Une première vision du contexte

Pratiquement chaque aspect de la vie recèle des risques. Comment nous traitons ce risque dépend largement de notre bonne compréhension de comment il est généré. Le processus d’évaluation des risques a contribué à la caractérisation d’une grande variété de dangers et a aidé les agences de sécurité sanitaire ou environnementale, l’industrie et la communauté académique à traiter des préoccupations tant pour la santé publique que pour l’environnement. L’évaluation des risques est un outil crucial pour faciliter la décision publique, réglementaire ou technologique. Elle permet d’établir des priorités, ou encore de comparer coûts et bénéfices de la protection des milieux, la qualité de l’air ou de l’eau, la sécurité alimentaire ou celle des produits de consommation comme les jouets.

Pour autant, la procédure est à la croisée des chemins et sa crédibilité contestée. Dans la mesure où elle apporte la principale justification scientifique des décisions réglementaires, tant sur le plan national que global, le processus et ses modalités sont soumises à un examen attentif de la part des scientifiques, des politiques et du public. Les connaissances scientifiques mises en œuvre au cours de l’évaluation sont de plus en plus complexes. Des techniques analytiques plus performantes produisent plus de données qui amènent de nouvelles questions à propos, par exemple, des expositions à des mélanges ou la susceptibilité des populations. De plus, l’évaluation des risques est parfois appliquée à des questions plus larges, analyse de cycles de vie, études coûts/bénéfices et des transactions entre différents risques.

Le processus de l’évaluation réglementaire des risques peut se trouver freiné. Certaines évaluations sont très longues : c’est le cas du trichloréthylène (une substance cancérigène), dont l’évaluation à commencé aux Etats-Unis dans les années 80, a subi de multiples procédures de revue indépendante et ne sera pas finalisé en 2010 [1]. Les évaluations du formaldéhyde ou de la dioxine [2] suivent un historique similaire. Toujours aux Etats-Unis, l’Agence fédérale (EPA) lutte pour subvenir aux demandes concernant des dangers et des courbes dose-réponse, mais fait face à une insuffisance de ressources financières ou en personnel qualifié.

Les décisions de gestion basées sur l’évaluation des risques se heurtent à de nombreux obstacles. Les incertitudes, une propriété inhérente aux données scientifiques, sont à l’origine d’interprétations multiples et de se fait contribuent au blocage des décisions. les parties prenantes - riverains, associations de défense de l’environnement ou des consommateurs - observent un certain désengagement du processus, à un moment où l’évaluation des risques se trouve de plus en plus liée à des préoccupations sociétales. La déconnexion entre les données scientifiques disponibles et les besoins des décideurs complique également les décisions à propos de la gestion des risques. Nous devons donc nous demander sur l’impact des avancées scientifiques pour l’amélioration de l’évaluation des risques comme outil d’aide à la décision.

Voir en ligne : Accéder aux textes sur le site des Académies nationales des EU

P.-S.

Ce texte est la traduction (approximative) de l’introduction du résumé du livre dit “argent” publié par le NRC

Notes

[1] Les conclusions du NRC ont été publiées en 2009

[2] Deux cancérigènes certains selon l’IARC

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