Les risques cumulés : une question de méthode ?

Un des enjeux actuels de l’évaluation des risques est la prise en compte des expositions à de multiples facteurs. Ce que nous manquons relève de modèles susceptibles de nous fournir des réponses toxicologiques, en étant en mesure de comparer les combinatoires de, par exemple, 3 facteurs. Ceci multiplie le nombre d’animaux nécessaires et donc les coûts. Comme nous verrons ailleurs, ceci n’a pas empêché l’EPA de proposer en 2003 un cadre spécifique à l’évaluation des risques cumulés. Selon ce document, la définition des risques cumulés est clairement spécifiée. Il faut répondre à de nouvelles questions :
- Est-ce que ma communauté est globalement plus exposée, de manière cumulative ?
- Quelle intervention sera plus efficace pour améliorer la santé de ma communauté ?

Ces questions ne peuvent recevoir de réponse à travers une évaluation des risques traditionnelle, même s’il est possible d’obtenir des résultats d’exposition agrégée (somme de toutes les sources possibles d’exposition), abordés dans le TD sur les schémas conceptuels.

Des situations d’interactions limitées à deux facteurs, peuvent être résolues à l’échelle des populations (voir aussi la figure ci-contre). Par exemple :
- La relation entre la pollution atmosphérique et le faible poids à la naissance en fonction du statut socio-économique ;
- Le lien entre pollution de l’air et crises d’asthme en fonction de l’exposition à la violence ;
- L’induction de l’asthme par la proximité au trafic routier en fonction du niveau de stress des parents.

Pour revenir à la définition que donne l’EPA des risques cumulés, il faut simultanément :
- Exposition à de multiples agresseurs, selon de multiples voies,
- Des agresseurs pouvant être de nature chimique, physique ou biologique, mais aussi psychologiques [1], que nous pouvons comprendre comme générateurs de stress en dehors d’un contact avec les trois premières catégories.

Les agences de sécurité sanitaire sont confrontées à ces demandes élargies que les parties prenantes jugent insuffisamment traitées. Pour ce faire il faut élaborer un cadre analytique simplifié, impliquant les parties prenantes et permettant de conduire des évaluations de “dépistage”. Bien sûr il faut disposer des informations et éventuellement créer de nouvelles bases de données pour couvrir le domaine des facteurs psychosociaux et tout ce qui génère un stress. Mais, rappelons-le, l’évaluation des risques cumulés n’est pas nécessairement quantitative.

Notes

[1] Nous avons déjà introduit la notion de facteur psychosocial

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