donné peuvent servir de signal. Nous sommes typiquement dans la situation d’aggrégats (clusters), nécessitant une investigation plus poussée. Il existe des études descriptives qui, par leur design, offrent des possibilités intéressantes. Les séries temporelles en sont un exemple : nous recherchons une corrélation entre le niveau de pollution et un indicateur sanitaire (les admissions pour maladies respiratoires par exemple), sur une durée importante (plusieurs années). La nocivité du dioxyde de souffre et des particules atmosphériques a été démontré d’abord par ce type d’étude. Les études cas-croisés en sont un autre exemple, mais là il s’agit de données individuelles. Le groupe consiste en une seule série de cas, servant comme témoin interne, associé ou non à un pic de pollution. Nous enregistrons la pollution et l’apparition de symptômes respiratoires, le jour du pic, ainsi que les jours -1, -2, +1, +2. Une association peut émerger si les symptômes montrent un pic très proche de celui de la pollution.

L’examen des deux exemples précédents montre un point commun. L’association dans le temps ne peut correspondre qu’à des symptômes aigus, avec une bonne réactivité aux variations des niveaux de polluants dans l’atmosphère. Ceci aurait aussi pu s’appliquer en milieu professionnel. Pour l’étude de maladies chroniques consécutives à des expositions toxiques il nous faut utiliser des études analytiques. Il s’agit dans ce cas de données individuelles. L’objet de l’épidémiologie analytique est d’identifier les facteurs de risque des maladies et de quantifier leur importance. Cette identification est une condition nécessaire à la recherche de méthodes de prévention. Il s’agit de mesure l’influence d’un facteur sur l’apparition d’un effet, l’influence étant mesurée à l’écart entre la probabilité (conditionnelle) de l’événement en présence ou non de la cause.

Les études cas-témoins sont les plus simples. Elles sont réalisées en retrospectif, en comparant l’exposition dans un groupe d’individus ayant développé la maladie, à un groupe de témoins sains correctement appariés (revoir le cours sur le sujet). Dans les études écologiques, on étudie la relation éventuelle entre un facteur de risque et une maladie, en étudiant leur corrélation à partir de données agrégées sur des unités géographiques et non pas à partir de données collectées au niveau de l’individu. A l’issue d’une étude cas-témoins, nous pourrons comparer la probabilité pour un malade d’avoir été exposé, par rapport à la probabilité d’un non-malade d’avoir subi une telle exposition. Il s’agit donc bien d’un rapport de probabilités (odds ratio).

Les études transversales sont celles dans lesquelles les informations concernant le facteur de risque et la maladie sont collectées en même temps. Elles peuvent être utilisées lorsque les facteurs de risque étudiés sont attachés de façon permanente à l’individu, comme par exemple les facteurs génétiques. Les études longitudinales sont celles dans lesquelles on recueille au cours du temps les informations concernant les facteurs de risque et les informations concernant la maladie. On peut ainsi prendre en compte la temporalité de la séquence cause-effet et calculer le risque relatif (RR : nombre par lequel la présence du facteur multiplie la probabilité d’occurrence de l’événement), ou en termes de proportion des événements qui seraient évités en l’absence du facteur.

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