Un nouveau paradigme pour les tests de toxicité

L’approche classique de l’étude de la toxicité repose principalement sur des séries de tests qui évaluent des effets toxiques observables sur des animaux. Ces effets ou signes peuvent être cliniques, pathologiques (examens anatomopathologiques) ou tout symptôme de maladie. Cette stratégie est longue et consommatrice en ressources, ce qui explique au moins partiellement la difficulté à faire face aux multiples défis posés aujourd’hui :
- Evaluer différentes périodes de la vie ;
- Utiliser de multiples effets sanitaires ;
- Rattraper le retard sur les nombreuses substances non testées.

La figure ci-contre représente les principales composantes de la “vision” proposée dans le livre “Toxicity testing in the 21st century” [1]. Il s’agit de la caractérisation des substances, les tests de toxicité eux-même et l’établissement de la courbe dose - réponse associée aux modèles d’extrapolation (aux faibles doses). Les composantes sont bien distinctes car elles impliquent des technologies et des compétences scientifiques spécifiques. Elles doivent être vues comme des modules complémentaires.

Dans certaines évaluations les modules peuvent être mis en œuvre de manière séquentielle, mais ceci n’est pas obligé. Un des aspects critiques du nouveau paradigme est la prise en compte du contexte des risques, qui est en fait le contexte dans lequel naît le besoin de prendre une décision et qui impose l’étude de la toxicité. A chaque étape il peut y avoir une évaluation des données disponibles quant à leur adéquation par rapport à une décision de gestion. La recherche de données d’exposition (individuelle ou à l’échelle de populations) doit compléter les résultats toxicologiques. De ce fait la mise en place de systèmes de surveillance adaptés, de programme de biosurveillance et d’autres études épidémiologiques est encouragée.

Les données d’exposition et le contexte des risques devraient à la fois guider les choix de tests à effectuer et la manière de les utiliser. Il faut également considérer l’institution d’un processus formel pour progressivement remplacer les tests dépassés par de nouveaux plus appropriés, au fur et à mesure de l’amélioration de notre compréhension des mécanismes sous jascents. Nous sommes dans ce cas à la recherche à la fois de l’efficience (optimisation des coûts) et de l’efficacité pour une bonne évaluation de la toxicité dans des meilleurs délais.

L’étape de caractérisation éclaire sur des propriétés-clés : stabilité dans l’environnement, l’exposition humaine potentielle, les possibles voies d’exposition, le potentiel de bioaccumulation, les voies métaboliques concernées et la possible toxicité basée sur la structure chimique ou les propriétés physicochimiques. Les deux autres étapes font l’objet de pages séparées.

Notes

[1] Initiative d’envergure mise en place aux Etats-Unis

Portfolio

SPIP  Mise à jour : le 8 décembre 2019 | Chartes | Mentions légales | A propos