La qualité et l’étendue des données

Chaque fois qu’un comité d’expert est mandaté pour réaliser une évaluation des risques, à propos d’une substance ou d’une activité, il faut :
- collecter l’ensemble des informations disponibles,
- établir des critères pour hiérarchiser ces données (en fonction de la pertinence, de la qualité de chaque étude, de la capacité à refléter la question posée, etc),
- faire le choix de l’effet critique.

Les obligations listées ci-dessus, qui ne concernent que la phase de caractérisation du danger, montrent à quel point l’aptitude à définir la qualité des données est critique pour la bonne conduite de l’expertise. Vont rentrer en ligne de compte des données physiologiques (passage de l’animal à l’homme), pharmacologiques (interaction xénobiotique - cible), mais aussi méthodologique (qualité de l’étude per se), voire la renommée de l’équipe, l’impact du journal dans lequel l’étude a été publiée.

Il nous faut comparer ces exigences de la qualité des données aux préconisations pour la classification des substances cancérigènes. Le tableau ci-contre contient des termes se rapportant aux données comme : suffisantes, limitées, solides..., que nous pouvons qualifier de peu précis. Et pourtant, cette appréciation qualitative va conduire à la décision ou non de classer une substance comme provoquant le cancer. Déjà notons qu’il y a accord sur la définition des cancérigènes certains (classe 1 de l’IARC), des légères différences apparaissant pour les autres catégories.

L’ensemble des points présentés, que ce soit pour la sélection des meilleures données disponibles ou pour apprécier leur étendue, laisse supposer une part de subjectivité. Inutile donc de prétendre à la parfaite objectivité du résultat. Le passage des données d’inadéquates à limitées ou de limitées à suffisantes donne lieu à interprétation. De même, l’appréciation des parts respectives requises entre données humaines et données animales (à condition de disposer de données mécanistiques plausibles) pose également des problèmes.

Des controverses peuvent donc naître, en fonction du degré de précaution que réclament différents groupes de scientifiques ou de citoyens, en particulier face à un risque cancérigène, perçu comme grave.

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