Vulnérabilité et susceptibilité

Le terme de vulnérabilité, d’usage courant, nécessite dans le contexte une définition plus précise. Selon Kasperson (2001), “la vulnérabilité, d’une population ou d’un écosystème, correspond à sa capacité de subir un traumatisme à la suite d’une perturbation ou d’un stress, environnemental ou tout autre stress, exercé sur les personnes, systèmes ou autres récepteurs.” Cette définition donne l’impression d’un continuum du degré de vulnérabilité, alors que ce qui nous intéresse est l’identification d’une population qui se distingue de la moyenne. Une définition alternative est donc possible ; la vulnérabilité correspond à la faculté des individus ou des groupements de répondre et récupérer suite à une agression, de manière inappropriée ou inférieure à la moyenne de la population.

S’il existe des individus susceptibles de répondre moins bien que la moyenne à une agression, la probabilité qu’ils développent une pathologie, à dose égale, sera supérieure. Nous connaissons différentes situations qui répondent à ces conditions. Une des causes provient de séquences génétiques particulières :
- Enzymes de détoxification moins actifs,
- Systèmes de réparation moins fidèles,
- Détection des agressions moins efficaces.

Dans tous ces cas, nous parlons de susceptibilité, qui marque l’origine génétique. Il faut clairement distinguer les séquences responsables des maladies génétiques (très forte probabilité de développer la maladie), de celles que nous qualifions comme responsables de la susceptibilités (augmentation plutôt légère de la probabilité de développer une maladie par rapport à la population ayant la séquence de la majorité de la population). Il existe des cas de distributions différentielles, géographiques ou ethniques, associées à une augmentation localisée de l’incidence d’une pathologie. Nous pourrions donc qualifié la susceptibilité de vulnérabilité d’origine génétique.

L’exemple montré dans la figure est une forme de vulnérabilité courante. Une maladie pré existante rend la personne vulnérable suite à l’exposition à un autre facteur toxique. Un bon exemple est fourni par l’insuffisance respiratoire (quelle que soit son origine), qui sensibilise aux polluants atmosphériques. Un individu moyen présentera un risque moindre de développer d’autres pathologies cardiorespiratoires par rapport à un insuffisant respiratoire. La susceptibilité (génétique) peut bien sûr se rajouter, comme le montre la courbe la plus à droite de la figure. Ceci peut avoir des conséquences pour les décisions de gestion qui pouvant concerner des populations ciblées (les enfants par exemple).

Ces différentes formes de vulnérabilité fournissent la justification de l’application d’un facteur d’incertitude intra-spécifique (en l’occurrence l’homme) de 10 dans les calculs de VTR. En d’autres termes, nous essayons d’apporter une protection suffisante pour des individus 10 fois plus sensibles que d’autres.

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