Des nouvelles questions : l’évaluation des risques cumulés

Sur la figure ci-contre, nous pouvons constater la progressive complexification, on partant du centre : agent unique, source unique, milieu unique, pour un individu moyen, jusqu’à la prise en compte de toutes les substances et toutes les sources, via l’ensemble des milieux, pour une population vulnérable.

Si l’on se réfère encore au ”livre argent”, des seuils de toxicité pour une substance ne doivent pas être fixés en ne tenant pas compte du contexte (les expositions simultanées à d’autres substances). Il existe plusieurs raisons à cela :
- Synergie ou antagonisme directs,
- Interactions indirectes, par exemple des effets par l’intermédiaire de récepteurs ou des interférences avec les mécanismes de détoxification.

Pour les mélanges, nos outils sont inadaptés, mais nos connaissances fines peuvent fournir quelques pistes dans des cas précis :
- En fonction de la similarité ou non des mécanismes d’action ;
- En fonction de la structure chimique des composés (familles).

Une approche générique utilise des facteurs de puissance relative (relative potency factor ou RPF). Les constituants du mélanges sont représentés par leur RPF par rapport à une substance index (de référence), dont la toxicité est parfaitement connue et représentative de l’ensemble. L’étude des pesticides organophosphorés a été réalisée de la sorte. Le TEF (toxic equivalence factor) a déjà été évoqué à propos des dioxines. Dans ce cas nous disposons de connaissances mécanistiques pour la famille de molécules (fixation sur le récepteur AhR par exemple), ce qui a permis d’étudier les dioxines et les PCB dioxin-like. Dans le cas où nous ne disposons pas de connaissances sur le mécanisme, il est possible d’utiliser la somme des quotients de danger (hazard quotient), obtenu en divisant la concentration d’exposition par la VTR non corrigée (RfD, MRL, NOAEL etc.). Par défaut, on retient le principe d’additivité, exprimé par la somme des quotients de danger en un indice unique. En première intention, quand la somme est supérieure à 1, une étude plus approfondie sera requise. Dans certains cas, pour traiter la complexité des mélanges il faut introduire des conditions supplémentaires, comme les types de toxicité ou l’organe cible.

L’évaluation des risques cumulés se distingue de l’évaluation traditionnele de quatre façons :
- Elle n’est pas nécessairement quantitative (mais elle peut parfois l’être) ;
- Elle porte sur plusieurs substances à la fois et non pas à l’évaluation une par une ;
- Au lieu d’étudier l’exposition d’hypothétiques individus, en partant des sources, elle se focalise sur l’exposition des populations (réelles) ;
- Le spectre des facteurs est élargis au delà des substances chimiques, voire des agents de l’environnement physique (facteurs de stress).

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